‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 42 sur 314 · UVRE VI. DERNIER DISCOURS SUR LA GUERRE · texte numérisé non relu

UVRE VI. DERNIER DISCOURS SUR LA GUERRE

les six derniers mois de sa vie, elle fut si différente de ce qu'elle avait para dans les premiers jours de sa jeunesse, pourquoi des corps annéSf avec la même bonne foi, ne pourraient-ils pas à la longue perdre quelque chose de cette ferveur patriotique qui a signalé le temps heureinoù les citoyens, aujourd'hui divisés, étaient tous confédérés ooQtre l'ennemi commun! Pourquoi voudrait-il ignorer que la disci- (iine militaire exige que les soldats soient soumis à leurs chefs, et que cette habitude de la soumission passive, à laquelle une astucieuse pobique associe l'idée d'honneur, les dispose à l'enthousiasme pour un général heureux et pour celui que la constitution déclare leur chef supétoe?) Eh bien! poursuivait-il, était-il impossible, au milieu de ngooraoce des vrais principes du gouvernement, étrangers aux médi- Woosde la plupart des honmies, qu'un général triomphant fit concoorir ses soldats trompés au rétablissement de l'aristocratie et à la nune de la liberté ! Quand, un peu plus tard, on entendra La Fayette taûr à l'Assemblée nationale un langage insolent, on devra se rappeler asa{^ëhensions de Robespierre.

Jusqu'ici il n'avait guère paru prendre garde aux deux discours où l^nvet l'avait personnellement pris à partie comme s'il eût été le seul I»friote opposé à la guerre ; cette fois , il crut lui devoir une courte npODSCi non sans l'avoir remercié du langage flatteur dont il s'était servi t»n égard dans son dernier discours, a II a supposé que j'appelais BaBrutus, » dit-il en faisant allusion à l'auteur de Faublas, « et il nous h promis. Il n'est pas question de tout cela ; il m'a sans doute mal ^^^n, quoique je pense m'être expliqué très-clairement. Ce mot de ^™*os, isolé de ce que j'ai dit, pourrait présenter une équivoque qui Qétait m dans mes pensées ni dans mes paroles ; j'ai demandé à ceux fÛToulaient faire la guerre pour donner la liberté au monde un gé- "^ digne de concevoir et d'exécuter cette immortelle entreprise, un ^^ioinie dont l'âme fût formée sur le modèle des âmes antiques, un ^, un Washington, un Brutus; et par ces noms je n'ai voulu désiper qu'un héros vertueux, qu'un ami intrépide de la liberté et de "l'^Q'^oité. Je ne connais point en France un homme dont la tète en •"*wi pût délivrer ma patrie du joug de la tyrannie, et je déclare 9K je regarderais comme son plus grand ennenû quiconque croirait bsenrir à la manière du second des Brutus. Chaque siècle a ses héros ^^ Tenus; et ce n'est point à moi qu'il faut imputer des vœux san* ^''^'^^ et des violences contraires au véritable intérêt de la liberté. » ^ qu'il demandait , c'était un Timoléon, un général* qui, après avoir yi^ les ennemis de l'État et de la liberté, rentrât modestement dans ^^ de ses concitoyens, donnant ainsi le premier l'exemple de

rameur de l'égalité , et non point un général qui, en se rendant au champ de la Fédération, fût exposé à se voir repoussé par des onobres sanglantes et irritées, et à entendre la patrie lui crier d'une voix terrible : « Rends-moi mes enfants massacrés, » comme jadis Auguste criait à Varus : « Rends-moi mes légions. » Allusion terrible à ces massacres du Champ de Mars , auxquels La Fayette avait fatalemait présidé.

Comparant la situation présente à celle où se trouvait la France au U juillet 1789, à cette époque d'enthousiasme où la nation était vraiment souveraine, où le despotisme s*inclinait devant la liberté triomphante, il montrait l'intrigue plus forte aujourd'hui que le patriotisme, la cour maîtresse des richesses de l'État, la guerre civile sur le point d'éclater, et partout la trahison tendant ses pièges. Et tout cela n'était que trop vrai; toutes ces prévisions ne seront que trop justifiées par l'avenir. Au dehors, l'émigration armée attendant avec impatience l'heure où le signal de la guerre partirait du cabinet même des Tuile* ries; au dedans, d'incroyables machinations, les trames les plus criminelles ourdies par tous les partisans de l'ancien régime, la cour hâtant de ses vœux et de ses actes le triomphe de la contre-révolution, et le pouvoir exécutif paralysant par son veto tous les remèdes que l'Assemblée législative essayait d'apporter à ce déplorable état de choses: telle était la situation dont Robespierre traçait l'effrayant tableau; et à ceux de nos lecteurs qui le supposeraient exagéré nous dirons : relisez les sombres discours inspirés par cette même situation aux orateurs de la Gironde.

On voulait la guerre, on proposait d'aller combattre les ennemis étrangers pour se débarrasser des ennemis intérieurs. Étrange circuit, répondait Robespierre, surtout t]uand on pense qu'il est demandé par les ennemis du dedans eux-mêmes. Le plan de la cour, on l'a va par les propres aveux de Narbonne , était de former et de se ménager une armée puissante où elle pût se réfugier pour y opérer à son aise la contre-révolution ; eh bien ! ce que Narbonne avouait si ingénument plus tard, uniquement pour expliquer à quel mobile il avait ebéi en se mettant, pour ainsi dire, à la tête des fanatiques de la guerre* Robespierre , avec sa merveilleuse perspicacité , l'annonçait très-clairement dans l'important discours que nous résumons aujourd'hui, et qui n'a été mentionné par aucun des historiens de la Révolution. Un complot analogue à celui du 21 juin (la fuite du roi) était lié, selon lui, au projet de guerre imaginé par la cx)ur. Aucune loi défendait-elle au roi d'aller visiter ses armées, de se mettre à leur tète? Or il était facile de méditer sur les conséquences d'une pareille démarche. Eo

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