‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 205 sur 314 · UYRB IX. — BRISSOT A TOUS LES REPUBLICAINS DE FRANCE · texte numérisé non relu

UYRB IX. — BRISSOT A TOUS LES REPUBLICAINS DE FRANCE

pris la parole davantage quand , avec une indignation dérisoire,

membres de la faction dominante» se fondant sur Tintérét des con-

uables, avaient fait casser un arrêté du conseil général en vertu

el l'adresse des sections de la capitale devait être imprimée et

yée à toutes les communes de la République aux frais de la muni-

pariaienne. C'était, en vérité, se préoccuper, pour une bien

^ somme, de l'intérêt de ces pauvres contribuables, quand on ne

lit pas à les grever de neuf à dix millions pour cette fameuse

militaire dont on voulait gratifier la Convention nationale. < OCi

fi Soient, pendant ces misérables discussions, les amis du peuple? j»

^"^le rédacteur d'un journal populaire. « Les Danton, les Robes-

- e se sont tus. Tu dors, Brutus (1)! »

,.ais Brutus pouvait se réveiller. Brissot et ses amis résolurent de à Robespierre un coup décisif. Aussi bien le moment leur paraisfayorable. Une masse de fédérés venaient, à leur voix, d'accoudés départements. Ce n'étaient plus ces fédérés d'il y a quelques is, partis au cri de la patrie en danger, et qui déjà refoulaient sur territoire les ennemis de la République. Les nouveaux venus ient que les serviteurs d'une coterie qui masquait misérablement du xte de Tordre public ses haines implacables, a Nous avons appris Dous n'avions plus d'autres ennemis que les agitateurs et les es avides de dictature et de iribunat^ » disaient -ils à la vention (2).

Le jour même où Robespierre jeune dénonçait, aux Jacobins, les uvres tyranniques dont Marat était l'objet de la part d'un certain ibre de membres de la Convention, Brissot lançait dans le public un um intitulé : A tous les républicains de France; sorte de prolestahautaine contre sa radiation de la liste des Jacobins. Il lui avait beaucoup plus commode d'écrire un long pamphlet que d'aller ^pliquer verbalement au sein même de la société. C'était un pendant mémoire publié par lui, l'année précédente, en réponse aux graves lions formulées contre lui par André Chénier et autres écriroyalistes. A celte époque il se prétendait calomnié, lui le grand

>%le plus grand soin, ne disent rien de semblable. Il y a mieux, depuis Touyerture àUConTention nationale, Robespierre ne paraissait guère à sa section; et comme S&avait pas officiellement donné sa démission de commissaire près la commune, il fct décidé daus la séance du 4 novembre qu'on lui écrirait afin quHl eût à déclarer à * Kction s'il entendait ou n^entendait pas continuer ses fonctions de commissaire.

Voyez les registres des procès- verbaux de la section des Piques, aux Archivtt de la néfecture de police.

(1) «woltt/ion* de Paris, numéro 172, p. 199.

H Pétition des fédérés marseiUais. Voyez le Moniteur du 22 octobre 1792.

artiste en calomnie : on Vavait accusé d^avoir présenté dans ses ouvrages la propriété comme le produit du vol ; usant à présent des mêmes armes dont ses ennemis s'étaient servis contre lui Tan passé, et mettant largement à contribution le vocabulaire des étemels défenseurs des vieux abus, il traitait deniveleurs^ de désorganiscUeurs^ les patriotes| séparés de sa ligne. Robespierre avait été complètement étrangler à li{ mesure d'exclusion qui Tavait frappé aux Jacobins; ce fut, malgré celati sur lui que Brissot distilla goutte à goutte tout le fiel dont son cœur! était plein. Avec quel cynisme et quelle impudence il mentait quand, renouvelant une de ses vieilles calomnies, il le montrait d'accord, peo* dant la dernière législature, avec le comité autrichien; quand, sir la foi de son ami Carra, il le représentait comme hésitant aux ap; ^^ ches du 10 aoClt, lui qu'au club de la Réunion il avait proposé de i? ^ décréter d'accusation, pour avoir déclaré l'Assemblée législative inc pable de sauver l'État et provoqué la convocation d*une Convention nationale ; quand enfin il le dépeignait conmie dictant les arrêts da comité de surveillance l II était bien heureux d'avoir à rappeler que, dans la nuit du 2 septembre, Robespierre l'avait accusé de conspirer en faveur du duc de Brunswick. Car c'était là le seul grief sérieux qu'il eût à invoquer contre lui. Mais alors Robespierre était depais longtemps déjà l'objet de ses diatribes quotidiennes, et cette accusaUoB que Maximillen n'avait fait que répéter après d'autres, elle avait soft fondement dans une proposition formelle de Carra, dont la feuille, nous l'avons dit, était complètement inféodée à Brissot (1). Inutile de

(1) On lit dans les Mémoires de Barère : «... Dans le couiant du mois dtJ décembre 1792, je fus abordé à la Convention par an ancien dépnté de rAssemUési législative réélu à la Convention. Il me parla de la peine qu'il épion^t en vofisfe { s'établir une lutte terrible dans ses conséquences entre les Girondins et les Moala- 1 gnards... J*étais, me dit- il, membre de la commission des Onze à TAssemblée I^gù- 1 lative ;- un jour, sortant avec Brissot de la salle de la commission, je Tentendb parler | avec les Girondins de sa correspondance en Angleterre, et ses propos m'étonsèieit { singulièrement quand il s'exprima en faveur du duc d*York avec beaucoup d'intéfft \ et de chaleur. i

c C'est là un fait important, dis-je à mon collègne, et j'aurais bien de la peine i 7 \ croire, si vous, qui avez été avec Brissot à T Assemblée législative, ne me rassorieL ! — > Je ferai plus, je vous récrirai de ma main. » — Et il alla au bureau des lecré- ; taires, oii il écrivit la note ci-jointe qu'il m'apporta.

Copte têxtuttte de la note en question,

« Brissot, Pétion de Villeneuve, Guadetet Jansonet et Rabot de Saint-Étieone. t Le 17 juillet, dans l'escalier de la commission des Onze à TAssemblée légiilim*» : Brissot a dit à ses auociés dans ce moment : • Je vous ferai voir ce soir, dans ma correspondance avec le cabinet de Seirt-

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