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LIVRE III. ABOLITION DE LA NOBLESSE

ait admis aux premières places. Ils n'en devinrent pas moins implaibles. Aussi, quand la Révolulion outrée, trahie, attaquée de toutes parts, îviendra implacable à son tour, il faudra moins s'en étonner, il faudra t rappeler combien elle avait été facile et indulgente à son aurore. Robespierre ne dit mot pendant toute cette séance (1). Sans doute ce Jcret d'abolition des titres de noblesse dutlui causer une secrète joie, loique au fond il attachât peu. d'importance à ces distinctions. On îul même dire qu'il y contribua et y prépara l'Assemblée à force de Hnander que tous les citoyens jouissent des mêmes droits, sans autre stinclion que celle des vertus et des talents. Dans ce grand holocauste î titres il sacrifia la particule dont son nom avait toujours été préïdé. La particule n'équivalait pas à un titre, et n'inipliquait pas la >blesse, à laquelle Robespierre n'eut jamais la moindre prétention; ais, en ce temps comme à notre époque, elle avait aux yeux d'une foule » gens un certain parfum aristocratique dont il jugea convenable de f débarrasser. Depuis longtemps déjà il était, pour le peuple, Robeserre tout court; à partir de ce moment il signera désormais Maximim Robespierre (2).

Par une singulière coïncidence, et comme si l'Assemblée eût voulu l'il inaugurât la phase nouvelle dans laquelle entrait la Révolution, i, l'apôtre de la liberté et de cette égalité à laquelle une éclatante nsécration venait d'être donnée, elle le nomma secrétaire dans cette ftme séance, en compagnie de Dedelay d'Agier et de Populus, et le idemain il signait le procès-verbal de la séance du 20 juin, où était latée l'abolition des titres de noblesse (3).

1) S'il feut on croire Pierre Villiers, qui bâtit là-dessus une anecdocte {Souvenirs f» déporté, p. 3), Robespierre n^était pas présent. Mais ce Pierre Villiers, grand senr d'anecdotes, nous paraît ici dans l'erreur, puisque dans cette même séance bespierre fut nommé secrétaire. 11 était d'ailli^urs extrêmement assidu aux séances l'Assemblée; Villiers en fait Taveu lui-même quelques lignes plus loin, au point 5, me rendant un jour en voiture à l'Assemblée et se trouvant arrêté au coin des rues int-Denis et Greneta par une députation qui allait offrir à l'Assemblée nationale modèle de la Bastille, il descendit précipitamment, pria son compagnon, qui n'était tra que Villiers, de payer, et partit en s'écriant : « Toutes les Bastilles du monde peuvent pas m'empêcher d'aller à mon poste. » {Souvenirs d'un déporté, p. 5.) (2) Il ik'j a pas de doute possible sur la date précise de cette modification de son m. La motion, de sa main, citée pins haut est signée M, Robespierre, tandis que lettre qu'il écrivait quelques jours auparavant, et que nous avons donnée dans tre texte, était signée de Robespierre.

{3) Minutes des motions, discours pour la rédaction des procès-verbaux de l'Âssem- ^ nationale. Archires. C. p. I, 348, carton 26. Les procès-verbaux des séances s 25 et 30 juin, 5, 8 et 15 juillet sont de la main de Robespierre.

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Si, la plupart du temps, sentinelle avancée de la Révolution, Robes — pierre soutenait des thèses et des principes agréables au peuple, et soulevaient contre lui les ardentes colères du parti monarchique, îj n'hésitait pas non plus à prendre en main la cause de ses quand elle lui paraissait conforme à la justice.

Un des membres du côté droit de l'Assemblée, M. de Toulouse-LauflLr.^.ai trec, avait été arrêté chez un de ses amis, au château de Blagnac» er^ . c vertu d'un décret de prise de corps rendu par la municipalité de Toumlm^dou louse, sur la déposition de deux soldats qui l'accusaient de leur avoxr^z^^oà confié un projet de contre-révolution, et d'avoir tenté de les corrompr^r<qpre en leur offrant de l'argent. La municipalité de Toulouse, en apprenarx^ ^^sssat la qualité du prévenu, avait suspendu l'instruction de l'affaire, et tOLW'^dHh tefois maintenu l'arrestation jusqu'à la décision de l'Assemblée natic:^ Jiv nale, au sein de laquelle la nouvelle de cet événement avait causé ui très-vive émotion. Voidel, au nom du comité des recherches, aj avoir exposé l'affaire, concluait à la non-inviolabilité de Toulouse-Lai trec, et proposait que le président de l'Assemblée fût chargé de rendre auprès du roi afin de le supplier d'ordonner la continuation l'information jusqu'à jugement définitif, pour le tout être ensuite défé au Châtelet. Des amis de Lautrec s'efforcèrent de disculper sa conduit:^^ se refusant à croire qu'un vieux militaire eût pris pour confidents âemjx soldats inconnus, et leur eût offert de l'argent afin de les enrôler daxxs des bandes contre-révolutionnaires. (Séance du 25 juin.)

Robespierre, « prenant un vol plus élevé, » suivant l'expression «3n journal de Mirabeau (1), envisagea la question au point de vue Aes principes du droit national. Sans s'occuper des faits reprochés 4 Tiimculpé, il se demanda si ce ne serait pas renverser les règles d'iiTie bonne constitution que de permettre à un tribunal quelconque àe décréter de prise de corps et de juger un député sans l'avis préalable des représentants du peuple, car il est de règle absolu, disait-il, qu'aucun corps particulier ne puisse s'élever au-dessus de celui qui représeo^^ la nation tout entière. Sans doute, si un député s'est rendu coiqHtble A quelque délit, il doit être puni; mais ce n'est pas aux tribunaux à pré-

(1) Courrier de Provence^ uuincru 159, t. IX, p. 95.

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