‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 194 sur 314 · LIVRE IX. — ASSERTIONMC VKlfiflUIJD;DE]lfiCATIO>r DE ROBESPIERRE · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — ASSERTIONMC VKlfiflUIJD;DE]lfiCATIO>r DE ROBESPIERRE

tribué à aigrir son âme, les ripmUiemins de la Giroode les lui iiapiitaàeni à crinei C'élaît là, certes, le comble jde la ééraisaQ <wi de la mauvaise foi; et si, ea dehors des souffrances éprouvées pour fa cause popolaire, quriifue chose éuii capable d'intéresser k la personne de Mam, c'était bien la acialadresBe de VergDîaud. iUnsi quand, à oet ûmBeeraMe reproche, l'Aiiii du peuple se fat écrié : c Je m'en fais l^oke! » Tavocat giroBdtn ne trouva pas un oiot à répoadre.

Vergniaud, continuant, eut Tair d*élre tout peiné deœite affligeante diseussion, ce qui était d'une insigne hypocrisie, puisqu'elle avait été nniquemeat provoquée par ses unis, et qu'à son tour il venait y jeter sa part de venin. Avec une déloyauté surprenante et conuoe s*il eftt obéi à un mot d'ordre, il tenta de rattacher une regrettable circu* laire émanée des membres du comité de surveillance de k commuoe, après les journées de SepleBÉbrc, au discours prononcé par Robespierre au seÊn du conseil général, dans la nuit du 2 au 3 septembre. Dans ce diKOors, on se le rappdAe sans doute, Aobespierre, après Billaud- Yarenne et après bien d'autres, avait accusé deux ou trois hommes appartenant à la faction girondine de conspirer en faveur du duc de Brunswick. On se rappelle aussi sur quoi était fondée cette accusation : Carra, dont le journal les Annales patriotiques était inféodé à Brissot^ avait en quelque sorte proposé pour roi, aux Jacobins et dans sa feuille, le duc d'York d'abord, puis le propre généralissime des armées coalisées contre la France. Mais il était de l'intérêt de Brissot^ compromettre dans sa querelle contre Bobeapierre le plus grand nombre possâ^ de ses coUëgues. Poussé par lui, et sur de faux renseignemenls fournis par l'impudent Louvet, Vergniaud reproc&a à Aobes' pierre, contre lequel, dit-il, il n'avait jamais prononcé que des paroles d'estime, d'avoir dénoncé, comme auteurs du complot, lui Vergniaud, La Source, Duoos, Guadet, Brissot, Condiuroet et plusieurs autres membres de l'Assemblée législative. A ces mots, Robespierre se leva indigné et cria à l'orateur : c Cela est faux !» — « Comme je parle sans amertume, » reprit Vergniaud, « je me féliciterai d'une dénégation ifoï me prouvera que fiobespierre aussi a pu être calomnié (1). »

Il est évident que le futur est employé ici dans le sens affirmatif et non point conditionnel. Impossible, en effet, d'entendre une dénégation pins calégori<pie et ptas énergiquement e3q)rimée que celle tombée de la boudie de Robespierre. Et ce qui prouve clairement que Vergniaud lui-même le comprit bien ainsi , c'est que, laissant de côté le discours

(1) Yojez lo Jowmai det débat$ wt âm dimh de la CtfHuwMÉm, mmézo 7, «fc le MotUtturàu 27 septembre 1792. »

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de Robespierre» sans même achever sa pensée, il révint tout de suite à la fameuse circulaire de Marat, dont il s'occupa exclusivement. Cependant un historien dé nos jours » grand metteur en scène, mais trop souvent au détriment de la vérité historique , imagine qu'après cetle phrase Vergniaud attendit (4). Or il n'eut rien à attendre comme on Tient de le voir, puisque ce fût après le démenti formel de Robespierre qu'il se félicita d'une dénégation qui lui prouvait que son adversaire avait pu, lui aussi, être calomnié.

La lutte, durant cette séance, continua entre la Gironde et Harat. L'Ami du peuple, triomphant sans peine de ses adversaires, échaj^ cette fois au décret d'accusation dont déjà ils songeaient à le frapper. Quant à Robespierre, contre lequel, en cette journée, la rage des Girondins s'était épuisée impuissante, ils ne le tiendront pas quitte : ils vont travailler dans l'ombre à battre en brèche cetle réputation colossale, jusqu'au jour où, croyant le terrain tout à fait miné sous ses pas, ils le prendront de nouveau corps à corps à la Convention et tenteront de le renverser.

Les lettres de Maximilien Robespierre à ses commettants parurent précisément au lendemain des misérables sorties de Rebecqui et de Barbaroux. Rendre compte à ses concitoyens de ses principes, de sa con* duite et de la situation des affaires publiques semblait à Robespierre un de ses premiers devoirs comme représentant du peuple. Au milieu de tous les papiers dont étaient inondés les quatre-vingt-troisdépartements, et où les bons citoyens ne trouvaient que la passion, l'esprit de parti,

(1) Michelet (Histoire de la Rétolution, t. lY, p. 348). Le Moniteur met dans la bouche de Sergent la vive dénégation qui accueillit TaBsertion de Vergniaud; xoaif c'est bien évidemment une erreur du rédacteur. Il est d'ailleurs fort probable qa« Sergent, membre du comité de surveillance qui siégeait alors en permanence, non à l'Hôtel-de-Ville, mais à la mairie, n'assistait pas à la séance du conseil génértl. Si M. Micbelet, au lieu de s'en tenir à la version du Moniteur, eût pris la peine à» consulter le Journal des débats et des décrets de la Conventiony rédigé égidement dans qb esprit tout girondin, il y • aurait lu : « Robespierre se lève et dit : Cela est faux • (numéro 7, p. 91), et il se fat épargné la faute d'écrire cette phrase inexacte et injuste: « Robespierre ne répondit rien, accepta l'accusation, et garda la tache; il la garde pour l'avenir. » M. Micbelet aurait pu aussi consulter le Recueil des rapporté, opinions et discours prononcés à la tribune nationale^ où se trouve rectifiée l'erreur dn Moniteur. Voyez t. X, p. 49.

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