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impunément la vertu républicaine; mais il n'y arait pas h songer pour le moment à punir de pareils crimes. Seulement, il étaiturgent déporter partout la lumière et de propager, au moyen de sacrifices individuels, des écrits capables de ranimer le patriotisme des Lyonnais, des Marseillais et de tous les citoyens des départements. En conséquence, et sur sa proposition, la société avait chargé son comité de correspondance de prendre les mesures les plus convenables et les plus promptes pour former une étroite alliance entre toutes les sociétés populaires et éclairer les départements sur Tabominable système d'intrigues et de cahlomnies à l'aide duquel une faction puissante était parvenue à jeter le trouble au sein de la République et à diviser les patriotes (1).
C'était là certes quelque chose de parfaitement légal, un moyen de défense très-légitime, et Robespierre, on Ta vu, s'était bien gardé de prêcher Tinsurrection contre une partie de la Convention nationale. Mais le ripublicain Brissot' n'était pas homme à supporter la discussion, et pour se venger de la juste défaveur désormais attachée à son nom, il calomnia de plus belle. Dans son journal du 9 mars, il écrivit que Robespierre avait parlé en véritable Mazaniello à la section Bonne- Nouvelle et engagé le peuple à se lever contre ce qu'il appelait les intrigants et les modérés. Enfin, à en croire la feuille girondine, le sens des paroles de l'orateur aurait été si bien saisi qu'un canonnier qui raccompagnait aurait fait la motion d'égorger les signataires de la pétition des huit mille et des vingt mille. Une indignation générale aurait éclaté, et le canonnier ayant été blessé au milieu du tumulte, Robespierre aurait prononcé l'éloge de cet excellent citoyen (2).
Eh bien ! tout cela était un tissu d'odieux mensonges. Heureusement le procès- verbal de la section Bonne-Nouvelle pour la séance du 8 mars existe; nous l'avons sous lesyeux, et la simple lecture de ce document donne la mesure exacte du cynisme avec lequel Brissot et Girey-Dupré ne craignaient pas d'en imposer au public. Nous citons textuellement : « Une députation de la Convention se présente et est introduite dans le sein de l'assemblée. Billaud-Varenne et Robespierre, membres de cette députation, exposent les dangers de la patrie, le péril imminent où se trouvent nos frères de la Belgique et les prompts secours qu'il est instant de leur porter; ils invitent, au nom de la liberté menacée par tous les tyrans, au nom de la chose publique en danger, ils conjurent tous les citoyens de se lever, de s'armer et de voler au secours de la République et de nos frères les Belges. Ils jurent, de leur côté, de terras-
(1) Voyez le Journal des débals et de ia correepondanee de la Société des Jacobins, rniméros 362 et 363.
(2) PairioU français, nomérb 1306.
ser les ennemis du dedans, de veiller aux intérêts des défenseurs de la patrie, de pourvoir aux besoins des parens de ceux qui vont se sacrifier pour la liberté et de s'exposer plutôt à la mort que de souffrir qu'il soit porté atteinte aux droits du peuple. L'assemblée générale partage tous leurs sentimens, et le président répond en son nom a la députation que la section de Bonne-Nouvelle, toujours animée du plus pur patriotisme, n'a cessé de s'occuper des mesures à prendre pour fournir son contingent, et qu'ellp va se presser d'employer tous les moyens en son pouvoir pour répondre aux nouveaux efforts que la patrie attend de ses enfans. » Ainsi, de ce prétendu appel de Robespierre contre les intrigants et les modérés, pas un mot. Mais est-il davantage question du « canonnier qui Taccompagnoit? » nullement. Après que le président eut répondu aux commissaires conventionnels, un citoyen de la section, nommé Poirier, fit une proposition qui, mal accueillie, souleva un violent tumulte. Obligé de quitter la salle, il fut blessé en se retirant, et rentra aussitôt afin de se plaindre des violences exercées contre sa personne parce qu'il avait énoncé une opinion, blâmable sans doute, dit-il, mais dont l'assemblée seule pouvait le punir. Le tumulte ayant redoublé à ces mots, un commissaire de la Convention, — le procès-verbal ne dit pas si c'est Robespierre, Billaud-Varenne ou quelque autre, — prit la parole, parvint à obtenir le silence, et invita les citoyens, au nom de la chose publique, à faire régner la paix et à s'occuper uniquement des moyens de repousser l'ennemi. Puis, la députation se retira au milieu des applaudissements. Quant au citoyen blessé, il fut invité, à déposer sa plainte sur le bureau, et l'assemblée renvoya l'affaire au tribunal criminel de l'arrondissement pour qu'il pût sévir contre les coupables.
Était-il possible de mentir avec plus d'impudence et d'effronterie que le Patriote françoist Et y a-t-il assez de mépris pour les hommes capables de telles manœuvres? Dira-t-on que Brissot et Girey-Dupré ont été trompés eux-mêmes par quelque imposteur? Il leur était bien facile d'envoyer aux renseignements à la section Bonne-Nouvelle. La vérité était consignée dans le procès-verbal. Mais qui donc s'imaginerait d'aller consulter le procès-verbal d'une section? personne. Us le savaient parfaitement, et ils savaient aussi que la ,calomnie, colportée par leur feuille, se répandrait sûrement dans toute la République, sans qu'il fût possible à Robespierre de la combattre (1).
(1) Les auteurs de V Histoire parlementaire ont reproduit, m extenso, le procës-verba de la section Bonne-Nouvelle, ainsi que l'article an Patriote français, t. XXV, p. 26 et 29.
Il est assez extraordinaire que M. Michelet, qui invoque souvent le témoignago