LIYRC VI. MOYENS DE SAUVER LA PATRIE
n'était guère possible d'honorer davantage le patriotisme d'un ami. Ifous avons tenu à mettre ces paroles sous les yeux de nos lecteurs, parce que trop souvent, et comme toujours, sans aucune espèce de |vea?es, on a accusé Robespierre d*avoir été jaloux du maire de Paris. )to Tentendrons bientôt le défendre avec une éloquence pleine d'émotkn; mais lorsque, quelques mois plus tard, Pétion, après être resté assez longtemps indécis, passera enfin dans le camp des adversaires desoD premier compagnon d'armes et de gloire, il ne se souviendra guère de tant de marques d'attachement.
Portant ensuite son attention sur les troubles de Fintérieur, Robespierre engageait l'Assemblée législative à user de toutes les précautions inagisables pour prévenir le retour des calamités sanglantes survenues tes le Midi, dans ces parties de la France pu se trouvaient à la fois les pios ardents défenseurs de la liberté et les plus fougueux partisans du despotisme. On devait, selon lui, au sang versé dans Avignon et dans le Gomtat, la punition de ces commissaires civils dont l'odieuse conduite Mt la première cause des malheurs qui avaient fondu sur ce pays. Celait aux représentants du peuple à donner un exemple de sévère impartialité, et à surveiller avec soin la nouvelle cour nationale d'Or- Muis, qu'il aurait voulu voir établie à Paris, ainsi qu'il l'avait proposé jaâis à l'Assemblée constituante. Il fallait prendre garde également à ce fK les intérêts populaires ne fussent pas trahis par certains directoires ^département, comme celui de Paris, par exemple, lesquels tournaient contre la liberté les armes qu'on leur avait confiées pour la défendre. Bi ce propos, faisant allusion à ce député Gorguereau qui, chargé l'MaDinent de présenter un rapport sur la conduite incivique des adnioistrateurs de la ville de Paris, avait, infidèle à son mandat, outragé k peuple et la Révolution, il conseillait à l'Assemblée législative de CHBorer et de punir de la prison même tout membre coupable d'avoir manqQé de respect à la nation. 11 l'engageait aussi à se montrer d'une ^uessive défiance envers les ministres, toujours disposés à traiter de ^ctienx les véritables patriotes et à étouffer la liberté sous les mots 'ordre, de paix et de discipline.
R^rouvant l'esprit de corps comme un sacrifice honteux de l'intérêt 9^\ à des intérêts particuliers , il voulait oublier qu'il avait été ■oi^re de la précédente Assemblée, et juger les actes de la Consti- ^"^^ comme si déjà pour elle avait commencé le jugement impartial tt séYère de la postérité. Par elle avaient été légués tous les maux w on était assiégé à l'heure présente. Par les lois martiales, par les ^^^wts rigoureux votés sur les instances du pouvoir exécutif, on avait ^nsiblement fait reculer la Révolution et préparé la crise fatale à
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laquelle on touchait. C'est pourquoi il frémissait quand il voyât les successeurs des Duportail et des Montmorin chargés de fournir euxmêmes à FAssemblée législative des renseignements sur la situation du royaume, et d'appliquer de leurs propresmains le remède aux mam signalés. Songez, disait-il alors aux te^Hrésentants du peuple, « songez que vous êtes dans un état de révolution, environnés de pièges et de conspirations; ne vous reposez point sur les incendiaires du soin d'éteindre Tincendie. » Il n'insistait pas sur la nécessité de déployer contre les attentats du ministère une juste sévérité, parce que cela était généralement senti ; mais^ tout en approuvant VAssemblée d'avoir, guidée par le seul amour du bien publie, déclaré que le ministre Bertrand de MoUeville avait perdu la confiance de la nation, jugement que, selon lui, on eût pu étendre aux autres membres du ittinistère, il eût préféré un décret d'accusation,, parce qu*il valait mieux poursuivre un fonctionnaire prévaricateur suivant les formies légales et en vertu d*ane accusation précise, que d*user d'une mesure vague, arbitraire et trop favorable aux intrigues qui agitaient le Corps législatif. Pour lui, d'»Ileurs, il ne mettait guère de différence entre Neckeretde Lesaart, Narbonne et la Tour-du-Pîn, Barentki et Duport, si ce n'est qi»'il aimait mieux les cfaampfons déclarés du système antipopulaire c^e les déserteurs de la cause du peuple, la franchise que l'hypocrisie. On coa^>rend quels ressentiments cet âpre langage dut amener dans l'âme de la ffile de Necker, de cette madame de Staël, puUiquenent désignée alors comme la maîtresse de Narbonoe (1); et il ne faul pas s'étonner si plus tard, au souvenir de son amour irrité, elle porta contre Robespierre des jugements empreints de tant d'injostioe et de prévention (2) .
Des patriotes dktingaés avaient paru désirer que ta cour reerutàt ses ministres, les officiers généraux et les ambassadeurs, <kns la société des Jacobins; pour hd, il ne le souhaitait point, quant à présent; car il n'aurait pas plus de confiance dans le patriotisme de la emr, mais il en aurait beaucoup moins dans la vertu de ceux qu'elle aurait nommés, sachant quelle pernicieuse influence exerce sur la plupart des hommes la sédïietion du pouvoir. Il croirait alnrs qui! n'est pas d'asile si sacré où ne pénètrent la corruption et Tintr^oe, à moins que la cour, en rejetant de bonne foi tous ses faox principes, et en
(1) Voyez ndtamment le Courrier des 83 départemens, numéro dn 24 janTier 1799.
|2) Voyift&Ki CtmÊtéérmtimu ntr la Bé^tiHtion fnntmae (3* part», c&ap. xn). Madame dfi Staël,, quiy xmt> Ibis, en 1789, 4mda Ia& aakâs da aoa père, a^alt eauaë axée Robespierre, veut bien toutefois lai reconnaître « un caractère de cafane et d^austérité. »