‹ Histoire de roi Henri-le-GrandChapitre 8 sur 27 · testants, pour · texte numérisé non relu

testants, pour

pnnces protestants pour leur rendre compte de ce ^g justifier.

lo8 HISTOIRE

i589. qu'il faisoit, et pour les assurer que rien n'etoit capable d'ëbranler sa fermeté , ni de le séparer d'avec Christ. Il parloit encore alors selon sa pensée et sa conscience , n'ayant point d'envie de changer ; ce que pourtant les ministres de sa religion ne croyoient pas, et le veilloient de si près sur ce sujet-la, qu'ils s'en rendoient importuns. Ses grande» Ce fut Une peine indicible qu'il eut à souffrir

peines, quatre ans du- trois OU quatrc ans durant, que d'entendre d'un

rantjàconten- a./i i • , 7v 117

ter lesCatbo. cotc Ics cxhortations de ces gens-la , et de 1 autre, Huguenots.^* Ics rcmontrauccs très instantes des Catholiques; car il falloit qu'il calmât les défiances des premiers , et qu'il entretînt les seconds de continuelles espérances de se faire instruire. De com- II eut be- bien d'adresse eut- il besoin? de combien de

soindegran- • t ii • i,

de prudence, paticucc ;' avcc quclle accortisc et avec quelle éloquence, prudcncc fallut-il manier tant d'esprits différents ? Certes , cela ne se pouvoit sans y employer toutes les forces de son jugement et de son esprit. Ainsi il connut bien à quel point il est nécessaire à un prince d'avoir exercé de bonne heure son esprit , et de s'être instruit à parler , à négocier et à bien dire , pour pouvoir se servir de ses talents dans le besoin. Sans mentir, il eut bien pour lors à se louer de ceux qui, ayant eu le soin de l'élever, l'avoient formé en sa jeunesse à manier les affaires, à traiter avec les hommes , et à gagner les affections de tout le monde.

Les derniers devoirs qu'il désiroit rendre à son i58g,

, -, , 1 ■ • . 11 1 A. 'j, 1, Il conduit

prédécesseur, lui servirent d un honnête prétexte i^ c^^^ps de de lever le sie'ge de devant Paris. Pour mettre son g^*^" {,"^2 corps en un lieu où le ressentiment des serviteurs '""'^ '^^ *'°™'

r piegue.

du duc de Guise ne lui pût faire outrage , il le conduisit à Compiègne , et le déposa en l'abbaye de Saint-Cornille , où il lui fit faire toutes les ce'rémonies funèbres aussi honorablement que la confusion du temps le pût permettre. N'y pouvant assister lui-même , à cause de sa religion , il en commit le soin à Bellegarde et à Epeinon. Ce dernier l'accompagna jusque-là , puis se retira en Angoumois.

Il y eut trois avis sur l'endroit où notre Henri Trois avîs se devoit retirer en levant le siège de Paris, Le i;eu où il se premier, e'toit de repasser la Loire, et d'aban- ^^^°'^ ^^^^' donner à la ligue les provinces de -deçà, parce que difficilement il pouvoit les maintenir; le second , de remonter le long de la Marne , et de se saisir des ponts et des villes , pour y attendre un secours de Suisses protestants et d'Allemands qui lui devoit venir ; et le troisième , de descendre en Normandie, pour s'assurer de quelques villes, dont les gouverneurs n'étoient point encore attachés à la ligue , et pour y recueillir les deniers dans les recettes des tailles, et y joindre le secours d'Angleterre , que la reine Elisabeth lui avoit promis, et qui ne pouvoit pas beaucoup tarder.

IIO HISTOIRE

1589. Il s'attacha au dernier de ces avis ; ainsi la no-

dernie*" 'qui blessc qui l'accompagnoit désirant s'aller rafraî^ eu^Normln- ^^^^^^ ^^^^^ ^^^^ P^"^'^ quclque tcmps , il lui donna ^^' congé. Il envoya une partie de ses troupes en

