‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 175 sur 314 · UVRE YIII. — LES MASSACRES DE SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

UVRE YIII. — LES MASSACRES DE SEPTEMBRE

le conseil général se sépara. Paris s'était couché ce jour-là en

lie i une sorte de stupeur, et au milieu d'inexprimables angoisses.

avait appris dans la soirée Tinvestissement de Verdun ; les san»

intes menaces des puissances coalisées étaient présentes à tous les

[its; deux jours encore, et elles pouvaient se réaliser. Une sorte de

tige s'empara de toutes les têtes. Nous sonmaes à la veille des plus

ries journées de la Révolution.

De ces affreuses journées de Septembre, nous n'aurions nullement à occuper, tant Robespierre y fut complètement étranger, si un in nombre d'écrivains royalistes et même quelques historiens raux, avec un aveuglement diifficile à expliquer, ne s'étaient ingéà rejeter sur lui une part de la responsabilité de ces événements, les royalistes cherchent à flétrir la Révolution dans son plus ègre représentant, que, pour atteindre leur but, ils ne reculent pas ant des moyens peu honnêtes, cela se comprend jusqu'à un certain t, l'esprit de parti égare tellement les hommes ! Mais il y a de i confondre l'imagination quand on voit des écrivains réputés ocrâtes joindre leurs accusations à celles des contre-révolutionires, et entasser hypothèse sur hypothèse, suppositions sur suppotîtioDs pour essayer de couvrir du sang de Septembre un homme qui

ie 1& Ville, y. 22. Carton 0. 7. 0. Ce discours de Robespierre publié sous ce titre : àkmt iea reprétentanê de la commune de Paris à leurs concitoyens (in-B» de 15 pages), M devenu rarissime. H ne nous a pas été possible de nous en procurer un exemplaire ; ^Bibliothèque impériale elle-mdme ne le possède pas. Nous avons donc dû nous couiBtter du résumé très-succinct fourni par le procès-verbal de la commune.

M. Mortimer Temaux, qui a le génie inventif, présente Robespierre comme ayant ce jour-là dénoncé une conspiration en faveur du duc de Brunswick, ce qu'il ne fit que Itlendemaîn, et il lui prête des paroles quUl a trouvées dans im pamphlet de Louvet, ^eit-à-dire d'un des plus cyniques menteurs que l'imagination puisse concevoir, te im pamphlet dont la Convention, de dégoût, refusa d'entendre la lecture, Fvoles par lesquelles se trouvent accusés en masse tous les membres de la Gironde. Cest encore là une erreur historique importante à dévoiler. Robespierre désigna en effet nommément, dans la nuit du 2 au 3 septembre, deux membres de la Gironde, et ^ par des raisons très-faciles à compreudrô comme on verra, et non pas la Gironde ç&nnise. L'auteur de V Histoire de la Terreur a-t-il cru que ces supercheries passeraient ï>*pcrçncs? Mais ce qu*il y a de bizarre, c'est qu'ayant, j'imagine, le procès- verbal ^ la commune sous les yeux, il écrit : « Les deus. cent quatre-vingt-huit adoptent tvec enthousiasme les conclusions de Manuel et de Robespierre » (t. III, p. 206). Ce ^if à r^ard de ce dernier, est précisément le contraire de la vérité.

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n'apprit ce qui se passait dans les prisons que par le bruit public, el cela plus tard que la {dus grande partie de ses coDcitoyens (1).

Tous les écrivains ennemis de la Révolution ont vu dans les massaares de Septeoibre un plan concerté^ le résultat d*une froide et atroce préméditation; et pour mieux concentrer leurs accusations calomnieuses, ils ont, — quelques-uns du moins, — complètement innocenté la population parisienne. Or, c*est là un système tout à fût inadmissible. Comment admettre, en effet, que soixante mille hommes de gartte nationale eussent permis à quelques centaines d'égorgeurs de massacrer dans les prisons, s'ils n'avaient pas eux-mêmes été complices, moralement au moins, de ces exécutions? On sait combien furent vaines les réquisitions du commandant général Santerre. La population, la garde nationale, assistèrent impassibles, l'arme au bras pour ainsi dire, aux scènes d'horreur qui 3e déroulaient sous leurs yeux (2). Est-ce que, dans de pareilles occasions, laisser faire ce n'est pas être : , complice? Ces massacres, cela est certain, ont été le produit d'une épouvantable explosionpopulaire. Qu'ils aientparu, à quelques honmies» d'une affreuse mais indispensable nécessité, je le crois sans peine ; mais jamais ils n'eussent été commis si la conscience publique, prise 1 de vertige, n'y eût pas souscrit elle-même. Quant au conseil général \ de la commune, auquel on a voulu les imputer, il tenta au contraire, pour les arrêter, plus d'efforts que n'en fit l'Assemblée législative- Robespierre d'ailleurs, on le sait de reste maintenant, parut à peine à la commune durant les jours qui précédèrent et suivirent les exécutions, retenu qu'il était soit à l'assemblée primaire de sa section dont les opérations se terminèrent le 31 août à onze heures du soir, soit à l'assemblée électorale dont les séances s'ouvrirent dans la matinée da 2 septembre. Le comité de surveillance est-il davantage responsablede ces massacres? Ses rapports constants avec les prisons, placées dns \ ses attributions, permettraient de le supposer ; cependant aucune des 1 pièces sur lesquelles se sont appuyés les écrivains royalistes pour éta* \ blir sa préméditation ne m'a paru concluante, et je dirai avec Pétion : \ « Ces assassinats furent-ils conmiandés, furent-ils dirigés par qod- ! ques hommes? J'ai eu des listes sous les yeux; j'ai reçu des rapports; i

(1) Réponse à Lonvet. LtUru de M. Robupierre à Mt eommeUam, n* 4^ p. 11€.

(2) Dans la aéuioe da 29 octobre 1792, aux Jacobins, Cfaaèot, qui s'éteit joint s» oommissaires désigiiés par rAsaemblée législative pour calmer Teffervesoeiice pofakûre, affirma qu'il avait passé sous one voûte d'acier de dix mille sabres, et que di^aii la ooar des Moines jusqu'à la prison de l'Abbaje, on était obligé de se sencr pvr fiûre passage aux envojés de la Convention. Il invoqua le témoignage de ses ooQigni* Bazire, Calon, et autres qui l'accompagnaient, et personne ne le contredit (JoanM< ^ débats et de la correspondance dé ia Société dee JocoWni, numéro 293).

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