LIVRE vm. — SEANCE DU 29 JUILLET AUX JACOBINS
isagistrat delà ville (1). Trois jours apris, sentant combien il était loportant, en ces heures décisives, d'encourager la résistance à Tarbiire, il reprenait la parole pour faire accorder un diplônae d'affilié un riche propriétaire des environs de Compiègne, en témoignage lafermeté qu'avait déployée ce citoyen en présence d'une agression t il avait été l'objet de la part de quelques officiers contre-révolunaires d'un régiment de passage dans sa commune (2). Cependant on attendait avec une certaine impatience qu'il se pro-
t sur les circonstances actuelles, qu'il donnât son avis sur le leur remède à apporter à la crise. Jusqu'à présent il s'était reposé les représentants de la nation du soin de punir, sans sortir des
s de la constitution, une cour conspiratrice; mais la situation it singulièrement aggravée ; la déclaration du duc de Brunswick
connue dans tout Paris, et l'Assemblée nationale restait inactive.
jour était-il donc arrivé où, comme Robespierre le lui avait prédit,
people se passerait d'elle pour sauver l'État? Pendant que, d'une
, les Girondins paraissaient décidés à soutenir la monarchie à la
ition de rester les maîtres du gouvernement, et que, d'autre part,
dents patriotes conspiraient dans des conciliabules secrets ure
ection devenue imminente, Robespierre se recueillait; il exami*
plus attentivement la question de la déchéance ou de la suspension
roi, s'interrogeait sur ce qui viendrait ensuite, et cherchait les
ens d'empêcher la nation de tomber dans une anarchie d'où pour-
sui^ir un nouveau despotisme, après la chute de la royauté. Le
juillet, il vint aux Jacobins armé d'un discours profondément médité.
ivons-le à cette séance importante; et, après l'avoir écouté, nous
nsà nous demander dans quelle mesure il influa sur cette mémo-
e journée du 10 août, dont nous entendons déjà retentir le tocsin,
qui, de l'aveu de tous les historiens favorables à la Révolution, était
ire pour le salut de la France.
La séance débuta d'une façon assez orageuse par la faute du député iSTondin La Source, qui, après avoir rendu compte de la comparution «Bureaux de Puzy à la barre de l'Assemblée nationale, fit contre les
^) Journal dei débats et de la correejiondance... numéro 236. WftW., numéro 237.
fédérés une sortie inattendue. On leur avait persuadé à tort, selon lui, que le danger était à Paris et non aux frontières; il fallait, au contraire, les inviter à partir au plus vite. Ainsi la Gironde redoutait aujourd'hui la présence de ces hommes énergiques, attirés cependant par un décret rendu sur la motion d'un de ses membres. Elle craignait que lel fédérés ne se portassent à quelque entreprise contre la royauté, contre cette cour de laquelle elle attendait le pouvoir, et cherchait à m débarrasser de ces hôtes importuns, sans se demander s*il était biei prudent de les envoyer, à cette heure, grossir Tarmée d*un génénj que^tout récemment elle avait elle-même voulu décréter d'accusalioft^ Anthoine, Tex-constituant, le maire de Metz, un des plus dévoués ai de Robespierre, avec lequel il demeurait en ce moment chez Dupla répondit vertement à La Source, défendit avec feu les fédérés coi des insinuations malveillantes, et s'attacha à prouver que TAsseï nationale avait besoin des départements pour accomplir les grai mesures nécessitées par les événements, et dont il ne fallait pas lai: rinitiative aux seules sections de Paris. Passant ensuite auxquesti< à Tordre du jour, il parla de la déchéance comme du vœu presque ui nime de la nation, non pas uniquement de la déchéance de Louis X mais de celle de toute la famille royale, condition indispensable, a yeux, pour l'établissement de la liberté. La déchéance prononcée, demandait la convocation des assemblées primaires et Tadmission tous les citoyens dans les comices (1). Or c'était là précisément la sée de Robespierre, pensée dont sans doute, aux heures du dans la maison de Duplay, il avait longuement entretenu ami.
Après uo discours de Legendre, où le boucher patriote s'efforça démontrer la nécessité d'une insurrection générale, Robespierre prit parole. « Les grands maux appellent les grands remèdes. Les palli ne font que les rendre incurables : les* maux de la France extrêmes », commença-t-il par dire. Ce début n'était pas d'un ho disposé à proposer une médecine expectante dont l'effet naturel eût de laisser mourir le malade, comme un historien l'en accuse si léj ment (2). Personne, au contraire, ne proposa au peuple français remède plus radical; personne surtout ne comprit mieux qu'il s'agissait pas seulement de détruire, mais qu'il fallait encore songer reconstruire.
Allant jusqu'à la racine du mal dont, selon lui, l'Assemblée natioi
(1) Jùumal des débats de la correspondance et de la société, numéro 240. (2; Michelet, Histoire de la Bévolution, t. III, p. 623.