Picardie, sous la conduite du duc de Loiig^ueville; une autre en Champagne , sous celle du maréchal ïSgo. d'Aumont; et avec trois mille hommes de pied, François , deux régiments suisses , et douze cents chevaux , qu'il retint seulement avec lui , il descendit en Normandie. ' ^'^ "''*^''' Le duc de Montpeflsier^ qui en étoit gouverneur, le vint' joih'di'è avec deux cents gentils- Roiet lui hommes et quinze cents fantassins. Rolet, gouckf^duPont- verneur du Pont- de- l'Arche , homme de cœur ctChaTtel' ^^ d'esprit, lui apporta les clefs de la place, ne de Dieppe, demandant pour récompense que l'honneur de le servir. Emar de Chattes , commandeur de Malte , en fit autant de la ville de Dieppe. Après iireutassié- quoi le Toi approclia de Rouen, où il crojoit

«er Rouen ; . , •^ll- '■

Tnais le duc avoir quclquc mtelhgence.

de Mayenue . ■. . 1 a i' ' '

vient au se- Cette entreprise le mit en un extrême danger; Musse'hDiep- Hiais CH rcvauche , elle lui donna une belle occa- ▼est?t" '" ^^^^ d'acquérir de la gloire, en se tirant d'un

si dangereux pas. Voici comment.

Le duc de Mayenne vient au secours de Rouen

avec toutes ses forces, et passe la rivière à Vernon.

Le roi, bien étonné , se retire à Dieppe , et mande

DE lIENRr-LE-GRAND. III

au duc de Longueville et a d'Aumont de lui ra- 1590. mener en diligence ce qu'ils avoient de troupes. Le duc cependant reprend toutes les petites places des environs de Dieppe , pour l'environner et l'investir là-dedans. En effet , il le serra de si près, que s'il ne se fût point amuse à contre -temps d'aller à Bins en Haynaut confe'rer avec le duc de Parme, il eût, dans ce desordre, dissipe la plus grande partie de sa petite armée. Il avoit déjà Le duc fait

^ . -Il* ,tiT-i '• courir le bniit

tait courir le bruit par toute la rrance, et écrit q„ii ne lu;

avec assurance à tous les princes étrangers, qu'il p^"' *' ^^'

tenoit le roi de Navarre, (ï\ l'appeloit ainsi) acculé

dans un petit coin d'où il ne pouvoit sortir qu'en

se rendant à lui , ou en sautant dans la mer. Le

péril paroissoitsi pressant, même à ses plus fidèles Le parie-

I 1 . , . X , ment de Tours

serviteurs, que le parlement, qui etoit a Tours, luiconseuioît

1^ '»■. j A. 1 • d'associer le

ui envova exprès un maître des requêtes lui pro- cardinal de

poser que le seul expédient qu'ils vovoient de Bourbon a la

*^ ^ ^ J^ A J royauté.

sauver l'État, c'étoit de les associer lui et le cardinal de Bourbon son oncle, à la royauté, donnant à l'un la conduite des affaires , et à l'autre celle des armes. Il y avoit aussi la plus grande partie D'autres lu;

j • • T / ./.,,. cnnseilloient

des capitaines de son armée qui etoit d avis que, de se retirer laissant ses troupes a terre bien retranchées dans ^^ ^"s'«terleurs postes , il s'embarquât au plus tôt pour prendre la route d'Angleterre ou de La Rochelle, de peur que , s'il tardoit davantage , il ne se trouvât investi par mer aussi bien que par terre. Or,

iSgo. sur la proposition du parlement, il fit réponse

delunre'tdes 'V^'^^ avoit donné bon ordre que les intrigues du

autres. jm> ^^ Mayenne ne pussent de'livrer le cardinal

de Bourbon , comme on l'appréhendoit ; et le

mare'chal de Biron parla si vertement à ceux

qui lui conseilloient de s'embarquer, qu'ils s'en

de'sistèrent.

Le duc de II parut bientôt à l'e'preuve que les forces de

Mayenne as- , ,. . , . . „ . , ,

siège Dieppe, la liguc, qui ctoient trois lois plus grandes que les siennes , n'étoient pas redoutables en proportion de leur nombre , et que plus il y avoit de chefs , moins les efforts en étoient à craindre. Le Journée roi s'étoit logé au château d'Arqués, qui est sur un coteau, pour fermer le passage de la vallée qui va à Dieppe. Le duc avoit formé le dessein de prendre ce port de mer. Par quatre ou cinq reprises, et à divers jours , il essaya d'attaquer le faubourg du Polet, et par quatre ou cinq fois il fut repoussé, le roi y faisant toujours des merveilles , et s'exposant si fort , qu'une fois il pensa être surpris et enveloppé des ennemis. Enfin, le Ce duc lève duc , après avoir perdu là onze jours de temps et

tp SÎ^SC et S6

retire; va en mille OU douzc ccuts liommcs , leva le siège, et

Picardie, et . . ,.

pourquoi, se retira en Picardie.

