‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 71 sur 314 · LIVRE VII. LES GIRONDINS AU POUVOIR · texte numérisé non relu

LIVRE VII. LES GIRONDINS AU POUVOIR

gtroQdios, il n'en fut pas de même des journaux populaires. Les Rivo* buiom de Paris se montrèrent d'une extrême sévérité à Tégard de Roland, —ceci est bien à remarquer ; — et, en conmientant avec une malveillance excessive le discours prononcé par lui au sein de TAssem- Uée législative, dans la séance du 26 mars, elles eurent soin de noter qu'avant sa promotion Roland habitait un petit appartement an troisième étage, et que le jour môme de la nomination de son mari madame Roland s'était empressée de descendre au premier (1).

Quant à Bobespierre, quelle impression produisit sur lui l'avènement do Bûnistère girondin? £n fut-il cruellement blessé, comme l'ont écrit ifselqoes écrivains, qui, de parti pris ou faute de s'être donné la peine le remonter aux sources et d'étudier avec soin les pièces du procès o^ la Montagne et la Gironde, ont attribué tous les torts à ceux qui pnécisément ont eu pour eux, dans le principe, le droit, la justice, la BodératioD? A cette époque, ne l'oublipns pas, aucune cause bien se* lieose de scission n'existait encore entre Robespierre et les Girondins» foisque les susceptibilités éveillées de part et d'autre, à l'occasion du i&A sur la guerre, avaient été assoupies par une réconciliation pu- Uque. Ayant eu à s'expliquer aux Jacobins, dans la séance du 21 mars» «sujet d'une circulaire rédigée pour les sociétés affiliées par le conité de correspondance, et dans laquelle on présentait les nouveaux BDiûstres comme de purs patriotes (Roland n'était pas nommé encore), Bûbeqpierre s'était contenté de déclarer que, quanta lui, il ne croirait I la politique du ministère changée que lorsque l'expérience aurait pro- BQQcé à cet égard. Et combien il avait eu raison en ajoutant que la ttKir ne se convertirait pas si facilement, et qu'il ne fallait de sitôt compter sur ce miracle ! Il avait terminé en demandant à la société 'ajourner cette circulaire et de lui permettre de tracer, dans une P^odiaine séance, le tableau vrai de la situation, à son sens. Cette '■^proposition, fort applaudie, avait été sur-le-champ adoptée (2}. Coq jours plus tard, le ministère se trouvant complètement réorga- ^ alors , il ne fit aucune difficulté d'avouer que les nouveaux mi- ^es lui semblaient aimer la constitution , mais non parce qu'ils tontJacoUns, car ce mot ne lui en imposait pas, disait-il avec une nide franchise. En des temps moins suspects leur nomination lui au- ^ paru un heureux présage. Au reste, dans sa pensée, la destinée 'ooe nation, la liberté, ne dépendaient pas de quelques honunes : elles

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^ iovma/ du débaU et de la carretpondance de la Société des Amie de la CoiuMMiOf», sniérBi64.

reposaient sur des bases plus fermes , plus élevées , sur la justice et la sagesse des lois, sur Topinion publique, les lumières du peuple, sur les défiances même des amis de la constitution. « Louer les nouveaux ministères, » disait-il, « serait une flagornerie d'autant moins entendoe que bientôt leurs actions pourront les mettre au-dessus de toot éloge (1)... » Assurément il n'était guère possible de parler un langage à la fois plus convenable et plus digne; mais on ne pouvait s'empêcher de se rappeler dans le public combien il avait deviné juste s'il avait songé k Brissot, lorsque, dans un de ses discours sur la question de la guerre, il s'était écrié : « Pour moi, je ne convoite le ministère ni pour moi ni pour mes amis. » Or de cette sorte d'allusion et du peu de concours qu'il paraissait vouloir mettre immédiatement au service de leurs créatures, les Girondins gardaient sans doute à Robespierre une rancune mortelle, car nous allons les voir commencer contre lui, sans provocation aucune, de terribles attaques, et s'acharner sans relâche à détruire une popularité qui, jusqu'au 9 Thermidor, demeurera inébranlable à leurs coups.

La Gironde comptait alors, dans le club des Jacobins, de très-nombreux partisans ; elle fournissait souvent les présidents , et presque tout le comité de correspondance lui appartenait; néanmoins le crédit de Robespierre n'en souffrit pas. Nommé commissaire pour assistera la première séance des conférences organisées par la société fraternelle du faubourg Saint-Antoine pour Tinstruction du peuple, il éûit encore chargé, quelques jours plus tard, avec Santerre, le brasseur, de prendre une connaissance approfondie des plaintes et réclamatiûDS dont les gardes des ports de la ville de Paris étaient venus entretenir la société (2). Les incroyables agressions que désormais il ne va cesser d'avoir à suiir de la part des Girondins le grandiront encore, s'il es» possible, et nous verrons ses implacables adversaires, reconnaissant leur impuissance à atteindre sa réputation à Paris, où sa conduite

(1) Journal des déhaU et âe la correspondance de la Société des Amis de la CoMi*^^ numéro 167.

(3) Ibid., numéros 152 et 165.

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