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Tellemeiit violentes étarieirt les passions que , dans la séance de nuit^ du lendemain, Vergniaud proposa à la Convention de déclarer complice de Dumouriez quiconque ferait perdre le temps de l'Assemblée, et si celte motion insensée ne fut pas adoptée, elle n'en fut pas moins cou-^ verte d'apj4an*s8ements (2).
Le comité de défense récemment réorganisé sous le nom de commission de Salut public, et composé de membres entre lesquels tonte entente était devenue impossible, se trouvait, comme venait de le démontrer Robespierre, dans l'impuissance de dffiger l'action gouvernementale et de sauver le pays. Tout le monde le sentait. Le mercredi soir 3 avril, Isnard etCambon avaient proposé au sein de ce comité une not*velle organisation du pouvoir exécutif (3). Ce fut ce projet que le Girondin Isnard vint soumettre à la Convention dans la séance du 6 avril, et qui « fut adopté, avec quelques modifications, par l'Assemblée. Un comité de Salut public, formé de neuf membres de la Convention, renouvelables de
(1) Voyez le Moniteur dn (> avril 1792.
(2) IbUt, du 7 avril 1792. .
(3) Registre des procês-verLaux et arrêtés du comit»' de Salut public. Archives i13y. A G. 70.
mois en mois, était chargé de surveiller et d'accélérer Taction du conseil exécutif, dont il lui était permis de suspendre les arrêtés, à la condition d'en informer sans délai la Convention nationale. Investi du droit de prendre dans les circonstances urgentes des mesures de défense générale extérieure et intérieure, il devait adresser chaque semaine à l'Assemblée un rapport écrit de ses opérations et delà situation de la République, et tenir registre de ses délibérations. Ainsi fut créé le grand comité de Salut public, qui eut pour mission de sauver la France et dont le souvenir frappe encore de terreur aujourd'hui tous les partisans de la royauté.
Les premiers membres de ce comité furent Barère, Delmas, Bréard, Cambon, Danton, Guyton-Morveau, Treilhard, Delacrobc et Robert Lindet, nommé à la place de Jean Debry non acceptant. Pour que Robes^ pierre y entrât tout d'abord, l'influence girondine était encore trop grande sur la Convention ; il n'en deviendra membre qu'au mois de juillet suivant. Telle était alors l'exaspération des Girondins contre lui, qu'un des leurs , le Marseillais Rebecqui , un de ses premiers accusateurs, envoya à la Convention nationale sa démission, fondée, — c'est à n'y pas croire ! — sur ce que Robespierre n'avait pas parié sa tête sur Véchafaud pour avoir proposé un chef^ un régulateur (1). La lettre par laquelle le député de Marseille annonçait sa résolution, lettre d'un véritable maniaque , ne produisit aucun effet , contre son attente sans doute , et l'Assemblée accepta purement et simplement la démission du compère de Barbaroux, de ce faux témoin suborné par la Gironde , comme disait Camille Desmoulins.
La trahison de Dumouriez avait porté au comble l'irritation des esprits. L'inquiétude était partout, le soupçon farouche dans tous les cœurs. Dumouriez avait été le collègue des Girondins au ministère; il tenait d'eux sa nomination de général en chef des armées de la République. A la suite du renvoi de Roland, de Ciavière et de Servan, un éclat scandaleux avait eu lieu. A Brissot, imprimant qu'il était, lui Dumouriez, le plus vil des hommes, le général avait répondu que Brissot était le plus grand des fripons ; mais la paix s'était faite entre eux, et nous avons vu le journal de Brissot porter aux nues, jusqu'au dernier moment, le criminel générai. Rien d'étonnant, en conséquence, à ce que les sections parisiennes, à bon droit irritées des éternelles et iniques déclamations des Girondins contre la capitale, les aient enveloppés dans Tanathème dont était désormais frappé Dumouriez. L'injustice appelle l'injustice. Le 8 avril, dans la séance du soir, parut à la Convention
(1) Voyez le Moniteur du 11 avril 1793.