On crut qu'il passa en cette province , sur la crainte qu'il avoit que les Picards , gens sincères et fiancs , mais fort simples , ne se laissassent surprendre aux artifices des agents d'Espagne ,

DE HENIII-LE-CRANU, Il3

qui les vouloient engager a. se jeter sous la pro- 1590. tection du roi leur maître.

On remarqua aussi que ce qui l'empêcha de Cequirem. réussir dans l'entreprise de Dieppe , et qui le tint sir dans son deux ou trois jours sans y rien entreprendre à l'heure qu'il y faisoit bon , ce fut la jalousie et les piques d'entre les chefs qui l'accompagnoient, particuUèrement du marquis du Pont-à-Mousson , fils du duc de Lorraine; du duc de Nemours et du chevalier d'Aumale : car comme ils croyoient la prise du roi infaillible, ou du moins sa fuite assurée , et qu'ils disposoient déjà du royaume comme de leur conquête, ils se regardoient tous d'un œil de jalousie, et chacun d'eux formoit des desseins dans sa tête pour en avoir la meilleure part.

On remarqua encore que dans un de ces 11 ne sut pas

se S6rvîr de

combats de Dieppe , le duc de Mayenne ayant sou avantage. eu d'abord quelque avantage , eût remporté une entière victoire, s'il se fût avancé plus vite seulement d'un quart d'heure; mais comme il marchoit trop lentement, il laissa échapper l'occasion que jamais depuis il ne rencontra. Ce qui fit dire au roi , qui reconnut bien cette faute : S'il n'y va pas d'une autre façon , je suis assuré de le battre toujours à la campagne.

J'ai rapporté ces particularités , parce qu'elles font connoître les défauts de ce grand corps de

Il4 HISTOIRE

1590. la ligue , et donnent sujet de rechercher les véri-

Trois causes .11 • ai>. >t

pouriesquel- tablcs causcs qui empêchèrent ses progrès, et les ce grand j^ reduisircut au néant. J'en trouve trois prin-

gue ne réus. cipalcS.

sissoitpasen '^

ses desseins. La première fut la de'fiance que le duc de

La défiance

d'entre les Mayenne eut des Espagnols ; car bien qu'il ne pût

Espagnols et "' 1 1 • v il ]

le duc de sc passer d eux, il ne laissoit pas de les regarder

Mayenne. • . . 1' • 1. • t

comme ses'ennemis secrets; et eux ne 1 assistoient pas pour l'amour de lui - même , mais dans le dessein de profiter du débris de la France. Ainsi , comme ils virent qu'il ne concouroit pas avec eux pour leurs fins , et qu'il pensoit à son avantage, sans faire le leur, ils ne lui donnoient que de foibles secours; en sorte qu'ils le laissèrent déchoir si bas, qu'après ils ne purent le relever quand ils le voulurent faire.

La jalousie La sccondc fut la jalousie d'entre les chefs,

d'entre les • t ^y .. ' • * il

chefs de la ^ui HC S accordcrcnt jamais entre eux. Ils pen- ^'^"^' soient plus a se traverser et à se ruiner l'un l'autre ,

qu'à accabler leur ennemi commun, et s'embarrassoient de telle sorte, par leurs divisions et partialités, qu'ils manquoient toujours leurs plus grandes entreprises : là où, dans le parti du roi, il n'y avoit qu'un seul chef, auquel tout se rapportoit, et par les ordres duquel tout se passoit. La lenteur La troisième étoit la pesanteur du duc de

et paresse . • r ^

du duc de Mayenne , qui se remuoit tort lentement en toutes ayenne. j,]-jQ5gg ggj; flatteui'S appcloicut ccla gravité. Ce

DE HENRI-LE-GllANU. Ij5

défaut procëdoit principalement de son naturel , iSgo. et e'toit augmenté non seulement par la masse de son corps , grand et gros à proportion , et qui, par conséquent , avoit besoin de beaucoup de nourriture et de beaucoup de sommeil; mais encore par la froideur , et par l'engourdissement que lui avoit laissé dans l'habitude du corps une certaine maladie qu'il avoit contractée à Paris peu de jours après la mort de Henri III, de laquelle , dit-on, il s'étoit voulu réjouir mal à propos.

