LIVRE YIII. — *• LES MASSAGIISS BB SEPTEMBRE
ti recueilli quelques faits; si j'avois à proooncer comme juge, je ne urrois pas dire : Voilk le coupable (1). »
Da reste, le comité de surveillance, sorte de pouvoir exécutif, avait, en réalité , aucun rapport avec le conseil général , pouvoir tif de la commune ; il siégeait dans un local séparé, non pas lliôtel-de-VlUe, mais à la mairie. Autorisé par le conseil général à se ter de quelques membres supplémentaires, son grand tort fut de 'tdjoindre, dans la matinée du 2 septembre, le sombre journaliste qui it érigé le meurtre en système politique. Panis, manbre de ce coite de surveillance, et qui y avait introduit Marat, fut vivement attaqué ce fait, le 18 septembre suivant, au sein du conseil général. Panis défendit en alléguant que Marat était un homme extraordinaire, qu'il Savait jamais eu d'influence particulière dans le comité, et que jamais avis n'y avait prévalu sur celui des autres membres. Or, Téloignet de Robespierre pour la personne de Marat est chose parfaitement ue ; ce fut un des grands griefs des Thermidoriens contre lui. On oublié ni leur attitude respective dans Tunique entrevue qu'ils t eue ensemble ni ce que répondit Marat à Robespierre quand i*ci lui reprocha de revenir éternellement dans ses écrits « sur ines propositions absurdes et violentes qui révoltaient les amis K LA LIBERTÉ sutaut quc Ics partisaus de l'aristocratie (2). » Marat ne trouvait à Maximilien ni les vues ni Vaudace d'un homme d'État, Tout îfcemment encore ne l'avait-il pas accusé de feuillantisme pour n'avoir pas déclaré assez hautement qu'il fallait déchirer la constitution? Ces ienx hommes étaient donc les antipodes l'un de l'autre (3). Eh bien!
(1) Discours de Pétion sur raccusation intentée à Kobespierre, p. 14.
(^ Ce sont les propres expressions de Robespierre. Voyez la réponse à Louvet.
^^t» de M. JtobeipUrre à ses eommettanSj numéro 4 et le numéro 648 de VÂmi du peuple,
r (3) Ce qui n'empêche pas M. Michelet, Toulant parla plus étonnante des aberra- .
{■tt rendre Robespierre solidaire de ce que Marat put faire en septembre, d'écrire
'^Pânis diminua son éloîgnement naturel pour Marat (t. IV, p. 124). « Selon toute
^p^rtttcêy 9 a-t-il soin d'ajouter. Et pourquoi selon toute apparence? M. Micbelet est'
^ à itttdans Ferreur quand il présente Panis comme on aervile disciple d« Robes-
yote, et quand, emporté par sa rage de fantaisie, il nous le montre allant chaque
i^^ne Saint-Honoré, à la ports de son dirtctovr, demander ce qu'il devait penser,
- ^et dire (p. 124). Aucun témoignage, et M. Michélet se garde bien d'en invo-
^ de sérieux, ne saurait ici préyaloir contre les fiuti. Panis aimait et estimait
wbespierre, cela n'est pas douteux.'; mais son dieu, son idole, c^était Danton. Les
1^ &milles étaient étroitement liées, et nous verrons plus tard Panis, le cœur ulcéré
**^ mort de Danton, figurer parmi les ennemis de Robespierre. Puisque M. Micbelet,
^l'intérêt de sa thèse, a cru devoÎT rappeler qu^n jour, selon Barbaronx, Panis
^^t dit qu'il fiillait un dictateur, un homme comme Robespierre; encore aurait-
z^ appeler aussi, dana l'hitérêt de la vérité, le démenti sanglant qu'en pleine
V^'ttition reçut, sans le relever, ce député de Marseille. Cest triste à dire, mais
"*" a'est embrouillé, rien n'est faux, rien n'est perfide comme les pH>*s confuses où
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nous verrons bientôt les Girondins essayer, par les plus perfides manœuvres, d'établir entre ces deux noms une sorte de solidarité. Et pourtant, si du sang de Septembre quelqu'un pouvait être particulièFe* ment coupable devant Thistoire, ce seraient eux, comme on va en juger, Robespierre, d'ailleurs, ne chercha jamais à rejeter sur personne la res* ponsabilité d'événébaents qu'il attribua à un moment de délire et d'ivres» de la nation, et il était certainement dans le vrai quand il disait : « Ce fol un mouvement populaire, et non, commeonl'a ridiculement supposé, Il sédition partielle de quelques scélérats payés pour assassiner leurs sem* blables ; et s'il n'en eût pas été ainsi, comment le peuple ne Faurait-â pas empêché? Ck)nmient la garde nationale, comment les fédérélj n'auraient-ils fait aucun mouvement pour s'y opposer? (1) » L'exaspé-: ration populaire, hélas! n'avait pas besoin d'être excitée. Mais que diraient donc les historiens qui se mettent martel en tête pour attri<i buer à quelques paroles de Robespierre un sens qu'elles n'ont jamaU eu, si le 2 septembre il avait dit, comme La Source : « 11 faut battre lit générale dans l'opinion publique; x> si, comme Vergniaud, il s'étai^ écrié : € Il n'est plus temps de discourir, il faut piocher la fosse d| nos ennemis, ou chaque pas qu'ils font en avant pioche la nôtre (2)? | Et pourtant, qui oserait accuser sérieusement de complicité dans lel massacres ces deux membres de l'Assemblée législative?
Et maintenant, transportons-nous à la commune au moment (Ai Manuel, dans la matinée du 2 septembre, annonça officiellement Tin* vestissement de Verdun. Or , à l'heure même où Manuel parlaiti
réminent écrivain essaie de donner un rôle à Robespierre dans le Ingabre dume « Septembre. En vérité, j'aime autant les Mémoires publiés sous le nom de WabOi frère de lait de la reine. Au moins celui-ci n*y va pas par quatre chemins, et il^* dépeint Robespierre c excitant le peuple à massacrer tous les prisonniers > (t.II,p>2^ Voilà ce que sous la Restauration MM. Barrière et Berville publiaient oonuna àm Mémoires sur la Révolution.
(1) Réponse à Louvet. Quatrième lettre de M, Robespierre à ses commettans, p. 170*
(2) Voyez le compte rendu de la séance du 2 septembre au matin, à rAssemun nationale, dans le Moniteur du 4 septembre 1792. Admirez. Tempiro des préventioD*- M. Michelet trouve ces paroles simplement hardies (t. IV, p. 135), tandis qne, coaio' nous Pavons fait remarquer, il attribue un sens sinistre aux paroles de Bohesçif^ prononcées la veille : « Il faut remettre le pouvoir au peuple, » paroles dont le sextf «" si dair et si naturel.