‹ Histoire de roi Henri-le-GrandChapitre 10 sur 27 · y reuses paro · texte numérisé non relu

y reuses paro

en est la cause , mais donne-moi Le moyen de les. sauver ceux que la malice de mes ennemis s' opiniâtre si fort a faire périr.

En vain les plus durs de son conseil , et spécialement les Huguenots , lui représentèrent que ces rebelles ne méritoient point de grâce , il se

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lôgo. résolut d'ouvrir le passage aux innocents. Je ne ni étonne pas , dit- il , si les chefs de la ligue , et si les Espagnols ont si peu de compassion de ces pampres gens -là y ils n'en sont que les tjrans ; mais pour moi qui suis leur père et leur roi , je ne puis pas entendre le récit de ces calamités sans en être touché jus qu'au fond de Vâme , et sans désirer ardemment d'y apporter remède. Je ne puis pas empêcher que ceux que la fureur de la ligue possède , ne périssent a^c elle; mais quant a ceux qui implorent ma clémence, que peuvent-ils mais du crime des autres , je leur 'veux tendre les bras. Cela dit, il commanda qu'on laissât sortir ces mise'rables. Il y en eut plusieurs qui s'y traînèrent , quelques - uns s'y firent porter. Il en sortit cette fois - là plus de quatre mille , qui se mirent à crier de toute leur force : Vive le roi !

Depuis ce jour-là , comme l'on sut qu'il ne s'en

offensoit pas , les capitaines , quand ils e'toient de

garde, en laissoient toujours échapper quelques

bandes , et même prenoient la hardiesse d'envoyer

Cens même dcs vivrcs et dcs rafraîchissements à leurs amis,

de l'armée du , , . , ^ . ,.,

roi enroroient a IcUrs ancicns hotcs , et particulièrement aux

dans plris^.** dames. Car Paris étant la commune patrie des

François , il y a peu de gens qui ne l'aiment et qui

n'y aient quelque gage d'amitic , qui leur défend

d'en procurer la perte à toute outrance.

r)E HENRI-LE- G 11 A::iD. iSy

A l'exemple des chefs, les soldats se licen- ^^O'^cioient à leur passer de la viande, des pains et des barils de vin par-dessus les murailles ; et recevant en échange quelques bonnes hardes k vil prix , ils se faisoient braves aux dépens des marchands. Ce qu'on étoit en quelque façon contraint de tolérer, pour ce qu'il n'y avoit point d'argent de quoi les paver. Cela fît subsister Paris près Ce qui le

. ,. A . ^ fa;t suLsis-

d'un mois plus qu'il n'eût fait ; mais il est presque ter. impossible que cela n'arrive toujours en pareilles occasions , comme on l'a vu il n'y a pas encore long-temps : Dieu veuille pour jamais préserver la France d'un si grand mal !

Après tout , le roi savoit bien certainement que cette grande ville ne pouvoit pas longuement subsister , et il désiroit en gagner entièrement le cœur , afin d'y sapper les fondements de la ligue. C'est pourquoi il combattit leur opiniâtreté avec im excès d'indulgence. Il donna des passe-ports aux écoliers , ne pouvant pas refuser cela à leurs parents qui étoient avec lui , puis aux dames et aux ecclésiastiques , et a la fin même à ceux qui s'étoient montrés ses plus cruels ennemis.

Cependant , pour hâter un peu les chefs de la Le rot en

T 1 -v • 1 • •! r A/ prend tous

ligue de venir a capitulation, il fut arrête en son les faubourgs conseil qu'il se rendroit maître des faubourgs. Le soir du 2 '7 juillet, il les fit tous attaquer à la fois ; ils furent forcés en moins d'une heure , et

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i.T'go. toutes les portes bloquées , ses gens ayant fait des logements devant , et terrassé les maisons les plus proches du fossé.

Par ce dernier effort , il prenoit les Parisiens à la gorge , et les pressoit de telle sorte , qu'à peine ppuvoient-ils respirer. C'est pourquoi leurs chefs appréhendant que les défenses, les exhortations et la crainte des supplices ne fussent plus capables de les retenir, conclurent, après dix ou douze délibérations , d'entrer en conférence avec le roi, non pas en intention de traiter avec lui , mais seulement de traîner la chose en longueur , afin de donner loisir au duc de Mayenne de faire une tentative pour les secourir.

