‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 233 sur 314 · UVRE IX. — DES PAPIERS PUBLICS · texte numérisé non relu

UVRE IX. — DES PAPIERS PUBLICS

(ers, tantôt celJe de Châlons-snr-Msnrne (1), tantôt œlle de Chàtellenait(2), qui rédamaient l'expulsion de Marat et de Robespierre. La société mère finît par prendre Talarme. Il est bien étonnant que l'on confonde toujours ces deux noms, s'écria Robert dans la séance du 23 décembre. Ceia prouvait, selon lui, combien était corrompu l'esprit public dans les départements. Puis, après avoir établi un parallèle entre Texagératioh de Marat, au patriotisme duquel il rendait d'ailleurs justice, et la sagesse de Robespierre, toujours si réservé dans ses Daoyens d'exécution, il ajoutait : « Il est temps, citoyens, de déchirer le voile qm cache la vérité aux yeux des départemens; il est temps qu'ils sachent que nous savons distinguer Robespierre de Marat. » Bourdon yînt ensuite. Depuis longtemps, dit-il, on aurait dû renseigner les sociétés affiliées, et il pdgnit Robespierre comme un citoyen modéré dans ses moyens, comme un homme auquel, depuis le commencement de la Révolution, on n'avait aucun reproche à faire. La société arrêta enfin l'envoi d'une adresse à tous les départements, afin d'édifier complètement les diverses sociétés, trompées par les manœuvres girondines, sur les points de rapport et les dissemblances profondes existant entre les deux patriotes dont Roland et ses amis associaient les noms avec tant de perfidie (3).

De tels procédés n'étaient pas sans amener contre les Girondins des récriminations violentes, et cela était tout naturel. On reprocha amèrement à Roland d'avoir dérobé au contrôle de la nation les pièces trouvées dans Tarmoire de fer, et dont il s'était réservé l'examen* Chasles demanda que le comité de sûreté générale tint registre des crimes du nmâstre de l'intérieur (4), et qu'une souscription fût ouverte dans le sein de la société des Jacobins pour la propagation des lumières (5). Anarcharsis Cloots, de son côté, lançait son fameux pamphlet antigi- Tondin Ni Roland ni Marat (6). Mais tout cela était bien peu de

^ BAespierre est à ira, Tintrigae est bien démasquée... Oui, Jacobins, nous Toyons •▼ee douleur qne rooM oalommes lei Brissot, les Gnadet, les Vergnisad, et toos les plui zélés défenseurs du peuple... Par quelle fatalité se ikit-il que vous continuiez à prodiguer votre encens à un homme couvert du mépris public, au prétendu incorrt«p- ^if Kobespiene ! » Adresse de la société de Châlons*8ur-Mame^ citée par le Po- ''^A froffiçoM, miméro 1192. On sent bien que le baream de rédaction était «a xninist^e de l'intérieur.

[Ij Journal des débats et de la correspondance,,», numéro 298.

(2) /fttd., numéro 321.

{^ /Md., zraméro 325.

(^ /ftid., numéro 905.

(5) Jbid., numéro 317.

(6) Les Girondins, qui se gênaient si peu pour empoisonner la France entière d'inf^s diatribes contre leurs adversaires, poussèrent les hauts cris. « Clootzle Prussien * Publié une infôme diatribe sous le titre Ni Mwrat ni Roland. » Et Kersaint, aux

chose à opposer aux immenses ressources dont disposaient les amis de Brissot. « Us ont accaparé les folliculaires accrédités, » écrivait Robespierre ; a ils ont multiplié les libelles sous toutes les formes ; ils n'ont pas cessé un instant de se préconiser eux-mêmes et de dififamer tous les citoyens qui ne vouloient connoître d*autre parti que celui de l'intérêt public. Ils se sont emparés du ministère des contributions publiqueSf de la poste et du ministère de l'intérieur, c'est-à-dire à peu près de toute la puissance royale. Le ministre qui règne sous ce titre a fait plus de libelles que d'actes de gouvernement; il a dépensé en affiches calomnieuses des trésors qui auroient suffi pouc nourrir cent mille familles indigentes. Ses rapports à la Convention nationale, ses proclamations ne sont que des pamphlets diffamatoires. Les corps administratifs, les corps municipaux, sont devenus les ministres de ses haines personnelles et les colporteurs de ses libelles. Il n'est pas un département, pas une ville, pas un hameau qui n'ait été infecté de ses calomnies distribuées partout aux frais de la nation (1). »

Est-ce que par hasard Robespierre exagérait en s'exprimant ainsi! Eh bien ! demandons à Roland lui-même la preuve de la vérité de ces paroles. Parmi les innombrables communes de France à qui le ministre de rintérieur distribuait si généreusement la manne girondine» une seule avait été laissée de côté, non pas une commune de médiocre importance, mais une des grandes communes de France, celle d'Arras. Les complices de Roland dans ce pptit travail d'infamie, je veux dire les secrétaires chargés du choix et de l'envoi des libelles, avaient sans doute pensé qu'il était difficile d'attaquer si grossièrement la réputation de Robespierre dans sa propre patrie, et ils avaient jugé convenable, depuis les premiers jours d'octobre, de priver la commune d'Arras des munificences ministérielles. Au bout de deux mois et plus, les représentants de cette commune réclamèrent; et de sa propre main, Roland répondit pour s'excuser de la négligence de ses secrétaires, «c Mon zèle pour la propagation de l'esprit public doit vous être connu, et vous ne pouvez ignorer les moyens que j'ai adoptés pour donner à cette partie de ma sollicitude civique toute l'activité et l'efficacité qu'elle sollicite. C'est à cette fin que je corresponds avec un grand nombre d'excellens citoyens qui, de tous les points de la Repu-

Jacobins, s'écria : « Clootz est un fou méchant que vous devez bannir de votre sem, car ses procédés envers Brissot, Guadet, Buzot et moi, ses coUègues à la Convention et dans le comité diplomatique, vous avertissent que cet ami du genre humain est insociable, et que ce philosophe n'est qu'un intrigant. • PtUriote françois, numéro» 1198 et 1200.

(1) Lettres de M. Robespierre à set commettant (p. 242 à 248, numéro 6*; article intitulé : Des jMipiers publics.

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