‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 56 sur 314 · U?RE VI. MOYENS DE SAUVER LA PATRIE · texte numérisé non relu

U?RE VI. MOYENS DE SAUVER LA PATRIE

sacrifiant au peuple, à Tégalité, l'orgueil des grands, la passion du de^tisme, les prétentions de la noblesse, ne se montr&t tout à fait ^jfigDede dioisir ses agents parmi les défenseurs du peuple. Il s'agissût àsmc plutôt, à son sens, de réprimer sévèrement les écarts des Bonistres eu exercice que de provoquer des changements ministériels. Celait à l'Assemblée législative à les surveiller sans relâche. Quant au poaioir exécutif, il était obligé de marcher dans la voie tracée par la ooDstitation, ou de succomber sous la force invincible de la volonté générale. Et, assez indigné du ton léger et badin avec lequel le ministre Mxmne avait pris l'habitude de s'exprimer devant les législateurs cCao grand peuple, Robespierre ajoutait : c Quand j'ai vu le ministre ée la guerre répondre aux justes reproches de M. Albite par ce ton léger, par ces airs que je ne sais point qualifier, il m'a paru que, si faTais présidé le Corps législatif, j'aurais pris la liberté de rappeler au nmistre qu'il était en présence de ses supérieurs et de ses juges, et ^ les airs qu'il était permis d'étaler chez les courtisanes ou dans Faoticliainbre du roi n'étaient point admissibles dans le sanctuaire du «énal français : j'aurais été jaloux de prouver à la France et à l'univers cotier combien il est facile à un représentant du peuple de terrasser l'orgueil des ministres et même des rois. » 11 connaissait bien «tte vieille et servile habitude qu'on avait dans notre pays de se pn)6tenio^ aux pieds des grands, des gens en place, et il avait à CQor dlnspirer ^ ses concitoyens le légitime orgueil des hommes

Rendre publiques les séances des corps administratifs , comme il t'avait proposé déjà au sein de l'Assemblée constituante, afin de con- ^balancer l'ascendant du pouvoir exécutif sur les administrateurs; <3oii8lruire pour le Corps législatif une salle plus convenable que celle <ki Manège, une salle digne de la représentation nationale, un venta- Ne palais du peuple, capable de contenir une immense foule d'assis- ^; établir des règles équitables pour la distribution des emplois V^^y et ne pas permettre que l'administration devint en quelque ^ le domaine de quiconque pouvait présenter un certificat d'incise et d'aristocratie; arrêter la fureur de ces accaparements, causes ^ tant de désastres et de perturbations; mettre un frein à l'agiotage; ^^^er l'exportation du numéraire par des lois favorables à la fois * producteur et au consommateur; s'appliquer enfin à tout raviver, à ^réunir, quand la cour cherchait manifestement à tout diviser, à ^t corrompre, à tout asservir; attacher l'armée à la Révolution en 'Wmant cette foule de places créées pour les seuls courtisans, en ^'^So^tant la paye des soldats, en aplanissant pour eux les routes de

ravancement, semées de tant d'obstacles par Tambition patricienne ; protéger la liberté civile menacée de toutes parts, et, pour cela, réformer un code de police digne de Tibère, qui mettait la pauvreté au rang des crimes et la liberté des citoyens à la merci des officiers de gendarmerie ; rallier tous les citoyens par des lois justes et conformes aux principes de la morale ; ranimer le zèle et la confiance des habitants de la campagne égarés par le fanatisme, en recueillant leurs voeux, en écoutant leurs pétitions, en faisant droit à leurs plaintes, en pressant, par exemple, Texécution du décret qui ordonnait la restitution des propriétés communales impudemment livrées jadis par le despotisme aux seigneurs, étaient autant de moyens excellents, selon lui, pour ramener la sécurité publique. Sans doute, ajoutait-il, rAssemblée législative, en les décrétant, serait maudite par Coblentz, mais elle serait comblée des bénédictions delà nation tout entière.

Maintenant certaines lois étaient impatiemment attendues par Topinion, il fallait se hâter de les rendre en évitant avec soin, recomman* dait-il, de toucher à des habitudes trop impérieuses, et de fournir de nouvelles armes au despotisme. Parmi ces lois, il en était une d'une importance immédiate à ses yeux, c'était la loi concernant l'éducation publique. Le théâtre, les fêtes nationales, lui semblaient aussi un excellent mode d'action salutaire, et il manifestait le vœu de voir des récompenses décernées annuellement aux auteurs dramatiques qui, dans le cours de l'année, auraient le mieux peint les grandes actions des héros de la.patrie et de l'humanité. Ainsi revient toujours dans sa bouche et sous sa plume cette expression Vhumanité. Car, pareil au réformateur de Nazareth, il n'a pas seulement en vue le citoyen, mais l'homme tout entier partout oh il le trouve souffrant et opprimé. « Que les moyens de faire le bien sont simples et féconds entre les mains des dépositaires de la puissance publique 1 » s'écriait-il. Puis, après avoir conseillé à l'Assemblée législative d'exposer avec franchise, dans une adresse aux Français, les périls de la situation actuelle, les intrigues des ennemis de la Révolution, les immenses ressources du pays, persuadé qu'on verrait, tous les citoyens se montrer sensibles à la voix de la raison et de la patrie, et se lever comme un seul homme au premier signal de la loi, au premier cri de la liberté en danger; après avoir démontré que c'était ici même, en France, qu'il fallait vaincre Coblentz et les despotes, préparer la révolution du monde au lieu de la compromettre en allant porter le fléau de la guerre chez des peuples qui ne nous avaient point attaqués; après avoir engagé les représentants de la nation à ne pas être envers le pouvoir exécutif aussi faciles, aussi condescendants que leurs prédéces-

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