‹ Histoire de RobespierreChapitre 138 sur 283 · LIVRE III. DE l'élection DES ÉVÊQUES · texte numérisé non relu

LIVRE III. DE l'élection DES ÉVÊQUES

jsus eux-mêmes du suffrage populaire. Transférer à d'autres le roit de pourvoir aux évêchés, c'était attenter aux droits du souverain, n second lieu, confier aux prêtres, comme ecclésiastiques, le soin 'élire leurs chefs, c'était rompre l'égalité des droits politiques, re- Qnstituer le clergé en corps isolé, lui donner une importance politique articulière, c'était, en un mot, porter une atteinte révoltante "à la onstitution.

Quant aux arguments tirés de la corruption des électeurs en généal, il était facile de répondre, et la réponse était accablante, que ces ommes à mœurs scandaleuses dont avait parlé l'abbé Jacquemard, ui, investis de fonctions épiscopales, avaient été dans ces derniers împs le déshonneur de l'Église, ne tenaient pas leurs sièges de l'élecon. Cette objection, disait Robespierre, pourrait aussi bien s'élever ontre toutes les élections possibles, contre tous ceux à qui le peuple élègue ses droits, puisque la corruption ne respecte aucune classe t que les privilèges du clergé ne vont pas jusqu'à en être préservés. Au reste, » poursuivait-il, « au milieu de tous les inconvénients qui euvent naître, dans tous les systèmes, de ce qu'on appelle la corrupon du siècle, il est une règle à laquelle il faut s'attacher : c'est que la loralité, qui a disparu dans la plupart des individus, ne se retrouve ne dans la masse du peuple et dans l'intérêt général; or l'opinion du 3uple, le vœu du peuple expriment l'intérêt général; le vœu d'un )rp8 exprime l'intérêt du corps ; l'esprit particulier du corps et le BU du clergé exprimeront éternellement l'esprit et l'intérêt du clergé. I conclus pour le peuple (1). i>

Cette rapide improvisation produisit sur l'Assemblée un effet progieux et réagit puissamment contre l'impression momentanée qu'a-: lit exercée sur elle le discours de l'abbé Jacquemard. Il y eut un {Virement complet. Le Chapelier, Camus, Barnave, Reubell unirent «ir à tour leurs efforts à ceux du député d'Arras. « Il a été, je crois, » il le premier, « irrésistiblement démontré par M. de Robespierre u* admettre le système de l'abbé Jacquemard ce serait aller contre eiix points essentiels de la constitution. » En vain Goupil de Préfeln ssaya quelques timides observations ; l'Assemblée, écartant tous les mendements, vota presque unaniment l'article proposé par le comité cclésiastique, qu'avait abandonné un moment le rapporteur lui-même- Robespierre n'eut pas le même succès le lendemain eu s'opposant à impression du discours d'un colonel d'artillerie, M. de Puységur, qui,

(1) Voy. le Point du jour^ beaucoup plus complet que le Moniteur pour cette séance, uméro 329, p. 454.

admis à la barre de TAssemblée, avait offert en don patriotique, au nom de son régiment, une somme de 240 livres qu'un inconnu avait donnée à Tun des soldats du régiment pour le séduire. Il répugnait à quelques membres que le prix du crime fût apporté en offrande sur Tautel de la patrie. Comme un député de la droite , M. de Grillon, venait précisément de proposer, au nom du comité militaire, un décret très-rigoureux destiné à raffermir la discipline dans Tarmée, Robespierre, trouvant entre le discours de M. de Puységur et:, le projet de décret présenté par Grillon une certaine connexité, réclama Tordre du jour, craignant qu'en ordonnant Timpression du disco du premier l'Assemblée ne préjugeât les torts reprochés à quelqu •régiments. Les uns attribuaient à un esprit d'insubordination révolu tionnaire les désordres auxquels s'étaient livrés quelques soldats, l

autres, aux moyens de séduction dont ils étaient continuellement Tobjel de la part des ennemis de la Révolution, comme on en avait présenU ment une nouvelle preuve. Suivant Robespierre, il était donc indispei sable d'ajourner cette question, nécessairement liée au rapport diLm ^i comité militaire; et il persistait à réclamer l'ordre du jour.

L'Assemblée, après quelques observations de Lameth, adopta l».M7e renvoi au comité du projet de M. de Grillon, trop sévère pour l»^^e soldat, et vota l'impression du discours de M. de Puységur, dans 1 ^^Ve but d'encourager le patriotisme de l'armée ; en sorte qu'en définitiv e Robespierre dut être en partie satisfait.

Restait à pourvoir au salaire des ecclésiastiques et à fixer le diiflr"^ du traitement qu'il convenait d'allouer à chacun d'eux. Longues ^'^ parfois scandaleuses furent les discussions sur ce sujet. On put troC voir, hélas ! ce que valait le désintéressement de la plupart de serviteurs d'un divin Maître dont pourtant le royaume n'est pas de monde. Si quelques membres du clergé inférieur, comme l'abbë Gi goire, le curé Dillon, le curé Aubert, fournirent l'exemple d'un cément vraiment chrétien, combien, dans le haut clergé, donnèrec:^^^^ librement carrière à des ressentiments indignes et se laissèrent aller ^ d'outrageantes apostrophes!

Trois fois Robespierre prit la parole dans le cours de ces orageux d^^"-* bats. La discussion commença le 16 juin. 50,000 livres à Tévéquede P^^

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