‹ Histoire de Robespierre (volume 2)Chapitre 94 sur 314 · I LIVRE VIU — COLÈRE OES GIRONDINS · texte numérisé non relu

I LIVRE VIU — COLÈRE OES GIRONDINS

\msùi par être terrassés ; l'ordre du jour, proposé par le maire de laris, ayant été adopté, il parvint à fermer la bouche à Robespierre. fais le lendemain allait se rouvrir Tarène, et la séance, une des plus ^rageuses dont le club des Jacobins ait été le théâtre, devait tourner à ikhoote des calomniateurs, à la confusioB de Brissot et de Guadet.

Au moment même où des lèvres de Pétion tombaient des paroles paix et de concorde, où le maire de Paris conviait à un fraternel d ses amis divisés, Brissot et Guadet répandaient à profusion Paris, au sein de l'Assemblée législative, dans toutes les sociétés laires, et envoyaient par milliers d'exemplaires dans les départeleurs discours qu'ils s'étaient empressés de publier, réunis en seule ^t même brochure. Livrer ainsi à tous les échos de la publi- Suoe oeuvre diffamatoire et calomnieuse, à l'heure où entre eux et ierre un ami commun tentait un rapprochement, c'était vouloir r la lutte, et, de parti pris, de propos délibéré, rendre tout iogement impossible. Au lieu de se contenter d'imprimer leurs rs tels qu'ils «avaient été prononcés, ce dont la plus stricte anté leur faisait un devoir impérieux, les orateurs girondins les imat d'une façon toute différente, avec de notables changements, ^ y ajoutant des morceaux supprimés à la tribune, comme Brissot oue lui-même dans un avant-propos non moins injurieux que les , et où les faits qui s'étaient passés au sein de ^a société des de la Constitution étaient présentés sous le jour le plus faux, ntqualiûer cette manœuvre odieuse?

^Samèrne temps, suivant l'énergique expression de Camille Desmou- , ils faisaient charrier leurs infâmes calomnies partons les journaux ils disposaient. Le Thermomètre du jour, le Journal général de ^^ope^ le Courrier des quatre-vingt-trois départemens, le journal Audûoio, voire même les Révolutions de Paris, injuriaient et décriaient en à l'unisson du Patriote français et de la Chronique de f^' Le 30 avril, parut dans le Courrier des départemens un article pûGorsas, après avoir reproché en quelque sorte à la feuille de Conjwcet d'avoir traité trop durement Robespierre dans son numéro de la l'aile, déclarait que, pour sa part, il n'imiterait pas cet exemple ijui

tendait à aigrir les esprits, à les entretenir dans une division funest et cela dit en manière de précautions oratoires, il insinuait à sonto que Robespierre cherchait à capter le peuple, l'apostrophait dans chac de ses discours, et que cette affectation rappelait trop les GracqiM C'était là du moins, disait le journaliste girondin, une impression quic venait chaque jour plus profonde dans certains esprits, et même chez bons patriotes. Puis se faisant à son tour, après la Chronique de fat l'écho brutal d'une calomnie de Guadet, sur la foi duquel il se reposa Gorsas ajoutait que le libelle de Marat, qui, avait-il soin de dire, n'av jamais prêché que fureur, vengeance, mort, sang et carnage, dà gnait Robespierre pour tribun du peuple (1). La prétention de Gora il est vrai, était d'avoir cherché non pas à l'accuser, mais à le jQ tifier ; singulière façon de justifier les gens ! 11 ne se vantait pas moi quelques jours plus tard, — et ceci, venant d'un journaliste girondin, < assez curieux à retenir, — d'avoir « blâmé les auteurs de la Chrmiq de s'être exprimés d'une manière plus dure que sévère, plus injurieu que franche, plus haineuse que fraternelle, » et d'avoir fait la sati des discours qu'ils avaient loués autrefois (2). Ainsi, du propre avi d'un de leurs amis, Guadet, Brissot et Condorcet avaient ;nanqué< franchise et cédé aux seules suggestions de la haine. Peut-on invoqu contre eux un plus accablant témoignage? Mais Gorsas ne s'était p tout d'abord exprimé ainsi, et dans le premier article du Cmrm Robespierre n'avait pu voir qu'une réédition d'une partie des calon nies de ses adversaires, enveloppées d'ambages et de précautioi hypocrites. i

Le soir, aux Jacobins, Doppet ayant proposé à la société de charg une commission de recevoir toutes les dénonciations écrites ou yc baies, Robespierre demanda tout de suite, aux applaudissements ( l'assemblée, ^i de cette manière on n'arriverait pas à permettre quelques individus de substituer l'intérêt particulier à l'intérêt pubh et l'esprit d'intrigue à l'esprit général? Pour éviter le retour de scèn semblables à celles auxquelles avaient donné lieu des dénondatioi irréfléchies, on demandait l'établissement d'un comité revêtu d'unesoï de dictature suprême; seulement, ne verrait-on pas, selon la conip« tion de ce comité, quiconque témoignerait ses craintes sur les dange dont pourrait être menacée la liberté, exposé à être dénoncé coidd factieux, comme aspirant au tribunatî Quelques voix ayant alo réclamé l'ordre du jour : « Si dénoncer les ennemis de la liberté, ce

(1) Courrier des quatre-vingi-troit département^ numéro du 30 avril 1792.

(2) /bid., du 3 mai 1792.

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