Le duc Ce duc leur donnoit de ses nouvelles deux fois

tîe Mayenne . ^ r • i • vi

s'avance à la scmamc , et a chaque lois leur promettoit qu il

JVleaux, mais ., ^ . , ' i •

Ji n'ose se- scroit a cux avcc une puissante armée dans cmq

cuurlr Paris. • • ■» ^ . <* ' '

ou SIX jours. Les ayant trames par ces espérances près de six semaines , il s'avança enfin jusqu'à Meaux , dont Vitry étoit gouverneur , et de là il leurmontroit quelque espérance de secours; toutefois il étoit trop foible pour le hasarder.

Le duc de Parme , qui avoit ordre d'Espagne de l'aller joindre , et de ne rien épargner pour secourir Paris, y apportoit grande répugnance. Il appréhendoit que , pendant son absence , le cabinet ne lui donnât un successeur dans son gouvernement, et qu'il ne perdît plus aux Pays-Bas,

qu'il ne gagneroit en France : néanmoins il reçut lâcjo. enfin des commandements si exprès , qu'il fut contraint d'obéir. Il partit donc de Valenciennes Le duc <ie le 6 août, et arriva à Meaux le 22. Il n'avoit que yjenTjoindre douze mille hommes de pied, et trois mille che- ^7e*^d"°payTvaux , mais de l'artillerie et des munitions pour ^''*une aniie'e trois fois plus grande , et quinze cents charriots de vivres pour rafraîchir Paris.

Comme c'e'toit sans doute le plus grand capitaine entre les étrangers de ce siècle-là, pour tous les exploits qui de'pendent du profond raisonnement et de la judicieuse conduite , il avoit n avoit si de telle sorte fait le plan de son dessein dans sa mesures, qu'il

.*,•!• •,, 1 .se tenoit as—

tête, SI bien pris toutes ses mesures sur les cartes j^^é de faire bien exactes du pays , et si bien me'dité tout ce ^J p^ry^"** qui lui pourroit arriver et tout ce qu'il pourroit faire , qu'il se tenoit tout - à - fait assuré du succès.

Ceux qui étoient auprès du roi lui avoient Le roi nV toujours fait croire que ce duc ne sortiroit point qu'udùîtquit' des Pays-Bas , et disoient, s'il en sortoit , ou qu'il ^^'^ *" ^^*" ne pourroit faire qu'un si foible armement , qu'il n'oseroit s'engager au cœur de la France ; ou que s'il le faisoit grand , il ne seroit jamais assez à temps pour délivrer Paris. Le roi s'étoit un peu trop endormi sur ce faux raisonnement. Quand il sut qu'il marchoit tout de bon , il commença alors de craindre ce qui lui arriva , et le péril

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iSgo. lui parut d'autant plus grand , qu'il l'avoit moins Il renoTie la prëvu. Dans cctte appréhension , il fut bien aise de

négociation , , . .

avec le duc renouer la négociation avec le duc de Mayenne , qu! f(int d'y qui , clc soii cotc , icignit (le désirer 1 accomràmuserî'""'^ modcment plus que jamais, afin de l'amuser, de peur qu'il n'attaquât Paris de vive force , et d'entretenir les Parisiens de l'espérance prochaine de leur délivrance : car la famine les désespéroit si fort , qu'il n'étoit plus en son pouvoir de les retenir avec toutes ses inventions , que cinq ou six jours tout au plus.

Le conseil Quand le duc de Parme fut a deux journées ^mnlchi°^^ de Meaux , il fit savoir au roi que le duc de Mayenne ne pouvoit plus traiter que conjointement avec lui. Alors le conseil du roi demeura fort étonné , et dans une grande irrésolution de savoir ce qu'il falloit faire. Il y avoit sans doute de la honte pour le roi, et un notable déchet à la réputation de ses armes , de lever un siège qui avoit duré quatre mois ; et c'étoit un très sensible déplaisir à ce prince , qui étoit brave et glorieux , de le lever a la veille de la prise de cette grande ville , dont la réduction eût été le coup mortel de la ligue.

Le ro! vou- Il n'y avoit donc qu'un parti à prendre , mais

loit prendre . i f • r i ^ '

une place de qui saus doutc ctoit lort hasardcux ; néanmoins poîmleverle ^^ ^oi le vouloit : c'étoit de laisser une partie des '"^^*' troupes dans les faubourgs , et de choisir un.e

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place de bataille où le reste de l'armée pût tenir 1590. tête au duc de Parme, sans lever le siège. Pour cet effet , le roi , appuyé' de l'avis de La Noue , Guitry et Le Plessis-Mornay , laissa seulement trois mille hommes devant Paris , du côté de l'Université , et mit le reste de son armée en bataille dans la plaine de Bondi , qui étoit entre Paris et le duc de Parme.