Le roi Henri IV nétoit pas de même; car, Grande actiquoiqu'il aimât assez la bonne chère, et a. se la'ncedeHen. divertir avec ses familiers, lorsqu'il en avoit le loisir , néanmoins , tandis qu'il avoit des affaires , ou de guerre ou d'autre nature, il n'étoit a table qu'un quart d'heure , et dormoit à peine deux ou trois heures de suite ; tellement que le pape Sixte V ayant été bien informé de sa façon de vivre et de celle du duc de Mayenne , pronostiqua hardiment que le Béarnois (il l'appeloit ainsi, comme faisoient tous les ligueux ) , ne pouvoit manquer d'avoir le dessus , puisqu'il n'étoit pas plus long-temps au lit que le duc de Mayenne étoit à table, et qu'il usoit plus de bottes que l'autre n'usoit de souliers.

Les officiers et serviteurs se formant sur Les officiers

1, 1 1 A 1 • / • ^^ serviteurs

exemple des maîtres, ceux du roi etoient prompts, ressembioient

alertes , vigdants, qui exécutoient ses ordres aus-

à leurs maîtres.

Il6 ÎIIStOIRE

lîgo. sitôt qu'ils etoient sortis de sa bouche , qui prenoient garde à tout , et lui donnoient avis de tout. Au contraire , ceux du duc étoient lents , nonchalants , paresseux , et qui , pour quelque occasion pressante que ce fût , ne vouloient rien perdre de leurs aises et de leurs divertissements. On raconte que son premier secrétaire laissa une fois un paquet d'importance quatre jours entiers sans l'ouvrir.

Il me semble que , pour l'intelligence de notre histoire , il étoit nécessaire de marquer ces circonstances, qui sont tout-à-fait essentielles et fort instructives.

Nous avons dit , sur la fin de la première partie , qui étoient les principaux chefs de la ligue , et comme ils tenoient presque toutes les meilleures villes et les plus riches provinces du royaume. Ce ne seroit jamais fait de rapporter par le menu toutes les factions , les combats , les entreprises et les changements qui se firent dans chaque province cinq ou six ans durant. Cette His- Nous suivrous seulement le gros des affaires , °rl que le ct vcrrous commc la Providence divine , et la fa^ires.*^" *^' vcrtu incomparable de notre héros , tirèrent la France du labyrinthe de ses misères ; en sorte que l'État et la religion , qui se vouloient détruire par une guerre irréconciliable , furent sauvés miraculeusement l'un et l'autre , et refleu-

rirent avec autant de bonheur et de gloire que iSgo. jamais.

Quoique le duc de Mayenne se fût retiré de On faisoit devant Dieppe , ne'anmoins les peuples étoient Parisîens que entièrement persuadés que le roi ne lui pouvoit ^^.-J^'^ *'°'' échapper , particulièrement les Parisiens , à qui la duchesse de Montpensier faisoit croire , par des courriers apostés qu'elle faisoit arriver de jour a autre, tantôt qu'il demandoit à se rendre, tantôt qu'il avoit été pris , et enfin qu'on l'amenoit à Paris , si bien qu'il y eut des dames qui louèrent des fenêtres à la rue Saint-Denis pour le voir passer.

