‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 187 sur 314 · LIVRE IX. — UNE LETTRE DU REPRJ^SBNTANT GUITER · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — UNE LETTRE DU REPRJ^SBNTANT GUITER

Dès le premier jour, avons*nous dit, une grande partie de la Contention se trouvait sous l'influence de la Gironde, dont les principaux membres, avec le merveilleux esprit d'intrigue qui leur était propre, circonvenaient habilement les nouveaux venus. Beaucoup de ceux-ci avaient quitté leurs départements sous l'empire de préventions nées de la lecture des journaux girondins. A peine arrivés à Paris, on les entourait, on les conviait à des banquets où la députation de Paris était le texte des diatribes les plus ridicules, et si un certain nombre d'entre eux succombèrent à des avances intéressées et se laissèrent prendre aux fables les plus grossières, il n'y a pas à s'en étonner outre mesure ; la crédulité humaine est si grande! A l'égard de ces basses menées de la Gironde, nous avons des aveux précieux, et déjà nous avons cité le passage suivant d'une lettre inédite du représentant Guiter à Robespierre : « J'arrivai à Paris. L'intrigue qui m'avoit déjà rempli de préventions, m'altendoit aux portes de cette cité. Simple et confiant, j'en ai été la victime, je l'avoue; autant je t'avois estimé, autant je t'ai haï; autant je t'avois cru ami du peuple, autant je t'ai cru son ennemi (1). » Retranché dans sa conscience, étranger à toute faction, Robespierre ne se serait jamais abaissé à courir de l'un à l'autre pour se justifier des inculpations dirigées contre lui et ses collègues du département de Paris. Il comptait sur le temps pour remettre chaque chose à sa place, et se doutait bien que la majorité de la Convention ne subirait pas éternellement l'influence d'une coterie dont le succès momentané était dû aux manœuvres les plus condamnables.

£n effet, il s'était passé dans les dernières élections un fait à peu près analogue à celui dont nous sommes témoins de nos jours. Maîtres du pouvoir, les Girondins avaient essayé de diriger le mouvement électoral. Dans les départements , où l'action du gouvernement pèse toujours d'un poids plus lourd, ils réussirent assez bien, et sur leur recommandation, les corps électoraux choisirent pour députés des bommes tout à fait étrangers au pays dont ils étaient nommés les représentants. Ce fut ainsi que Louvet, sans aucune espèce de relations

(1) Lettre de Guiter, député des Pyrénées-Orientales, et signataire de la protestation contre le 31 mai, à Robespierre. (De la coUection de Portiez, de TOise.) Ubi tvpra.

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avec le déparlement du Loiret, où il était à peu près inconnu, fut élu à Orléans par la seule influence rninislérielle , ce dont il se félicita avec une ingénuité toute particulière.

Mais à PaVis il fallut compter avec l'opinion. Là échouèrent complètement les manœuvres du pouvoir exécutif provisoire. L'assemblée électorale de ce département était toute composée de bourgeois, avocats, bommes de lettres, médecins, marchands, professeurs ; nous avons, dans notre précédent livre, cité quelques noms possédant, à divers titres, une certaine notoriété. Toutes les candidatures eurent, pour se produire, la plus entière liberté. Jamais assemblée électorale ne discuta et ne vota avec pluB d'indépendance. Qrmnd on ose soutenir que les opérations eurent lieu sous la pression des massacres de Septembre, on pèche par ignorance ou par mauvaise foi, puïsque, comme nous l'avons irréfragablement démontré, les Girondins étaient loin, bien loin de témoigner alors pour, ces événements funèbres l'horreur dont ils firent parade depuis, en cherchant à s'en faire une arme contre leurs adversaires, puisqu'un de lears principaux organes, le Courrier deê quatre-^ringttrois dipartemem de Gorsas, alla jusqu'à blâmer hautement te ministre de rintérieur Roland d'avoir voulu jeter un voile sur des journées nécessaires, selon cettte feuille (î). Mfeilgré les efforts désespérés de la Gironde, ses candidats, à commencer par Pétion opposé à Robespierre, restèrent tous sur le carreau. De ïï d'implacables rancunes, des fureurs sans bornes. Les prétendants évincés, les Pétion, lès Brissot, les Louvet, les Real, s'en prirent aux citoyens à l'influence desquels ils attribuaient leur échec. Ces hommes, qui n'avaient pas craint d'employer l'argent de la nation à eabaler dians les assemblées électorales et à influencer les votes par des moyens réprouvfe dans tbus les temps, accusèrent le collège du département de Paris d'avoir été dominé par un petit nombre d'électeurs. Dans tous les cas, comme Robespierre, porté en tête de presque tentes^ les listes, ftit nommé te premier, son élection ne fut pas due à la pression toute morate qu'à bout d'arguœems ses ennemis Im reprochèrent d'avoir exercée au sein de cette assemblée, dont les opérations durèrent trois semaines.

Pendamt cet espace de teoïps, il' monta souvent à la tribane, sHl ffeitit ea croire ses adrersaires ; il: usait en- cela de son éroit încontcslable d'électeur. Toutes ses paroles n'unf pas été recueillies, et nous afons iklèlensieiift rendu compfte de cecrx de ses d&seours dont la trace a été conservée pav les^ procès^ vevbmue dis l*ass€Diiblée électorale, f^onmément, nous l'avons dit, il ne désigna personne, se contentant d'indi-

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