‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 149 sur 314 · LIVRE Vlil. — SËANCE DC 29 JUILLET AUX JACOBINS · texte numérisé non relu

LIVRE Vlil. — SËANCE DC 29 JUILLET AUX JACOBINS

jprait eu les torts de dissimuler les causes en proclamant les dangers la patrie» il ne croyait pas, comme tant d'autres, que le salut de it fût seulement attaché à la déchéance ou à la suspension du roi. était là un de ces palliatifs insuffisants dont il avait parlé. Le mal, il voyait à la fois et dans un pouvoir exécutif résolu à perdre la Révo* iQ, et dans une législature qui ne pouvait ou ne voulait pas la sau- '. Assez longtemps il avait engagé l'Assemblée nationale à s'armer la constitution contre la cour, parce que, maîtresse de la force laire et environnée de l'opinion publique, elle possédait en réalité puissance supérieure à celle du roi, malgré sa liste civile et tous moyens de corruption dont il disposait. Elle avait entre ses mains fbooheur de la France, disait-il; mais, en fermant Toreille aux plus conseils, et par des temporisations fatales, elle avait permis à la d'arriver au dernier degré. « 11 faut donc, » s'écria-t-il. « que soit sauvé, de quelque manière que ce soit; il n'y a d'iNcoxsîi- «RBL QUE CE QUI TEND A SA RUINE. » On voit avoc qucUe négligence lu ce discours capital les écrivains qui ont accusé de timidité les de Robespierre. Et combien il était dans le vrai quand, après déclaré qu'on n'aurait rien fait si l'on se contentait de changer le du pouvoir exécutif, il ajoutait : « Il n'y a qu'un peuple esclave itles destinées soient attachées à un individu ou à une famille; la irté et le bonheur public dépendent de la nature du gouvernement idu résultat des institutions politiques. » Le fléau le plus redoutable, yeux, c'était cette tourbe d'intrigants dont un roi était er.touré, i<|ui, sous son nom, abusaient du pouvoir exécutif et des trésors de nation. % Dépouillé de la confiance publique, » poursuivait-il, lis XVI n'est plus rien par lui-môme, et la royauté est devenue la de tous les ambitieux qui s'en partagent les dépouilles. » Cela lit droit, non-seulement aux Feuillants, mais aux Girondins justeitscupi^onnés d'intrigues pour ressaisir le ministère. Se rappelant ;e de tyrannie sous laquelle le pays avait été courbé lors de la ision provisoire du roi,, après la fuite de Varennes, Robespierre voyait qu'une mesure insuffisante dans la déchéance ou dans une relie suspension, si l'intrigue et l'ambition devaient encore tenir rênes du gouvernement, si l'étendue du pouvoir exécutif demeurait ijoursla même. « Qu'importe que le fantôme appelé roi ait disparu, ^ le despotisme reste ? » C'est ici le lieu de faire remarquer avec |>elle insistance cet homme, qu'on accusera d'aspirer à la dictature parce qu'on ne saura trop de quoi l'accuser, essaya toujours de prémunir J^es concitoyens contre toute espèce de dictature personnelle ou tollective. Toujours il restera fidèle au dogme de la souveraineté natio-

nale non déléguée, et il périra pour n'avoir pas voulu, une fois dans sa vie, se rendre coupable d*un acte dictatorial.

Autre question : après la chute du trône, le pouvoir exécutif serait-il exercé par le Corps législatif? <x Je ne vois, » disait Maximilien, i dans cette confusion de tous les pouvoirs, que le .plus insupportable de tout les despotismes. Que le despotisme ait une seule tète ou qu*il en ait sept cents, c*est toujours le despotisme. Je ne connais rien d'aussi i effrayant que Tidée d*un pouvoir illimité, remis a une assemblée! nombreuse qui est au-dessus des lois, fût-elle une assemblée de! sages! » Il s'agit ici, ceci est bien à remarquer, du Corps législatif, d. non pas d'une assemblée constituante comme la Convention, dont]*, mission sera de créer à la fois et le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. La suspension ou la déchéance, à laquelle il donnait de beaucoup la préférence, parce qu'elle ne pouvait être un jeu concerté entre b cour et les intrigants de TAssemblée nationale, lui paraissait donc devoir être combinée avec d'autres mesures plus décisives, D'ailleon^ n'avait-on pas à prévoir les orages politiques qu*exciterait nécessan rement cette modification profonde dans la forme du gouvernement! A quelles mains confierait-on le soin de diriger le navire de TÉt L'Assemblée nationale n'avait-elle pas avoué sa propre impuissai et appelé la nation elle-même à son secours, en déclarant la patrie danger? Une assemblée où se heurtaient des passions rivales n'ét pas propre à éteindre la guerre civile dans le pays; elle ne pos pas ce grand caractère, cet ensemble et cette union indispensables des moments aussi difficiles, N y avait-il pas à s'en prendre à qui, en préchant la conGance tantôt dans le pouvoir exécutif, taiil dans les généraux perfides à qui l'on avait remis l'épée de la Réi lutiôn, avaient endormi le peuple et conduit la nation au bord précipice où elle était près de tomber ?

La question se réduisait, selon Robespierre, à des points trJ simples : ou le chef du pouvoir exécutif avait été fidèle à la nation, il fallait le conserver; pu bien il l'avait .trahie, et il y avait lieu del destituer. Que si l'Assemblée nationale, ce dernier cas admis, refi de prononcer la déchéance, elle devenait par cela même connplice attentats de la royauté, et il était urgent alors de régénérer à la fois le pouvoir exécutif et la législature. D'ailleurç, en souffrant que Fayeite et ses complices demeurassent impunis, cette Assemblée avj en quelque sorte, livré la patrie au despotisme militaire et manqué i sa mission de la sauver; il fallait donc confier ce soin à de nouv( représentants; la convocation d'une Convention nationale sembi à Robespierre absolument nécessaire. En vain contre ce moi

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