Tandis qu'on les amusoit de ces faux bruits, ils Ils sont biea

/. 1 • '. ' 15 T î étonnés d'ap-

lurent bien étonnes d apprendre qu ayant reçu prendre qu'il un renfort de quatre mille Anglois, il s'étoit mis en marche , et qu'il venoit droit à Paris , sachant que le duc de Mayenne s'en étoit allé en Picardie avec le duc de Nemours , son frère utérin. Il y avoit quelques intelligences qui lui promettoient que s'il pouvoit gagner les faubourgs, ils le feroient entrer dans la ville. Il attaqua donc n prend le»

, , . , . „ . T,^. , , ^ . faubourgs de

ceux de Samt - Germam , Saint - Micliel , Samt- Saint - Ger - Jacques, Saint - Marceau et Saint -Victor, et les ™^"' ^^' emporta d'emblée ; mais il ne put gagner le quartier de l'Université comme il l'espéroit, parce qu'on n'amena pas son canon assez à temps. Sur les huit heures du matin ( c'étoit le jour de la

Il8 HISTOIRE

ïSgo. Toussaints) , il entra au faubourg Saint- Jacques , où il reconnut que le peuple n'avoit nulle aversion pour lui ; car il ne le vit point effrayé , ni s'enfuyant éperdument, mais se tenant à ses fenêtres pour le regarder , et criant : Fi{^e le Roi ! Sa modéra- Aussi usa-t-il dc son avantage avec une grande

tiou en cette j / • t1 i T t i • i

rencoDtre. moderatiou. 11 détendit toutes sortes de violences et de pillages , et mit ordre que le service divin fût continué ; de sorte que ses gens y assistèrent paisiblement avec les bourgeois , tandis que lui , montant au clocher de Saint-Germain, considéroit attentivement ce qui se faisoit dans la ville. Les ducs de Lc soir , le duc de Nemours étant accouru avec de Mayenne dc la cavalcric , et le duc de Mayenne le lende-

y accourent. • • r ^ • i • i 'i

main avec son inranterie , le roi délogea , et se Le roi se re- retira à Montlhéry; mais auparavant il mit son

tire à Mont- , i-iivi i-r»- i-

ihéry. armée en bataille a la vue de Pans , et la tint

quatre heures sous les armes , pour faire connoître aux Parisiens la foiblesse de leurs chefs.

Pimîiprend Après ccla , Étampes, Vendôme, Le Mans et

Etampes » . | . ,

Vendôme, Le Alcnçou , ne pureiit soutenir sa présence et ses

MansetÂlen- . ■,■ . ^ i • t^ i /• vi

çon. armes, et se rendirent a lui. De la raçon quil y

alloit, et que se défendoient les chefs de la ligue,

il eût reconquis tout le royaume en moins de

quinze mois , s'il n'eût point manqué d'argent.

Le défaut Cc scul défaut rctardoit le cours de ses prospé-

d'argent ar- . , ,., . . .,, ,

rête ses pro- Fitcs. Les rançous qu 11 imposoit aux villes re- ^^^^' duites par force , les emprunts qu'il faisoit , et les

deniers qu'il pouvoit tirer des tailles, ne suffi- iSgo. soient pas à moitié pour entretenir ses troupes { J^^ T^f»^en corps d'arme'e ; c'est pourquoi il fut contraint «o"'"''"***'*

* ' 1 T. ses troupes.

quatre ou cinq ans durant , de faire la guerre d'une façon extraordinaire. Quand ses troupes avoient servi quelques mois , et consumé , outre leur paye , ce qu'elles avoient picoré dans leurs quartiers, il les y renvoyoit , tant pour se refaire, que pour préserver leurs pays des invasions de la ligue. Semblablement, lorsque les gentilshommes volontaires avoient dépensé l'argent qu'ils avoient apporté de leurs maisons , il leur donnoit congé de s'en retourner pour y ménager de quoi fournir à un autre voyage ; les invitant , par son exemple , à retrancher la dépense superflue des habits et des équipages , et les traitant , outre cela , avec tant de civilité et d'accortise , qu'ils ne lui manquoient jamais dans les occasions pressantes , et revenoient le plus tôt qu'ils pouvoient , le servant , s'il faut ainsi dire , par quartier.

Cependant il fondit tout d'un coup en Norman- il réduit

,. I '1 • • • 1 presque toa-

die, et la réduisit presque toute, ayant pris les teiaNormanvilles de Dompfront , Falaise , Lisleux , Bayeux , orèux!"'^* Honfleur , cette dernière par un siège bien meurtrier. Puis , au retour de là , il prit encore Meulan sur la Seine , à sept lieues de Paris , et mit le siège devant Dreux.

