‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 269 sur 314 · LIVRE X. — D£€iABATION Dfi GfiiUUIE A l'ANGLETERBE · texte numérisé non relu

LIVRE X. — D£€iABATION Dfi GfiiUUIE A l'ANGLETERBE

ture et la liberté, aînoa oa livrait le paya à la giuerre i^vâe ti à Taïuffcbie (1).

Ces. observations avaieot à peine paru que» poussée à bout par les provocations de Pitt» la Convention nationale déclarait solennelleinent la guerre au gouYerneœent anglais (séance- du 1*' février 1793). Ce surcroit d'embarras pour la République inspira à Robespierre des r6flexicAs nouvelles. Comparant le peuple français à Hercule» qui, pour atteindre ses glorieuses destinées, fut forcé de dompter tous les moogh très par des travaux supérieurs aux forces humaines, il ne doutait pas que ses concitoyens n'élevassent leur caractère et leur énergie à la hauteur des circonstances. Un des moyens les plus pr(^es, selon lui» à assurer notre triomphe, c'était de donner aux peuples étrangets une idée exacte de nos principes, afin qu'ils ne partageassent pas l'animosité de leurs tyrans contre la Révolution. « Le cabinet de liOiMkes, » disait-U avec raison, « est le centre de toutes les intrigues qui remuent TEurope contre nous et qui agitent la France elle-même. » Il n eût pas osé sans doute se conduire de la sorte si le peuple anglais eût été parlaitement éclairé sur les principes de notre Ré volutioo» si l'on ne.hii en eût pas présenté sous un faux jour les principaux événements. Notre devoir» celui du conseil exécutif, était donc de propager la lumière paroai les peuples étrangers. Mais jusqu a présent qu'avait-on fait pour réidîser cette utile mesure? Ne trouvait-on pas dans la plupart des papiers soudoyés par le ministère anglais le style. des journaux d'un certain parti? Et ici Robespierre avail beau jeu contre ses adversaires de la Gironde. N'était-ce pas eux qui avaient accumulé calomnies sur calomnies contre les plus dévoués patriotes» et présenté Paris, ce berceau de la RévoiuticHi, comme le séjour du crime et le doo&aine de brigands et d'assassins, c Quels moyens, » s'écriait-il, « de rendre la République naissante respectable aux yeux des peuples que de flétrir son berceau par les idées de sang, d'assassinats» de troubles et de factions ! )> Et,— fâcheuse coïncidence» ^- à qui s'adressaient les éloges de ces ministres et de ces membres du parlement anglais si acharnés contre notre Béyobktioa? à Roland et aux représentants perfides qui» de concert avec lui, inondaient ia République de libelles difCamatoires.

11 s'agissait donc de réparer le mal. Un des remèdes les plus efficaces était, à son avis,» de traduire dans la langue des différents pays et de publier au plus vite des écrits dictés par l'amour de la patrie et de rhumanité» exempts de toute influence d'esprit de parti. Puia^ songeant

(1) Lettres de M, Bobespierr« à ses eùtnmetians, 2* série, ntrméro 4, p. 196 à 204. C6t «rtiole a été reproduit dânslat OEwtreê pnUiéei par Lapotmenye, t. III, p. 905.

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au triste spectacle qu'avait d^h donné au monde la Ckmvention nalio* nale par ses divisions intestines, il engageait l'Assemblée à se souvenir qa*elle délibérait en présence de l'univers; et fidèle à ses principes de modération, il invitait ses collègues à se tenir en garde contre les écarts même du zèle le plus sincère. Cela l'amenait à conseiller à ses concitoyens le respect de certains préjugés religieux chez des peuples étrangers, moins avancés que nous sous le rapport philosophique, mais tout disposés à ouvrir les bras à la Révolution. Au reste, rien de facile, suivant lui, comme d'attirer à nous ces mêmes peuples chez lesquels nous étions obligés de porter la guerre. Et ici quels conseils pleins de sagesse, avoués par la saine politique, tombaient de la plume de ce grand méconnu. Déjà par son manifeste du 15 décembre 1792, à Tauteur de laquelle Robespierre rendait un éclatant hommage, la Convention nationale avait déclaré que la République ne faisait pas la guerre aux peuples opprimés, mais aux gouvernements oppresseurs. Eh bien! le moment était venu de mettre en pratique cette belle oaaxime. 11 fallait surtout se garder de blesser l'orgueil et les préjugés nationaux de ces peuples, et leur offrir, en leur garantissant l'exercice de leur souveraineté, le droit de se donner librement une constitution. Au contraire, en violant ce principe, on risquait de se les aliéner, de fortifier le parti aristocratique, et de ménager à leurs gouvernements mêmes des ressources dans leur propre mécontentement.

Les événements de 1813 sont là pour nous apprendre combien Robespierre voyait juste. « On peut aider la liberté, » disait-il encore avec raison, a jamais la fonder par l'emploi d'une .force étrangère. » Car, pensait-il , ceux qui veulent donner des lois les armes à la main, passeront toujours pour des conquérants et des étrangers, t le n'aime pas les missionnaires armés, » avait-il dit l'année précédente dans un de ses grands discours sur la question de la guerre. Donc, après avoir proclamé chez les peuples étrangers la souveraineté des nations et la Déclaration des droits, on devait les laisser régler euxmêmes la forme de leurs gouvernements, et interdire sévèrementànos généraux et à nos armées de s'inmiiscer dans leurs affaires publiques. C'était là l'unique moyen de ne point décréditer le nom français, et fl était plus que jamais urgent de l'appliquer au moment où l'on allait envahir la Hollande et tirer l'épée contre l'Angleterre/

Précisément se trouvaient à Paris, en ce moment, des délégués du peuple batave. Us avaient donné lecture aux Jacobins d'une adresse où étaient éloquemment dépeintes la situation et les espérances des Hollandais^ lesquels réclamaient l'intervention de la France pour se délivrer du stathouder, leur tyran ; à quoi le président des Jacobins

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