‹ Histoire de roi Henri-le-GrandChapitre 20 sur 27 · I . ™ , . X ., relâche point · texte numérisé non relu

I . ™ , . X ., relâche point

que le roi ne lit au duc; mais, après tout, il ne pour son marse relâchoit point pour son marquisat. Le duc '^Le^juc tâtournoit l'affaire en toutes sortes de sens : tantôt d!" hrdonaér il offroit de le tenir en hommage de la couronne; ^^ ciiauge. tantôt il proposoit au roi de grands desseins sur le Milanois et sur l'Empire; tantôt il mettoit sur le tapis le plan d'une puissante ligue pour détruire l'Espagnol en Italie ; mais le roi étoit trop habile pour prendre le change : il répondoit qu'il n'avoit point d'ambition de conquérir le bien d'autrui , mais seulement de recouvrer le sien ; qu'il ne vouloit point parler de cette affaire avec le duc , et qu'il falloit remettre cela à leur conseil. En effet, ils nommèrent quelques personnes qui en conférèrent ensemble ; mais ceux du roi insistant toujours à la restitution, et le duc tâchant de s'en exempter , on ne conclut rien.

Toutes espérances étant donc manquées au duc de pouvoir rien obtenir, il ne perdoit pas courage pour cela, mais il se fioit en des intelligences secrètes qu'il avoit nouées avec quelques grands de la cour, particulièrement avec le duc de Biron.

r6oo. Plusieurs croient qu'il commença pour lors à le JuIfr'*"'^^on débaucher , et qu'il se servoit pour cet effet de croit qu il. ra- J'entrcmisc d'un nommé Laffin, e^entilhomme

vailla a de- ' o

baucher Bi- bourffuisfHon, de la maison de Beauvais La Nocle ,

ron par l'en- . .

tremise de niais Ic pluspcmicieux et le plus traître qu'on eût SU trouver en toute la France. Il faisoit métier de porter et rapporter les paroles de part et d'autre. Le rai le connoissoit bien ; et sachant qu'il voyoit Biron bien familièrement , il eut la bonté de dire plus d'une fois à ce maréchal : Ne laissez point approcher cet homme -la de vous; c'est une peste , il vous perdra.

Le duc savoit que Biron aimoit le roi , pour ce qu'il l'avait élevé aux plus grandes dignités de son royaume , et que ce prince Thonoroit aussi de sa bienveillance. H falloit donc lui faire perdre cette affection , pour le rendre capable de quelques mauvais desseins.

Birou df. Biron étoit sans doute brave et vaillant au

■vieut insup- . . • • ri ' 1 1 '•!

portable par dcrnicr point , mais si enlle de sa bravoure, qu il

ses vanités et . • pn ■ ''l'>t^l*

fanfaronue- ^c pouvoit soulhir quc pcrsonuc S égalât a lui.

'^'"' Depuis la paix de Vervins, n'ayant plus rien à

faire, il vantoit sans cesse ses belles actions : à son dircj il avoit tout fait, et il s'enivroit tellement de ses louanges, qu'il mettoit sa vaillance Il s'estinioit au-dessus de celle du roi. Il croyoit qu'il lui

plus que le - . il 1 • -i •

roi.iequcien dcvoit sa couromie ', quil ne lui pouvoit neu goû . " ""' refuser, et qu'il alloit le gouverner absolument.

Ces fanfaronneries ne plaisoient point au roi ; il iCoo. se fàchoit que son sujet s'égalât à lui en valeur, et plus encore qu'il eût la présomption de le vouloir gouverner, lui qui avoit dix fois plus de cervelle et de bon sens que ce maréchal.

C'est certes une noble ambition, et qui non- BdieeUm-

Page 1