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leusement le cœur de ses ennemis , retroidirent ennemis du ses serviteurs et enhardirent les brouillons. Le '"°'* tiers-parti, qui s'étoit tenu couvert, commença à se mouvoir; et même le bruit couroit qu'il y avoit des Catholiques qui avoient conspiré de se Conspiri- .saisir de la personne du roi dans Mantes , sous i'ei?iever^°'"^ couleur de l'arracher d'entre les bras des Huguenots , et qu'ils dévoient le mener à la messe , malgré qu'il en eût. Il en fut si fort effrayé , ou
1593. feignit de l'être , qu'il sortit aux champs pour ramasser ses véritables amis, et fit venir les troupes angloises loger dans le faubourg de Limay.
Feria tppoî ^"^ ^^^^ *^"^P^ ' ^^ ^"c de Feria , ambassa- Z^llllt ^^'^'' ^"^ '''' d'Espagne vers les États ge'neraux, la part du roi arHva à PaHs. Il leur pre'senta une lettre fort
dEspague, • -i 1 1
Civile de la part de son maître , et leur fit une belle harangue , par laquelle il les exhortoit à nommer promptement un roi , et leur offroit toute assistance d'hommes et d'argent. En effet le roi d'Espagne souhaitoit passionne'ment qu'on en nommât un, parce, comme nous avons dit, qu'il lui vouloit donner en mariage sa fille Isabelle , qu'il aimoit uniquement.
Këtoîtteœps H etoit douc temps que notre Henri se de'ter-
qiie le roi se . , . '
ronvertît. minât a dire hautement qu'il vouloit perse've'rer dans sa religion , sans vaciller ; auquel cas , il falloit se re'soudre à une guerre dont peut-être il n'eût jamais vu la fin ; ou qu'il se réduisit au sein de l'Église catholique.
Les ligneux espagnolise's appréhendoient surtout ce changement , qui leur eût ôté tout pre'texte : les bons Catholiques le souhaitoient ardem, ment; ils avoient peur seulement que sa conversion ne fût feinte ; les Huguenots rigides s'efforçoient de l'en détourner, jusqu'à le menacer des jugements de Dieu , s'il abandonnoit, disoient-ils ,
le parti de la vérité évangéllque. Mais tous les iS-o^. politiques de l'une et l'autre religion lui conseilloient de ne plus différer. Ils lui disoient que de tous les canons , le canon de la messe étoit le meilleur pour réduire les villes de son royaume ; ils le supplioient de s'en vouloir servir ; et à leurs prières, ils ajoutoient des menaces de l'abandonner et de se retirer chez eux , pour ce qu'ils étoient ennuyés de se consumer à son service , pour le caprice et l'opiniâtreté de quelques ministres prédicants , qui l'empêchoient d'embrasser la religion de ses prédécesseurs.
Outre ces motifs humains, Dieu, qui ne man- EofmDieu