V . portante ré
seulement sied bien, mais qui est tout-a-fait flexion. nécessaire à un roi , de croire qu'il n'y a aucun de ses sujets qui vaille mieux que lui. Quand il n'a pas cette bonne opinion de soi - même , il ne manque point de se laisser conduire par celui qu'il croit plus habile homme , et par-là il tombe aussitôt en captivité. Ainsi, dût-il se tromper, il faut qu'il s'estime toujours plus ca* pable que tout autre de gouverner son royauflief Je dis bien plus : il ne sauroit se tromper en cela , d'autant qu'il n'y a personne plus propre que lui à régir son Etat ; Dieu l'ayant destiné a cette fonction , lui et non pas un autre , et les peuples étant toujours disposés à recevoir les commandements lorsqu'ils sortent de sa bouche sacrée.
Henri-le-Grand avoit donc pris quelque dégoût du maréchal de Biron , à cause de sa vanité ; de sorte que le duc de Savoie lui louant un jour les belles actions et les grands services des Bii'ons père et fds , le roi lui répondit : Qu'il ètoit vrai qu'ils V avaient bien servi ; mais quil avoit eu
1600. beaucoup de peine à modérer l'ivrognerie du Le duc fait ph'e et CL retenir les boutades du Jils. Le duc
rapporter à .,,. , -y n
Biron quel- rccueillit CCS paroics , et les ht rapporter par âéslva^nlge" Laffîn à Biron , lequel , touché en la partie la ses du roi. pi^g sensible , s'emporta là-dessus à cent extravagances ; et ayant perdu le respect , perdit ce qui lui restoit d'affection pour le roi. On soupçonne que dès-lors il s'abandonna à toutes sortes de mauvais desseins , et qu'il promit d'entrer dans une ligue que le Savoyard devoit faire avec le roi d'Espagne , moyennant qu'il lui donnât sa fille en mariage , et qu'on lui aidât à se faire duc de Bourgogne.
Après que le duc de Savoie eut demeuré plus de deux mois à la cour de France , faisant , comme dit le proverbe , bonne mine à mauvais jeu , et couvrant toujours son chagrin d'une joie apparente, mais ne sachant ni comment se retirer sans honte , ni comment demeurer plus longtemps sans aucun fruit, le roi ne voulut pas lui donner sujet de dire qu'on l'avoit traité à la der- Le roi fait nièrc rigueur : il lui fît savoir que si le marquisat
proposer au , . . „ ,., 1 a
duc l'échau- 1 accommodoit si tort qu il ne le put restituer
quisat"aT™cL sans unc notable incommodité , il se contenteroit
resse. ^^ prendre la Bresse en échange. Cette condition
ne sembloit guère moins dure au duc que celle
de la restitution du marquisat ; toutefois , pour
avoir quelque prétexte de se retirer avec hon-
neur, il ne s'en éloigna pas, et il fut dressé alors l'^oo. quelques articles, lesquels il témoigna n'avoir j^ „^ s-en pas désagréables : mais il demanda du temps pour ^^.^l donauson^er à Falternative de la restitution ou de de trois mois
c pour cuoisir.
l'échange , et pour prendre l'avis des grands de son État sur une chose si importante. On lui accorda pour cela trois mois de temps tout entiers. C'étoit à la fin de février de Tannée 1600.
Peu de jours après il prit congé du roi, qui le n preiui
congé du roi,
conduisit jusqu'au pont de Charenton, et donna quiiecondui-
1 1 IX ^ T» 1- 1 n *'' jusqu'au
ordre au baron de Lux et a Prashn de 1 accom- pont de Cha-
pagner jusqu'à la frontière. Il s'en retourna par
la Champagne et la Bourgogne, d'où il entra en
Bresse, et alla à Bourg. Il eut grande joie de s'y
voir arrivé, parce qu'il avoit eu peur d'être arrêté
en France. En effet , quelques-uns avoient donné Qaeiques-
•1 -Il i • • 5> vi A. uns avoient
conseil au roi de le retenir jusqu a ce qu il eut conseillé au restitué le marquisat ; mais le roi s'offensa fort de j^^ ^ cette proposition, et répondit en colère : Qu'on BeUeréponle voulait déshonorer , e( quil aimeroit mieux avoir perdu sa couronne , que de tomber dans le moindre soupçon d'avoir manque de foi , même au plus grand de ses ennemis.
Les trois mois étant expirés sans que le duc Les trois
A • f> • \ 1 • r\ 1 roois expirés,
eut satisiait a sa promesse , le roi se tache , et veut le r<.; presse