‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 166 sur 314 · UTBE VUI. — IL REFUSE LA PRESIDENCE DU TRIBUNAL DU H AOUT · texte numérisé non relu

UTBE VUI. — IL REFUSE LA PRESIDENCE DU TRIBUNAL DU H AOUT

I nr<4e-diamp un tribunal criminel spécial, destiné à juger les crimes ! félatifs k la journée du 1 0 août (1 ).

! Dès le soir même, les électeurs, désignés aussitôt par les sections [de Paris, se réunirent dans une des salles de rHôtel-de-Ville, afin [de procéder à la formation de ce tribunal. Le premier nom sorti de tome fut celui de Robespierre, qui se trouvait ainsi de droit président de la nouvelle cour (2). Les électeurs nommèrent ensuite pour Osselin, Mathieu, Pepin-Desgrouettes, Lavaux, Dubail et Cof- 1, ce dernier à la place de Truchon, non acceptant (3), et pour leurs publics Lullier et Real. Quatre greffiers, sept jurés, qui nt Leroy, Blandin, Botot, Lohier, Loiseau, Perdrix et Cailliëres de ng, et huit suppléants, complétèrent l'organisation de ce tribunal aordinaire.

Par des motifs dont tout le monde appréciera la délicatesse, Robes-

re refusa d'accepter les hautes fonctions auxquelles il venait d*étre.

lé, et où il eût été en quelque sorte juge et partie. Gomme une

rie d'envieux et d'intrigants ne pouvait laisser passer aucun de

actes sans le travestir et l'incriminer, on ne manqua pas de jeter

nuages sur son refus, et de propager contre lui des insinuations

Veillantes. Il crut alors devoir informer lui-même le public de ses

c J'ai combattu, depuis l'origine de la Révolution, » écrivit-il,

h plus grande partie des criminels de lèse-nation. J'ai dénoncé la

part d'entre eux ; j'ai prédit tous leurs attentats, lorsqu'on croyoit

re à leur civisme; je ne pouvois être le juge de ceux dont j'ai été

'adversaire, et j'ai dû me souvenir que s'ils étoient les ennemis de la

e,ils s'étoient aussi déclarés les miens. Cette maxime, bonne dans

tes les circonstances, est surtout applicable à celle-ci ; la justice du

le doit porter un caractère digne de lui, il faut qu'elle soit impo-

le autant que prompte et terrible. L'exercice de ces nouvelles fonc-

étoit incompatible avec celles de représentant de la commune

(1) Voyez le Moniteur da 19 août 1792. Ce journal prête à Torateiir de la commune

bngige d'une extrême violence. Le Patriote français, peu suspect de partialité

la commnne, donne, au contraire, de ce discours un résumé plein de couve-

et de modération. Ni Tun ni Taatre ne nomment le membre qui porta la parole.

k désignent ainsi, Tun : Un représentant provisoire de la commune ; l'autre : Un ma-

du peuple, Yoy. le Patriote français^ numéro 1105. Kou fiidaona cette observation paroe que, grâce à la déplorable légèreté avec lat été trop souvent écrite Tbistoire de la Révolution française, on a quelquefois tttoibtié les paroles rapportées par le Moniteur à Robespierre qui, comme ou Ta va, ne (^t même pas partie de la députation de la commune.

(2)ilrcWc«,.B. A. 13 (38). Voy. aussi la Chronique de Paris du 20 août 1792 et le htriote français, numéro 1104. (3)ircÀiref. Ubi suprà,

qui m'avoient été confiées : il falloit opter; je suis resté «a poste oii j*étois; convaincu que c*étoit là où je devois actuellement servir b patrie (1). » Ainsi donc, à des fonctions in^ortanles et lucratives, Robespierre préféra son simple titre de membre du conseil général de la commune, où il ne figura d^ailleurs dans aucune espèce de c(»Bmission. On essaya cependant de rattacher par certains liens au ministërey devenu pouvoir exécutif pnovisoirè, et il fut appelé à siéger au sein dn conseil de justice établi près le ministère de la justice, miis^il déclina également cet honneur, en invoquant une partie des raisons qui Tavaient déterminé à refuser les fonctions de président du tribunal du 17 août (2). Cet ambitieux ne voulant d'aucune place, les Girondins, dont les créatures occupaient à présent les plus hautes positions dams l'État, raccoseront bientôt d'aspirer au pouvoir suprême. Quels logiciens!

Jusqu'au jour où, nommé membre de rassemblée électorale chargéed'élire les députéa à la Convention nationale pour le département de Paris, il cessa presque complètement d'aller à la commune, Robespierre-, suivit assez régulièrement, avons-nous dit, les délibérations du con* seil général. Mais, comme il le déclara un jour à la Convention sans^ rencontrer de contradicteur, il ne se mêla jamais, en aucune manière» de la moindre opération particulière (3). Il ne présida pas un seul in* stant, comme plusieurs écrivains l'ont avancé par erreur, la formidable^ commune, et n'eut pas la moindre relation avec le fameux comité de surveillance. En certaines occasions seulement, assez rares d'ailleurs, il fut la parole et la plume du conseil général.

A cette époque régnait dans Paris un agiotage effréné. C'est, hélas l

(1) Cette lettre de Rol)espierre parut dans le Monitew du 28 août 1792, daas 1» Courrier des quatre-wngt^trois départemens du 24 août, et dans le PeOriote fnnçois^ numéro 1110, lesquels la publièrent sans réfksxions. La Chronique de Parié «imonçaen ces termes le refus de Robespierre: « M. Robespierre u^est point membre du tribunal* destiné à juger les conspirateurs. C'est par erreur que nous rarions amioncé. Il a. refusé parce qu'ayant combattu depuis Toriginede la Révolutioii les erimiaels de* lèse-nation, et ayant dénoncé la plupart d'entre eux, il n'a pas cm pouroir Ctie jug»^ de ceux dont il a été Tadversaire. » (Numéro du 25 août 1792.)

(2) Yoy. sur ce second refus la lettre de Robespierre au Courrier dee quatn^ngt^ trois départemens. (Numéro du 24 août.)

(3) Répwise à Louvet. lettres de M, Robespierre à ses commettans^ n* 4, p. 160.

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