LIVRE X. GOMPARUimi 0R LOUIS XVI A LA BARRE
WMîxe de Paris à ne point présenter cette pétitioD. t Tatleste ma pagine, » s'écmlfenQaâienen teramiaiity € qns j'ai dit une vérité utile au repos public» Je rends le cœur dèabtUBaies impartiaux d^Msitaire de mes inteacions... Je demande qu'on fasse taire toutes les passions, et qu'on examine cette questiOB avec toute la maturité qu'elle enge(t). » Interrompu de neuvesu par de bruyants murmure», il ne pot achever ses eoqplications, et, de guerre ksse, il quitta la tribune.
De tout ceci» il résuitnt en somme que l'idée des proscriptions inutiles était encore uitipatfaique à la population parisienne, et que Bo«* bespierre avait été son organe fidèle en disant à ses advereaires ^' c Je voterai volontiers avec vous pour Texil des Capet, mais garantisse^moi que os sera Ikle denaier acte de proscription. » Introduit sur la demande de Pétion, le maire de Paris se défenAt d'avoir en aucune façon provoqué la pétiticm; seulement il n'avait pas cru devoir se fs* (user à se mettre à la télé de la députation (2). L'Assemblée se dédlrra satisfiMie ; toutefois die se rendit en partie au vœu des sections en rapportait soi» décret du dimanche 1& décembre, et en décidant qu^elle ne statuerait. sur le soil db la fmiOe des Bourbon qu'après le jogCK ment de Louis XVL
Cependant le procès du roi s'instruisait* L'exrraonarque avait corn*paru le 11 décembre à la barre de la Convention, où il s'était montré assez peu digne de lui-même, en déniant sa signature apposée au bas des pièces qu'on lui présentait et en prétendant cfi'il n'avait aucune connaissance de l'armoire de fer. Ces mensonges inutiles, inexplicables, ne contribuèrent pas peu à jeter sur sa personne une défaveur marquée. Le surlendemain, dans la séance du soir,.une dépvlation du coo^
(1| ¥078» le Jfomânir du 21 décembre et le Journal du débats H âtt décret» (im* méro 92, p. 335) combÎDés, en observant que ces deux joomaiix étaient alors rédige, Ton et I*autre, avec la plus déplorable partialité, dans un sens tout girondin. Le Journal dêë débaU twadt LonTet pour rédacteur.
(2) Admirez maintenant la bonne foi du journal de Brissot : « Pétion demande que le maire de Paris soit admis, et cela est décrété, malgré Robespierre et son parti. > Or, Robespierre n^avait pas dit un mot du maire de Paris. La pétition n'émanait paa du conseil général de la commiuie, mais bien des sections parisiennes. A quel titre le maire s'était- il mis à la tête de leurs commissaires ? 11 y eut évidemment Ui-desseusune intrigue dont le mot est resté caché. Voyez à cet égard les réflexions fort justes des auteim de VIHstmre partementaire^ t. XXI, p. 399 et 408.
seil général de la commune vint soumettre à la Convention un arrêté concernant les mesures prises pour assurer le dépôt de la famille royale dont la garde lui avait été confiée. Quelques dispositions trop minutieuses à Tégard des conseils de Louis excitèrent de vives réclamations; on demanda l'annulation de cet arrêté. Robespierre défendit la commune en se fondant sur ce qu'ayant la garde de l'accusé, elle était seule juge de l'opportunité des mesures à prendre, et il conclut à Tordre du jour pur et simple sur l'arrêté du conseil général. L'Assemblée, en effet, passa à l'ordre du jour, mais en le motivant sur un décret de la veille qui ordonnait que les conseils de Taccusé communiqueraient librement avec lui (1).
Qu'il y eût un parti décidé à tenter de grands efforts pour sauver le roi, cela n'est pas douteux, et les éternelles déclamations des Girondins contre Paris donnaient à croire qu'eux-mêmes n'étaient pas étrangers à ce parti. Comme on Ta vu, on les accusait de vouloir exciter des mouvements tumultueux dans la capitale pour les attribuer aux patriotes, afin de fournir à l'Assemblée un prétexte d'aller s'établir ailleurs. Tel était, aux yeux de Robespierre, le but des amis de Brissot; aussi ne cessait-il de recommander au peuple de rester calme et de conserver sa dignité. Louis XVI devait comparaître pour la seconde fois devant la Convention le mercredi 26 décembre. Si ce jour-là le roi n'est pas encore condamné, disait Robespierre aux Jacobins dans la séance du 23, il faudra regarder comme suspect quiconque parlera de lui donner la mort, et ne point s'opposer au délai qu'on pourrait demander. Suivant Albite et Jean-Bon Saint-André, Louis XVI devait être entendu et jugé dans la même séance ; mais, d'après Robespierre, la Urce des patriotes était dans leur patience. Si l'on demeurait tranquille, il ne donnait pas deux mois aux intrigants de la Gironde pour être forcés de s'enfuir et d'aller chercher un refuge en Angleterre, a Voilà le terme de leurs complots ; » disait-il, « mais soyons calmes et ne faisons aucun mouvement qui causerait la joie de nos ennemis (2). » Deux mois I Plût à Dieu que la prédiction de Robespierre se fût de Qoint en point accomplie. La Convention eût été délivrée plus tôt d'une faction qui jetait à chaque instant dans son sein le trouble et le désordre, et nous n'aurions peut-être pas à regretter la mort violente de quelques ïiommes d'un grand talent et d'un grand cœur.
(1) Moniteur du 16 décembre 1792. Robespierre n'avait rien dit à la Conventioii qnand il s'était agi de donner des défenseurs à Louis XVI; maîsi dans son journal, il se moqua des députés qui, comme Pétion, voulaient lui accorder un nombre illi' mité de conseils. {Lettrei à iu commettaM^ n. 9., à Tart. Convention.)
(2) Journal d«t débats et de la correspondance de la Société des Jacobins j numéro 325.