‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 227 sur 314 · LIVRE IX. — LA rBEMIÈAE A JfiftOME PETION 52t · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LA rBEMIÈAE A JfiftOME PETION 52t

soo ancien frère d*arines lut décernaU si lestement un brevet de

tronoerie. « Pétion, » dit Chabot, c nous le présente comme peu-

ux pour avoir eu le oourage de dire que le peuple devoit se sauver

*méme^7^). » La r^onse, tout le monde pouvait la faine i Paria,

is au loin la calomnie se propagerait sârement ; on ne demandait pas

tre chase«

Ce que Robef^Menre éprouva à la lecture de Tincroyable panq)Uet, |ONXK-là fieuls peuvent «'eo rendre compte qui ont été victimes d*une trajiîson de ce gemne, et qoi se sont tus abandonnés de ceux dont Os n*auidient pas faé»té à être les défenseurs A Toecasion. Sa douleur fiit proliMMie; mais devant une telle attaque il ne pouvait rester mueL Sa I lépoDse fut à la fois ironique et amicale ; l'ironie prit la place de Tindi- I cation. <r Quelle est, mon cber Pétk>n, rânsiabilité des choses bu- I maines, puisque vous, naguère mon frère d'armes, et le plus paisible de Cous les hommes, vous vous «Lédarez subitement le plus ardent de I mes acousateurs? • Bîtous avons dit aifieurs comment, en mettant toujours la question des principes ao-destus de celle des personnes, il lébita Pélion en tout ce qiii ooncerBaàt leur participation commune aux choses de la Révolution ; passons. Quant à cette prétention de l'avoir ws^L^ lui Robes|âerpe, c'était en vérité tnop dàisoire. « Pourquoi, > lut demanda-t-îL, « vous éies-vous plutôt attaché à ma destinée que moi à la vôtre?. .. Mais je suppose que vous nous avez tous sauvés, ce rare hvsEtfait vous donnerok-^ le droit de nous détruire, et même de calomnier «Q seuliodividu? Le plus vil insecte se révolte contre l'homme qui vait récraeer, et moi, contre Jérôme Pédon, tant en mon nom qu'au nom de tous les bons citoyens à qui il dédare la guerre. Quel moment avez-iK)U6 dioisi pour les attaquer? ie veoois de remporter sur la cfr^ iomnie une vîctoine, facile, i la vérité, et dont j'étois loin de m'enor* fueiUir« Vous étiez venu à la sourdine, anné de pied en a^; mais la rapidité du combat ne vous avott pas pemas de tirer l'épée ; et au mo*ttent où je nae retirois paisiblenieat du champ de bataille, vous éle& venu nae frapper par derrière. » fit ce discours que les directeurs de la cooscience politiipie de Pétion l'avaient engagé à publier pour reaetlre à flU le parti cruellement aampranais par un si honteux échec, il était distribué à tons les corps adsiinislRatifs, à tontes les municipalités de la République, aux curés, aux ecclésiastiques (2). « Le vertueux

(1) Jmmaà Jtr 4£bmt «< d» I» uw i wfmlwmm^ «ÉCi-aamèro 2t7.

||| Teoi ki jonanuc ■ iimIm à fefwtton At Ia Giimide s'mnpreMènnt de veprodaive kiîMii de Pétioii, mvee Titfche à la MÛta ^pe lUknd n^eat pas honte de faire pla* fvdar te» lee mes. Yograz le ifenlfimr du 10 nowan^MW ITfe, le PairioU frmnçoiM éa 18 novembre (naraéro 1196), UCmtrrétr^kt^uaêrê^vingMrûit deporfMneyit, wméro dn

Roland devroit bien dire contidemment au comité des finances com* bien ce nouvel envoi coûte à la République. » Ainsi attaqué avec des armes aussi inégales par un nouvel adversaire qui comptait sur le poids de son nom pour donner à ses assertions Tautorité d'une preuve démonstrative, Robespierre ajoutait : « Me voilà, sans retour, déclaré at* teint et convaincu au tribunal des quatre-vingt-trois départemens, de tous les ridicules et de tous les vices que vous m'imputez. » Et Ton avait fait passer en loi, — loi singulière, invoquée encore aujourd'hui* — qu'il ne pourrait repousser les calomnies de ses adversaires, sans être par cela seul taxé d'une excessive vanité. < Permettez du moins un seul mot de réponse à l'abus que vous faites de cet étrange privilège. Car en vérité, il est trop absurde que vous vous arrogiez celui de m'accuser hautement de lâcheté, de faire afficher que vous m'avez va tremblant. Et quand! au temps même où La Fayette proscrivoit les patriotes ; le jour où, avec trente personnes, du nombre desquelles vous n'étiez pas, je restai aux Jacobins, environné de ses satellites, tandis que le sang des patriotes qu'il venoit de répandre ruisseloit encore ; dans ce tems où je m'obstinois à défendre cette constitution, tutéiaire de la liberté, contre la faction redoutable qui dominoit l'Assemblée constituante. Ils trembloient donc, à votre avis, tous ceux qui la dénonçoient, au milieu de ses coupables excès, et qui ne cessèrent un instant de combattre pour les droits du peuple qu'elle avoit proscrits? • Quant à la série d'épithètes injurieuses dont l'avait gratifié son ancien ami, Robespierre en faisait bon marché; mais, accusé de flatterie peuple, il ne pouvait s'empêcher de rappeler à Pétion que lui aussi on l'avait placé au rang des flatteurs du peuple. Il se consolait du reste en pensant que le véritable homme d'État semait dans un siècle pour recueillir dans l'autre. Lisez l'histoire, disait-il à Pétion, et vous verrez que les bienfaiteurs de l'humanité en furent les martyrs. Il lui montrait alors Agis condamné par les éphores, Caton déchirant ses entrailles, le fils de Marie expirant sous les coups de la tyrannie, Socrate buvant la ciguë, et Sydney moiœant sur un échafaud. A cet ancien ami, auquel il s'était toujours montré dévoué, et qui maintenant à la face du pays entier venait lui reprocher si injustement un caractère sombre et bilieux, il répondait encore : « J'avoue mes tortç ; et quoiqu'au dire

10 novembre, — ce dernier trouve même que Pétion avait jeté un voile officieux snr certains faits (miméro du 13) ; que voulait-il donc de plus ? — la Chronique de P^rit. numéros du 10 et du 11 novembre. On se demande en vérité comment Robespierre ne succomba pas tout de suite sous une telle coalition. Voyez sur le Discours de Pétion un très-remarquable article des Révolutions dé Parii, numéro 175, p 319. Il est à noter que ce journal était loin d'être favorable à Robespierre.

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