‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 272 sur 314 · LIVRE X. — TROVELES DU MOIS HE FEVRIER · texte numérisé non relu

LIVRE X. — TROVELES DU MOIS HE FEVRIER

tice et dans la gloire d'avoir opéré desprodigesdestînésàchanger laface du monde (1). Maia» inutiles conseils! je ne sais quelle sombre famité semblait pousser la Révolution jusque dans ses derniers retranchements et ne lui oRirir d'autre moyen de salut qu*un désespoir terrible.

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L'émotion causée par la pétition relative aux subsistances était dissipée, on le croyait du moins, quand une fermentation extraordinaire se produisit tout à coup. Dans la journée du lundi 25 février, des bandes de femmes, auxquelles s'étaient réunis un certain nombre d'hommes, envahirent les boutiques d'épiciers, et se firent délivrer le sucre, le café, le savon au-dessous du cours. Parmi les fauteurs de ces attroupements, on remarqua des domestiques d'aristocrates connus et des émigrés même, qui, sous le costume populaire, excitaient aux désordres. On en arrêta plusieurs dont l'identité fut reconnue (2). Ainsi rémigration et l'étranger étaient complices de ces troubles. On enten^ dait dans les groupes des orateurs déclamer contre la Révolution et attribuer la misère publique à la mort de Louis XVI. Aux abords de la Convention nationale, on arrêta un nommé Lescombiez, signalé pour avoir trempé à Ntmes dans une conspiration royaliste. Et, — chose Âgne de remarque, — les pillards s'en prirent de préférence aux boutiques des marchands réputés patriotes ; les gros magasins des accapareurs furent généralement respectés. Au reste, si quelques hommes se laissèrent égarer par des suggestions perfides, la majeure partie du peuple demeura étrangère à ce mouvement. Aucun marchand ne fut inquiété dans le faubourg Saint*Marceau, et des femmes, venues de quartiers éloignés, essayèrent en vain de soulever « les bons et vigoureux » habitants du faubourg Saint-Antoine. Ce qui fit dire à Robespierre : « Le peuple de Paris sait foudroyer les tyrans ; mais il ne visite point les épiciers. Le peuple de Paris, uni aux fédérés des quatre-vingt-trois

(1) Voyez cette adreue dans les />llrMd« M. RobitpierrBà tucommêtiana^ numéro 6, 2« «érie^p. 295à306. Elle est signée de Maxim ilien llobespierre, Collot*d*Herl>oi8f Billaud- Varenne, Camille Desmoolins, Marat, Lavicomterie, Legendre, Bafifron duTronillet, ^•ais, Robert,. Fréron, Fabre d'Êglantine, Bean^ais, Robeipîarre jeane, David, Boncber Saint-Sauveur, Lnignelot, L.-P. Égalité. On remarquera que le vieux Dnaaolz, passé dès lors dans le camp de la Gironde, s*était abstenu.

(2) Sur ces jourtiées des 24 et 25 février 1793, voyez les R^votud'ons de Parût numéro 190.

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départemens, a renversé le trdtie ; il avoit renversé la Bastffie deux ans auparavam ; mais fl n'a point assiégé les comptoirs de la me dea^ Lombards (1 ). »

Les adversaires du parti démocratique ne manquèrent pas d'attribuer aux hommes de la Montagne les désordres dont Paris venait d*ètre le théâtre, et quelques lignes malencontreuses de TÂmi du peuple fournirent à point nonuné un texte excellent à leurs accusations. Avec cette intempérance de langage qui, plus d'une fois, avait contristé Robespierre et d'autres patriotes, Marat avait écrit dans son journal, la veille même du pillage des boutiques d'épiciers : « Dans tout pays où les^ droits du penpàe ne soizt pas de vnins titres, consignés fasUieiisenent dans une âiHq)leDiéclBratien, le piUage de quelques magasios, à la porte desqaels Dn HBfendrrât les accapareurs, mettroit fin aux malversa* tîQos (2). » Pair bonheur, on ne pendit personne. Mais cette phrase maibeiireuse éb Marat -donna lieu aox Girondins et en parlicâlier » Bozot de recommencer leurs récriminations. Neos avons àé^ n^K aamment pniuvé cainbien Robespierre était opposé à ces iBOnvcmeiitR populaires, CKploîtés avec tant de perfidie par les ennemis de Ja Révf>^ hrtiosi. Dans presque chacun des numéros de son Jounud, dont la modération contraflfte singulièrement avec Temportement de la plupart des a«etres feuiUes publiques, il consetlie au pea^de le calme, cetle force de la raison, et emploie toute son éloquence pour le mettre eo garde oaoftre les menées de ces intrigante et de ces ànigrés qui, rentrés au mépris des lois, dans le sein de k patrie, cherchaient à exciter dans Paris de petites émeutes pour trouver de nouveaux prétextes de^oalom* nier la liberté et pour en dégoûter les peuples* Mais, s'écriaitMaziimUeii plein de confiance, c ils ne changeront pas les destinées de TËiirope et n'arrêteront pas le torrent qui doit renverser les trônes-des tyrans (3), »

Le 27 février, il parut à la tribune des Jacobins. Un membre de la société, Desfieux,'Penait d'annoncer que la majorité des sociétés affîliéea demandait le rappel des députés infidèles à la omise du peiqde. En dSet, depuis le jugement de Louis XVI, un étrange revirement d'opimon s'était opéré «dans un certain nomlH*e de départements à Tégû^

(1) Adresse des Jacobins aux sociétés affiliées. Voy. Lettres de M, Bobespiem d se^ commettante, xmmérD 6 de la fi« série, p. 396.

(2) J&vmal de la Hépublique françoiee^ numéro du 24 février 1793. Lecture de l'ar* ticle de Marat fut donnée par Péniëres à la Convention dam la séance du 26ftTrier. VoyoE le compte vendu de cette «éanoe dans VSittoire parlttMnêaire^, t. XXIV, p. 354 ot suiv.

(3) Lettres de M. Bobetpierre à ses commettant, 2^ série, numéro 7. Voyearcrtiele mtîtuïé : Sur la sitvaiion dee (Sffàires publiques, p. 331 à 340. Cet article a été reproduit les OEuvret publiés par Laponneraye, t. III, p. 269.

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