LIVRE \^ — filiCME PETIÛK £T GUADET
pour Ift motif le pliM iasi^pifiaot, Pétion, doal la misaioa aaœblait èbPB maintenant de mettre le feu aux poudres, réclama la oesaure d'un membre de la gauche nommé PouUier. « £t moi, » s'écriai aussitôt Bd>e8pierre, « je demande la censure de ceux qui protégeiit Las traîtres. M PétLon, s-élaaçaut d'un bond à la trilMwe : « Je demantkrai en effet q«e les trattres et lesconqpirateurs soient punis. — £t leurs o(unplices I a rifiosta Robespierre. — Oui, leurs compUcea, iteprit Pélion, et vous-m^e. Il est temps enfin que toutes ces iofoiBiss firnssent 11 est temps que les traîtres et les calooMateuas partent leurs tètes sur réchafaud, et je pcaads ici rengagement de les poucsuiwe jusqu'à la mort. — ^ Réponds aux faits, dit Robespierre sans s'émouAroir. — € C'est toi que je poursuivrai! • réplique encore Pétion au milieu des murmures d'un grand nombce de membres indignés des violenoes de l'ancien maire de Paris.
Spectacle nageant 1 Échafaudl morti telle était donc l'arme dont les GÏFondiBs entendaient se servir contre leurs adversaires, tel le but qu'ils, se proposaient. Et ces mots cruels^ de quelle bouche tombaient-ils? De laibouche de Pétion, qui, placé mienx que personne peur servir de modérateur entre les deux partis, n'avait fait aucune tentative sérieuse pour les ra|^4)cher, de cet bomme qui,, san» provocation aiseiwa:, et par le plus lâcbe oubli de tant de marques de dévouement et d'ami*tié que lui avait prodiguées Robespierre, l'avait tralUvuaeaieAt frappé d'un libelle odieux, et par cette intervention inutile était venu envenimer le débat. Et aujourd'hui cet ^^ostat de l'amitié demandait que son ancien compagnon d'armes fût marqué comme autrefois les ca* lomniateuFs, et apcàa avoir de nouveau invoqué l'éehafaud contre ses. adversaires, il les aocuBait d'exciter le peuple à égorger mne partie dela Convention, si bien que Robespierre lui dit avec' raisûin ; c C'est nous qu'on veut faire égorger ! > et que le peintre David, s*éiaBçant au milieu de la salle et découvrant sa poitrine, criait rocateur :. « FirappeE,. je demande ^e vous m'assassiniez (4 ) . >
Apoàs Pétion paout un des énergumènes de la Gironde, Guadet, qui, le premier avec Brissot, avait jeté la divisioa et la haine dans le cœur des patriotes, Guadet, ceprètre de l'intolérance, qui un jour avait fait un crime à Robespierre d'avoir invoqué le nom de Dieu. Son discours fut une nouvelle édition de celui de Vergniaud, avec grand renfort de ca-
lear enlbTO leurs ganmtieB! » {PmMoU français^ nmnéfo 1307.) L» liberté d'tm citoyen Mrvant do gmnmtie d'une misérable somme d'argent ! ! On voit queUes idées étroites avaient au point . de vue social les pimolpauz Girondins.
(1) Moniteur du 14 avril 1793 et Journal des débats et des décrtts de la ConuffKion,. numéro 207, p. 202.
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lomnies; Nous avons dit le moyen commode imaginé par tous les écrivains hostiles à Robespierre pour le présenter comme ayant gratuitement diffamé la Gironde : ils ont tout simplement passé sous silence les calomnies sans nom que depuis un an ses ennemis lui avaient prodiguées, et que longtemps il avait endurées en silence. Les Girondins avaient trouvé plaisant de le ranger jadis au nombre des membres du comité autrichien, de le transformer en agent de la liste civile; — on n'a pas oublié ces perfides insinuations des feuilles de Brissot et de Condorcet; — et maintenant ils jetaient les hauts cris, parce qu'en répondant à leurs déloyales attaques, Maximilien dépassait aussi le but. Guadet reprit la vieille thèse : « Le complice de Cobourg, c'est toi! » cria»t-il à Robespierre ; et il lui imputa les troubles et les pillages dont Paris avait été le théâtre dans ces derniers temps, et que personne cependant n'avait blâmés avec plus d'énergie que lui. Il ne borna pas ses récriminations à Robespierre, il accusa toute la Montagne de Conspirer en faveur de d'Orléans, parce qu'elle avait repoussé le décret de bannissement proposé contre des Bourbon (1). Ayant nommé Danion, il s'attira cette apostrophe : « Ah ! tu m'accuses, moi!... tu ne cc^nois pas ma force... Je te- répondrai, je prouverai tes crimes. • Mais il fallait aux Girondins une victime. L'absence d'un grand nombre de membres de la Montagne, envoyés en mission aux armées et dans les départements, leur rendait une force dont ils résolurent de profiter. Guadet, en terminant son discours, donna lecture d'une adresse des Jacobins aux départements, signée de Marat, et dans laquelle la Convention était dépeinte comme renfermant la contre-révolution dans son sein. A peine Guadet a-t-il achevé, que de toutes parts retentissent les cris : « A f Abbaye I à V Abbaye! » En vain Danton prononce cette parole désespérée et profonde : « N'entamez pas la Convention!* Boyer-Fonfrède, dans un discours où toutes les sombres colères de Marat étaient présentées comme autant de crimes dignes de mort, réclama contre l'Ami du peuple le décret d'accusation. L'Assemblée, sourde à l'avertissement de Danton, décida que Marat serait mis en état d'arrestation à l'Abbaye, et que, dès le lendemain, son comité de législation lui ferait un rapport sur le décret d'accusation proposé (2). Il était alors neuf heures du soir. Qu'allait dire Paris à cette nou-
(1) M. Michelet, qui va d'erreur en erreur quand il n*adopte pas, les yeux fennés, les calomnies des Girondins contre Robespierre, le présente comme s^étant opposé an bannissement de d'Orléans, oubliant qu'une première fois il avait déclaré qu*il aurait -voté pour la proposition de Louvet, et qu'en second lieu il avait lui-même soumis h rAsscmblcc un projet de décret contre la famiUe d'Ëgalité. (Voj. son Histoire de la Bévolution, t. V, p. 406).
(2) Moniteur du 16 avril 1793.