Mais le maréchal de Biron improuvant tout-à- BiVon fut fait ce conseil , fit tant, que l'on résolut de s'avan- ^^J[l

d'avis de !<•■

siège,

cer jusqu'à Chelles, en intention de donner ba- *'1«™P»"*taille. On ne sait pas s'il se porta à cela, ou par jalousie de ce qu'il n'avoit pas donné le premier conseil , ou parce qu'il lui sembloit dangereux de demeurer si près de Paris, d'où il pouvoit sortir quinze ou seize mille hommes un jour de combat, pour les charger par derrière. Quoi que c'en soit , son autorité étoit si grande parmi les gens de guerre , et il étoit si dangereux , dans la conjoncture d'alors, de contredire cet esprit chaud, qu'il l'en fallut croire , et lever entièrement le siège pour s'aller poster à Chelles.

Le duc de Parme voyant cela , et ne jugeant pas à propos de combattre, se rétrancha promptement dans un marais , et si bien , qu'il ne craignoit point d'y être forcé. Il se vanta même que le roi ne sauroit le contraindre dans ce poste-là de tirer seulement un coup de pistolet ; et qu'avec

ïSgo- cela il prendroit une ville à sa vue , et de'bouche-

roit un passage sur les rivières , pour faire entrer

Le duc de des vivres dans Paris. De fait , il exécuta ponc-

Parmc prend ■.-, ,., . ,. .,

Lagny à la tuelleiTient cc qu il avoit dit : il ne fut point au I^secourt Pa- pouvoir du roi de l'obliger à la bataille , et il prit

ris.

Lagny-sur-Marne , sans qu'il le pût secourir. Ainsi Abondance Paris fut entièrement délivré , recevant dès le menée à Pa- lendemain une très grande quantité de bateaux chargés de toutes sortes de provisions ; sans que toutefois sa joie fût pareille à son soulagement, d'autant que la trop longue misère avoit tellement desséché les corps et abattu les courages , qu'ils n'étoient plus capables d'aucun sentiment de réjouissance.

Les troupes du duc de Nemours ayant repris cœur par ce rafraîchissement , sortoient tous les jours avec les plus courageux de la bourgeoisie , et retranchoient les vivres au camp du roi ; de sorte qu'en peu de temps la cherté commença de s'y mettre , les maladies s'y multiplièrent , et l'impatience prit tellement les gentilshommes qui y étoient accourus sur l'espérance d'une bataille, que le roi voyant cela , assembla son conseil pour chercher quelque remède à ces inconvénients. Il trouva que les dispositions étoient si mauvaises dans toute son armée , qu'il valoit mieux faire retraite que de s'exposer à un plus grand affront. Mais comme il avoit regret de quitter l'entreprise

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de Paris, il tenta, en passant, de l'emporter par lîg'^escalade du côté de l'Université , entre la porte Saint-Jacques et celle de Saint-Marceau: ce qu'ayant fait inutilement , il se retira à Senlis , et de là à Creil. Ensuite , ne pouvant mieux faire , il prit L'armée du Clermont en Beauvoisis, qui mcommodoit Senlis traime <ie se et Compièg^ne ; puis il mit une partie de ses ^''P*"''* troupes dans les villes d'alentour de Paris, en envoya une autre dans les provinces pour les rassurer dans l'obéissance , et ne retint auprès de lui qu'un camp volant.

Lorsqu'il fut retiré , les ducs de Parme et de Le duc d? Mayenne s'élargirent dans la Brie. Parme, soUi- ge Corbeii, cité instamment par les ligueux , assiégea Cor- ^^ "^ ^'"^ ' beil. Il le pensoit prendre en quatre ou cinq jours , et il y mit un mois tout entier , faute que le duc de Mayenne, par nonchalance ou par jalousie, ne lui fournissoit des munitions que peu à peu. De sorte que voyant son armée se diminuer de beaucoup , et d'ailleurs se licencier à toutes sortes de désordres, à l'exemple des soldats françois , il s'en retourna en Flandre , fort mal content de la ii s'en re-

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