LIVRE VII] . — NOIRES CALOMNIES CONTRE HAXIMILIEN
jierre, en raccolant perfidement à Marat, de faire tous ses efforts
f pour amortir le zèle guerrier des citoyens et les empêcher de voler
tta secours de leurs frères d'armes (1)? » Ah! quand on descend à de
les manœuvres, quand on emploie de tels procédés, quand on se
à de si déloyales attaques, on n'a pas le droit de se plaindre des
résaillesy et de s'étonner d*étre frappé soi-même de l'arme empoi-
loée dont on s*est si traîtreusement servi (2). Et ici sur quoi s'ap-
lyait cette inconcevable calomnie? N'était-ce pas uniquement le
d'une imagination égarée par le délire de la haine? Oh! sans
[doute, Robespierre avait été trop bon prophète lorsque avec tant de
itrioiisme et de bon sens il s'était opposé à la guerre offensive»
doute les premiers revers de nos armes, principale cause de
Tétat affreux de crise où l'on se trouvait, donnaient pleinement raison
sa prévoyance, à sa perspicacité ; mais depuis que, cédant à la près-
des Girondins, le gouvernement avait déclaré la guerre, Robes-
re n'avait-il pas contribué de tous ses efforts à stimuler l'ardeur
ses concitoyens pour les pousser à la frontière? Et la proclamation
la patrie en danger, n'en avait-il pas le premier émis l'idée dans
journal?
Mais de ce que Robespierre, comme plusieurs de ses collègues^
lit dénoncé une conspiration en faveur du duc de Brunswick et la
écution tramée contre la commune par des hommes qui semblaient
l'attacher à calomnier les défenseurs de la liberté et à diviser les
)yeDsau moment où les patriotes auraient dû réunir tous leurs efforts
itre les ennemis du dedans et du dehors, quelques-uns de ses adver-
is ne manquèrent pas d'inférer alors, comme l'ont fait depuis
irtains écrivains, qu'il avait voulu compromettre la sûreté de ces
imes. Ils ont établi un rapprochement perfide entre l'accusation
ibée de sa bouche et des événements que, suivant ses propres
>ressions, il avait connus plus tard que tout le monde et qu'il ne lui
lit pas plus donné de prévoir que les circonstances subites et
(1) Patriote français, numéro 1119 (du 2 septembre 1792.) Voici la phrase textuelle : t Malgré les efforts des Robespierre et des Marat pour amortir le zèle guerrier des Ôtojens et les empêcher de voler au secours de leurs frères d'armes, Paris ne se dés- Wtreiapas par un lâche égolsme... Quatre cent cinquante jeunes gens de la section ^ Quatre-Nations, enrôlés pour les compagnies franches, défilent dans l'Assemblée utionale et prêtent le serment. Notre ardeur est telle, disent-ils, qu^elle ne peut t'éteiodre que dans le sang des ennemis. » La section des Quatre-Nations, c'était celle ^l'Abbaye.
(2) Il est plaisant, après cela, d^entendre M. Michelet se lamenter sur les calomnies ^ Robespierre, Il est vrai qu^avec Titupartialité qui lui est propre, il enveloppe d'un ^knce prudent toutes les cidomnies, tous les mensonges, toutes les diffamations des Girondins. Voy. son Histoire de la Révolution, t. IV, p. 119.
extraordinaires qui les avaient amenés (1). « J'ai déjk répondu à cette infamie, » dit*il lui-même à la Convention, « en rappelant que j*avais cessé d'aller à la commune avant ces événements... Quelle est donc cette affreuse doctrine que dénoncer un homme et le tuef , c'est la même chose. Dans quelle république vivons-nous, si le magistrat qui, dans une assemblée municipale, s'explique librement sur les autenrs d'une trame dangereuse, n'est plus regardé que comme un provocateur an meurtre? Le peuple, dans la journée même du 10 août, s'était feit une loi de respecter les membres les plus décriés du Corps législatif; il a vu paisiblement Louis XVI et sa famille traverser Paris, de l'Assemblée au Temple, et tout Paris sait que personne n'avait prêché ce principe de conduite plus souvent ni avec plus de zèle que moi, soit avant, soit depuis la Révolution du 10 août. Citoyens, si jamais, i l'exemple des Laoédémoniens, nous élevons un temple à la peur, je suis d*avis qu'on choisisse les ministres de son culte parmi ceux-là mêmes qui nous entretiennent sans cesse de leur courage et de leurs dangers (2). » Mais poursuivons; car du sang de Septembre dont quelques écrivains ont voulu tacher sa mémoire, en violant effrontément toute vérité historique, nous tenons à le justifier pleinement, afin de ne pas laisser subsister l'ombre d'un doute. '
Robespierre venait de cesser de parler au sein du conseil général quand le procureur de la commune, Manuel, parut et rendit compte du douloureux spectacle dont il avait été témoin è l'Abbaye. Ni les efiforts des commissaires de l'Assemblée nationale, ni les siens, ni ceax de ses collègues de la commune n'avaient pu arracher les prisonniers à la mort. En ce moment, le conseil général délibérait sur Taffaire de l'ambassadrice de Suède, madame de Staël, arrêtée dans la soirée par les sectionnaires de son quartier, au moment où elle se disposait à partir. Elle était soupçonnée d'emmener Narbonne avec elle (3). Disculpée par cette atroce commune , elle reçut Tautorisatioa de sortir librement de France, et fut confiée aux soins de Manuel.
Le conseil général chargea ensuite de nouveaux commissaires de se transporter dans toutes les prisons c pour tâdier de calmer les esprits,
(1) Yoyez «a Tftpone à IxnxTet. Qnatrihn$ leUrt été ikèegpUm à u$ ccmmélaiw.
(8) /Wrf., p. ISI.
(3) 11 n^Qst si petites choses aa sujet desquelles on n'ait été induit en errcar sur la compte de Robespierre. Madame de Staël en fait le président de la commune dans )e récit des circonstances qui ont aoeompagné son départ. < J'arrivai donc enfin à cette commune présidée par Robespierre, et je respirai, parce que j 'échappas à la popvlsoe. Quel protecteur cependant que Robespierre !... » Cafuitftraltorw nir la KèpohÊHom fraïf çoistf t. II, p. 73 de la 2« édition.