‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 180 sur 314 · UYRE VIII. — IL EST CHAUGÉ DE PROTÉGER LE TEMPLE · texte numérisé non relu

UYRE VIII. — IL EST CHAUGÉ DE PROTÉGER LE TEMPLE

€t pcwr éclairer les citoyens sur leurs véritables intérêts (1). » En même temps, il autorisa le commandant général à diriger autour da Temple et des prisons de nombreux détachements. On a vu déjà combien vaines forent les réquisitions de Santerre (2). Dans la matinée du 3, le premier soin du conseil général fut d'envoyer des commissaires au palais Bourbon à l'effet de protéger les Suisses qui s'y trouvaient, et de défendre leurs jours par tous les moyens possibles. Une députation de la section des Quinze-Vingts étant venue au même moment demander la mort des conspirateurs et l'arrestation des femmes et enfants d'émigrés avant le départ des citoyens pour l'armée, fl s'empressa de passer à l'ordre du jour. Les historiens qui se sont efforcés, sans fournir du reste la moindre pièce sérieuse à l'appui de lear thèse, de rejeter sur le conseil général de la commune la responsabilité des événements de Septembre, se sont bien gardés de citer les délibérations d'où résulte la preuve irrécusable de ses efforts pour arrêter les massacres, efforts au moins égaux, sinon supérieurs à ceux tentés par l'Assemblée législative et par le pouvoir exécutif. Mais Roi)espierre, défendant avec raison le conseil général de la commune, a pu dire sans rencontrer de contradicteur : « Il est certain, aux yeux de tout homme impartial, que loin de provoquer les événements du ■ î Septembre, il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour les empêcher (3), »

Dans cette matinée du 3 septembre, on apprit à la commune que l'asile de la famille royale était sérieusement menacé. Aussitôt le conseil général confia à Deltroy, à Manuel et à Robespierre la mission de

fl) Ce sont les expressions mêmes du procès^verbal. Archives de la Ville. V. 22. Ctiton 0. 7. 0.

{2| Voyez dans le Moniteur da 7 septembre 1792 la lettre de Santerre au ministre fioUiid sar Tinatilité de ses efforts.

(3) Lettre* de M. Robespierre à ses commettons, numéro 4, p. 167. M. Michelet, qui se vante ' 4e mardier seul dans ces sombres régions de Septembre (t. IV, p. 127), — hélas ! bien ; amvent à o6té de la vérité! — imagine, nous ne savons sur quel commérage, que dans la ndt da 2 au 3 septembre Robespierre se cacha, quitta la maison des Duplay et se réfiigia chez son fervent disciple Saint- Just (p. 166). On se demande comment un faistonen sérieux a pu accepter si légèrement de pareilles anecdotes. £t pourquoi Robespierre se serait-il caché, en sortant après de deux lieures du matin de la séance du tatmil général ? Et puis il y a un malheur, c^est qu^à cette époque Saint-Just n'était pas à Paris. Nous avons démontré autre part, par pièce authentique, qu'au moaent des événements de Septembre, Saint-Just était tranquiUement à Soissons, siéjçetnî an sein de rassemblée électorale du département de l'Aisne. (V. notre Histoire ^t Saint-Just, éd. Meline et Cans, t. I, p. 117). M. Michelet a-t-il emprunté cette oteor à M. de Lamartine, chez qui nous Tavons relevée jadis ? C'est possible. Mais an moins Fîllustre poète ne s'est &it Técho d'aucune calomnie, et il est Irien plus dans la vérité historique quand il représente Robespierre comme gémissant sur les {Histoire des Girondins, 1. 111, p. 332 et suivantes.)

se rendre au Temple, d'y asssurer la tranquillité publique (1). De son côté, sur une lettre écrite du Temple même, TAssemblée nationale adjoignit aux commissaires de la commune six de ses membres, Lacroix, Bazire, Choudieu, Thuriot, Dusaulx et Chabot (2). Robespierre était-il présent à la délibération du conseil général quand il fut désigné, avec Manuel et Deltroy, pour aller préserver de toute atteinte la prison donnée à la famille royale? C'est au moins fort douteux, car toute la journée du 3, il la passa au sein de l'assemblée électorale, depuis dix heures du matin jusqu'à deux heures et demie de l'âpre midi, comme nous l'établirons dans un instant de la façon la plus nette et la plus précise (3). Si donc, comme cela est probable, il s'acquitta de la mission dont, présent ou non, l'avait chargé le conseil général, ce fut seulement à l'issue de la séance de l'assemblée électorale, vers trois heures. La duchesse d'Angouléme, dans son récit de la captivité de la famille royale au Temple, n'a pas oublié de mentionner la visite de Manuel dans cette journée du 3 septembre. Elle ne dit rien des autres commissaires de la commune ou de l'Assemblée. Quoi qu'il en soit, le Temple fut mis à l'abri des fureurs populaires; il suf&t d'un simple ruban tricolore pour en défendre l'entrée. Ce jour-là et les jours suivants, comme on peut s'en convaincre par les procès-verbaux de ses 'Séances, le conseil général de la commune s'efforça encore de

(1) Frocès-verbaux du conseil général de la commune de Paris. Archiva de h Ville. V. 22.

(2) Moniteur du 5 septembre 1792.

(3) On lit dans VHistoire de la Terreur^ par M. Mortimer Temaux (t. HI) : c Parmi les trois commissaires envoyés le 3 septembre au Temple par le conseil général de la commune était Robespierre, preuve évidente qu^il siégeait à la commune pen* dant qu^on égorgeait dans les prisons, et qu'il prit part aux délibérations par lesquelles les massacres étaient implicitement approuvés. C^est cependant ce que nient impudemment tous les écrivains qui veulent écarter de cette idole de la démagogie tout ce qni pourrait impliquer de sa part la moindre complicité dans les journées de Septembre. > Quelle force de logique î Si ce voridique auteur avait pris la peine d'examiner un peu sérieusement les procès-verbaux de l'assemblée électorale, il aurait vu que Kobespierre siégea sans désemparer dans cette assemblée depuis le 2 septembre jusqu'à II fin des opérations, c'est-à-dire jusqu'au 19, et il se serait convaincu que três-prob»Uement Robespierre ne parut au conseil général que dans la soirée du 2 septembre. Comment n'a-t-il pas lu le pamphlet de Méhée de Ia Touche, dans lequel ce secrétaire adjoint de la commune fait précisément un crime à Robespierre de ne pas assister aux délibérations du conseil général? C'est pourtant un libelle d'une violence extrftnô contre Robespierre.

Ah ! les impudents, ce sont ceux qui, égarés par l'esprit de parti, violent effrontément les plus simples vérités historiques ; qui attribuent à Robespierre la rédaction d'une adresse à laquelle il fut tout à fait étranger; qui enfin font approu^-er implkiU' ment les massacres de Septembre par le conseil général de la commune, lequel, ainsi que nous Tavons démontré, fit pour arrêter ces massacres tout autant et pins q^^* l'Assemblée nationale.

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