‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 204 sur 314 · LIVRE rX. — PETIOX REELU MAIRE · texte numérisé non relu

LIVRE rX. — PETIOX REELU MAIRE

i l'faeore, violent et déloyal, on peut le dire. Péticm d^ailleurs, iqoe tout dévoué de coeur aux Girondins, ne s'était pas encore fran* ent déclaré. Quelque temps après cette réélection, Robespierre, t il avait reçu tiéjà tant de marques d'intérêt et d'affection , parlait re de lui avec ék)ge dans son journal, ne se doutant guère qu'à oes joQTS de là, il serait odieusement et lâchement trahi par kn. Mais Pétioo , paratt-il, avait espéré être élu le premier à la Convenpar rassemblée électorale du département de Paris, et son amoure avait cruellement souffert de la nomination de Robespierre. ce Jules^ésar qui aimait mieux être le premier dans une petite e que le second à Rome, il préféra, ayant vu ses espérances se* à Paris, être le représentant de Chartres, où cq)endant il ne fut que le troisième. En laissant les suffrages des électeurs se porter hn pour la place de maire, Pétion ne voulait sans doute qu'un adoument aux blessures de son orgueil ; une fois réâlu, il donna de noua sa démission, afin de rester au poste où l'avaient appelé ses cornt^ d'Eure-et-Loir (1). Ce sera sur le choix de son successeur que porteront tous les efforts des Girondins, et nous verrons une fois de i ce propos, comment oes gens-là entendaient la liberté électo- Ile. i

Depuis l'ouverture de la Convention, Robespierre n'avait guère pris part à des débats étrangers à l'intérêt public. Attaqué , il s'était contenté de se défendre, et Ton sait maintenant par quels moyens odieux >es adversaires avaient essayé de le troubler dans sa justification. Un peu étourdis de leur échec, ils attendaient avec impatience le moment de recommencer l'attaque et, de longue main, ils préparaient leurs batteries.

Impossible de se montrer plus hypocrites. Ces prétendus modérés, <iui reprochaient à 3iiarat ses exagérations^ le dépassaient en fureurs, et, s'il ne fut pas assassiné un peu plus tôt , œ ne fut certes pas leur faute. Le 2ii octobre, Robespierre jeune, indigné, s'éleva énergiquement

0) Toyos la lettre de démission de Pétion dans VEiêtoin parkmtntaire, t. XX, p. 59.

oc ' HISTOIRE DE ROBESPIERRE

aux Jacobins contre leur affreux système, et montra comment les menéeC employées contre c l'intrépide Marat » tendaient tout simplement à le désigner aux poignards des meurtriers. Trop longtemps, dit-il, aux applaudissements de la société, on a temporisé avec ces factieux; ^ if est temps de déployer contre eux une grande énergie, si l'on veutsaiH ver le patriotisme (1). » Jusqu*ici , en effet , le côté que dans TAssen blée on appelait la Montagne restait interdit pour ainsi dire devant le violences de la Gironde. Beaucoup démembres venus des départefflent& où leur bonne foi avait été surprise par les mensonges des feuillei' girondines, étaient comme en suspens, inclinant plutôt du côté de II Gironde, qui avait pour elle le prestige du pouvoir. Il faudra, pour lei arracher de ce parti des intrigants, toute la puissance de la justice et de la vérité.

Mais si chaque jour les Girondins déclamaient, en vociférant, contre, Marat, c'était Robespierre surtout qu'ils eussent voulu abattre ; car,— ik le sentaient bien, — c'était lui le principal obstacle à leur ambition. Cs grand nom si respecté, cette popularité qui, à Paris, résistait à toutei^ leurs attaques, cette réputation intacte enfin, il fallait lui porter un coup mortel, l'ensevelir sous un déluge de calonmies, sinon se résignet avoir un jour ou l'autre tomber de leurs mains ce pouvoir dont ilr étaient si jaloux. Robespierre cependant, comme déjà nous l'avons (fit,; se tenait alors tout à fait à l'écart. Exerçant le droit le plus naturel et le plus légitime, il avait bien, aux Jacobins et dans son journal, pulvérisé le projet de Buzot sur la force départementale, mais il était resté muet à la Convention; et quand, dans la séance du 19 octobre, les députés des^ sections de Paris étaient venus lire une protestation hautaine contre le décret proposé, on ne l'avait pas vu, comme peut-être on s'yatten-^ dait, s'élancer à la tribune pour soutenir les pétitionnaires (2). Il n'avait

(1) Jourtial dt9 débats et de la correspondance... numéro 289. Combien n'est-ilptt triste de lire, dans l'histoire de M. Michelet, des lignes comme céUes-ci : ■ Oo ett vonln obtenir de lui (Robespierre) l*éloge de Marat; il le fit, mais demaniètt à foni^ le désavouer; il le fit par son frère, Robespierre jeune, aux Jacobins. » T. IV, p. 467i

Si ce n*ett toi, c'est donc ton fière:

C'était bien la peine, en vérité, d'avoir, avec tant de vivacité et de raison, wbbattu les doctrines jésuitiques! Quoi! voilà Robespierre responsable de ladéfeDi* toute naturelle, d'ailleurs, de Marat par Robespierre jeune aux Jacobin»! VoQà comment ce grand citoyen, qui ne déguisait guère sa pensée, fit, suivant M. Miebdet» réloge de Marat de manière àjxmvoir le désavouer ? Triste ! triste, vraiment!

(2) M. Michelet dit qu'en revanche, à la section des Piques, Robespierre leur K" corda ce mot : « Qu'on çût dû envoyer, non pas un exemplaire à chaque municipâliw» mais vingt-quatre - (t. IV, p. 467). Nous dirons où M. Michelet a pris cela; mais I« procès- verbaux de la section des Piques (place Vendôme), que nous avons coaflûw*

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