‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 120 sur 314 · UVRE VU. LES GIRONDINS EXPULSES DU POUVOIR · texte numérisé non relu

UVRE VU. LES GIRONDINS EXPULSES DU POUVOIR

ni des bonneurs, ni des prérogatives, mais de simples charges ; il était doDC de l'intérêt du peuple d*avoir toujours l'œil ouvert sur ses agents, comme le père de famille sur ses serviteurs. Cette doctrine, bonne, au dire des tyrans, à troubler la tranquillité publique, à bouleverser la société, était celle de la raison, de la justice et de la nature. L'esclavage n'est pas la tranquillité, disait-il en finissant, c'est la mort. Quant i la véritable tranquillité, c'est cet ordre, cette harmonie sociale qui De peuvent exister sans la justice et' sans la liberté (1).

Oq voit combien Robespierre était, par les principes, vraiment supérieur aux hommes de la Gironde, qui l'accablaient de tant de calomnies parœque, sur plusieurs points de doctrine, il s'était permis de n'être pas tout à fait d'accord avec les ministres de leur choix, et qu'il avait osé censurer quelques-uns des actes de ces ministres. Mais déjà, à l'heure où paraissaient ces observations si judicieuses sur le respect dû aux lois et aa autorités constituées, le pouvoir était tombé des mains des Girondins; dès la veille, 13 juin, ils avaient reçu brutalement notification de leur renvoi. Nous n'avons pas à entrer dans les détails de leur rivalité avec Dumouriez qui provoqua leur disgrâce. Celte disgrâce, le ministre des affaires étrangères n'allait pas tarder lui-même à la partager, au Bornent où il se croyait plus puissant que jamais. Cela seul prouverait encore combien forte était la réaction à cette époque, et prête à tout oaer. A peine dépouillés de l'autorité executive et du privilège de répandre sur leurs amis les faveurs ministérielles, les Girondins reprirent contre la cour le rôle d'agresseurs, et, par une tactique d'opposition ionnidable, s'acharnèrent de nouveau à Tescalade du pouvoir. Témoin de leur exaltation patriotique, Robespierre, oubliant leurs injures, les conviera encore à la concorde, leur offrira le baiser de paix, et un mo- ■eoton pourra croire à une réconciliation sérieuse, mais, — espérance trop tôt déçue I — ce sera seulement une halte dans la lutte ; bientôt la guerre recommencera plus terrible, et, suivant l'énergique expression d'un Girondin illustre, la Révolution finira par dévorer ses enfants.

P) Voyez, dans le numéro 5 du Défemeur de la CoruHiution^oe remarquable article, 9* nous n'avons pu qu'imparfaitement analyser, sur le respect dû aux loi* et aux tmriiét etnutUitéeêj de la page 220 à la page 230.

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