‹ Histoire de RobespierreChapitre 126 sur 283 · LIVRE 111. POLËiMlQUE CONTRE BEAl'METZ · texte numérisé non relu

LIVRE 111. POLËiMlQUE CONTRE BEAl'METZ

jrager à dessécher les marais qui alors inondaient la France, et, certaines localités, étaient un foyer d'insalubrité. Comme le disait é Grégoire, quand on avait sous les yeux tant d'exemples de dilaions (et ici il faisait allusion au fameux Livre rouge), on ne devait xaindre de consacrer quelques sommes à favoriser la culture des s. Mais comme à côté de l'usage on doit toujours prévenir Tabus, spierre fit décider par l'Assemblée que les propriétés non cai sous les eaux et nécessaires ou utiles aux propriétaires ne ent pas comprises dans le présent décret (1). Il fallait bien aussi, îs temps de crise financière, ménager Targent du pays, car il sût arriver que, alléchés par l'appât des primes, quelques per- 38 présentassent comme marais des terrains qui n*en avaient que

«n. Le patriotisme, hélas ! est si souvent subordonné à l'intérêt

:ette époque éclata entre M. de Beaumetz, député de la noblesse ois, et Robespierre, une querelle qui couvait depuis longtemps li passionna tout le pays artésien. Nous les avons vus l'un et e plusieurs fois aux prises dans l'Assemblée, tout récemment enà propos des conseils de guerre, et de ces luttes Beaumetz était sent sorti victorieux. On se rappelle avec quelle acrimonie il avait lement tenté de faire repousser la motion par laquelle son collègue aidait que tous les anciens administrateurs des provinces fussent » de rendre compte des fonds dont ils avaient eu l'emploi ; on n'a oublié non plus avec quelle verve d'indignation Robespierre avait, 1789, dénoncé les vexations dont le peuple artésien avait été me de la part des états d'Artois. Rude avait été le coup pour e Beaumetz, apologiste impuissant des états qu'il avait présidés ualité de commissaire royal. De 1^ des rancunes invétérées et des es sanglantes.

t ancien président du conseil supérieur d'Artois pardonnait diffilent à Robespierre sa supériorité, son influence déjà si considé- I. Comment! ce petit avocat d*Arras dont jadis il avait encouragé

Archive». Procès-verbaux mannscrits de rAssemblêe nationale. C. 2 1)348, car- '. Le Moniteur du jour désigne ainsi Robespierre, M***. (Séance du 1" mai au soir.)

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les débuts, prétendait changer la face de la France, il étonnait l'Assemblée par la hardiesse de ses motions, et sa voix retentissait au dehors comme celle d'un prophète inspiré ! Certes cela pouvait paraître cruel à un homme infatué de sa propre personne, et qui voyait avec un mortel déplaisir tout le prestige dont il avait été entouré autrefois s*évanouir devant la figure austère d'un avocat sans fortune et sans nom. Son orgueil froissé devint implacable ; il jura de se venger. Par quels moyens ? c'est ce qu'à sa honte l'impartiale histoire doit dévoiler ici.

Nous l'avons dit déjà, M. de Beaumetz était de ces hommes qui, fon» cièrement attachés à l'ancien régime, avaient feint de passer dans le camp libéral le jour de la déroute de leur parti, et, sous le masque d'un patriotisme modéré, essayaient de combattre la Révolution en ayantrair* de la servir. Député de la noblesse d'Artois, il s'était efforcé, au défaut des états généraux, de prévenir la réunion des trois ordres, et avai*^ mis tout en œuvre pour empêcher ses collègues de se joindre au'z» communes. Robespierre avait dès longtemps pénétré son astuces sa haine des nouveaux principes, victorieux malgré lui. « Si vous ft.^ voulez, » écrivait-il, au mois de juillet précédent, à son ami Buissar^ « je ferai aussi vos compliments à votre cher confrère de Beaumetic il n'est cependant pas le cousin des bons citoyens. » Et après' avoîi raconté avec quelle persistance ce député s'était opposé à la fusion dies trois ordres, il continuait ainsi : a Depuis le moment même de la réunion, il s'est abstenu de voter, et il est resté en suspens jusqu'au moment où il a vu l'aristocratie terrassée par le patriotisme et par la liberté. La crainte du peuple a seule triomphé de sa méchanceté, qui seroitplus tolérable si elle ne se cachoit pas sous la fourberie. Vous voyez que je m'explique clairement ; c'est que j'ai vu des preuves récente^ de sob caractère faites pour exciter l'indignation de tous les honnêtes gens (1).» De cette fourberie nous allons fournir, de notre côté, une preuve éclatante, irrécusable.

Le 18 avril, après le discours prononcé par Robespierre à l'appui de9 réclamations d'une partie des citoyens de Saint-Jean-de-Luz, Beaumetz, qui ne tenait nullement à ce qu'on élargit le cadre des électeurs, s'était élancé à la tribune pour démontrer que la petite province à'^' tois payait d'importantes contributions territoriales. Robespierre ne te contestait pas; mais elle n'en payait pas de petites, la capitatioa^ les vingtièmes ayant été convertis en impôts indirects, en sorte <ff réleclion se trouvait justement entre les mains de l'aristocratie e*

(1) Lettre manuscrite de Hohespierre à son ami Buîssart, en date du 23 juillet 1789.

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