Au bruit de ses conquêtes , le duc de Mayenne

»%"• fut oblige , pour sa réputation , de sortir de Paris , d'assembler ses troupes, et de recevoir, contre son inclination, quinze cents lanciers et cinq cents carabins du duc de Parme , gouverneur des Pays-Bas. Ces troupes etoient commande'es par le comte d'Egmont.

Le duc de Après quc ce duc eut repris quelques petites

Mayenne mar- . . • i •

cbe pour se- places qui lucommodoicnt Paris et les environs ,

courir Dreux, -i i o • i i ■»«■

il passa la berne sur les ponts de Mantes, pour

aller secourir Dreux , s'imaginant qu'il le pou-

voit faire sans rien hasarder. De fait , au bruit

Le roi vient de Sa marclic , le roi leva le siège, mais ce fut à

pour le com- dcsscin de le combattre , et se vint , pour cet

attre. ^^p^^ ^ logcr à Nonaucourt , sur le passage de la

rivière d'Eure.

Deux rai- Dcux choscs principalement le firent re'soudre

sous l'y obll- ^ 1 -n ii

gent. a donner bataille : 1 une, que manquant d argent,

il ne pouvoit pas tenir plus long-temps ses troupes en corps d'armëe , et que s'il les menoit en Normandie, il leur feroit consumer inutilement tout le revenu de cette province, qui seule lui valoit plus que toutes les autres qu'il tenoit ; l'autre , qu'il voyoit une gaîté extraordinaire dans tous ses gens de guerre , qui ne faisoient que sauter de joie, quand on leur disoit qu'ils alloient trouver l'ennemi , et montroient à leurs visages et à leur contenance , qu'un jour de combat etoit un jour de fête pour eux.

DE IIENr.I-LE-CRANn. 121

Le duc de Mayenne n'étolt nullement d'avis iSyj. d'exposer sa fortune et son honneur au hasard d'une journée , quand il considéroit la valeur des troupes du roi , au prix des siennes , la grande expérience et l'incomparable vertu de ce prince, et avec cela son heureuse fortune , qui avoit pris un entier ascendant sur la sienne ; de sorte qu'il ne croyoit plus la pouvoir vaincre qu'en l' évitant- Mais les reproches des Parisiens , les instances du Quelles canlég-at, que le pape avoit envoyé pour appuyer les JentieSJ intérêts de la ligue , la cabale espagnole , qui, de ^^^uUk^*^ quelque côté que la chance tournât , se promettoit de grands avantages de cette bataille , et la honte enfin d'avoir perdu plus de quarante places en six mois , sans se mettre en devoir d'en secourir aucune , l'amenèrent comme par force au secours de Dreux ; et quand il fut si proche , le faux avis qu'il eut que le roi se retiroit vers la ville de Verneuil-au-Perche , et les bravades du comte d'Egmont, qui se vantoit d'être capable, lui seul avec ses troupes, de défaire l'armée du roi , l'engagèrent à passer la rivière d'Eure , sur le pont d'Ivry , en grande diligence.

A dire le vrai , le roi et lui furent également surpris ; le roi , d'apprendre qu'il avoit passé sitôt ; le duc , de voir que le roi , qu'il croyoit avoir pris la route de Verneuil, s'en venoit droit à lui. Mais quand ils eussent voulu , ils ne s'en pou-

ri IV

122 HlSTOIKi:

1590. voient plus dédire; il falloit en venir aux mains,

Bataille d'I- ' • 1 / \ i i

vry, le 14 cc qui amva le 14 mars, auprès du bourg d'Ivry.

On voit bien au long^ dans les histoires la description du champ de bataille , l'ordonnance des deux arme'es, les charges que firent les escadrons et les bataillons de part et d'autre , et les fautes des chefs de la ligue. Ainsi nous n'en dirons que ce qui touche la personne de notre prince.

Merveiiien- On y admira sa rare intelligence , son merde ilen- veilleux génie et son activité infatigable dans le métier de la guerre : on y admira comme il sut donner les ordres sans s'embarrasser, et avec aussi peu de confusion que s'il eût été dans son cabinet : comme il sut parfaitement ranger ses troupes , et comme , ayant reconnu le dessein des ennemis , il changea toute l'ordonnance de son armée en un quart d'heure : comme , dans le combat , il étoit partout , remarquoit toutes choses , et y donnoit ordre , de même que s'il eût eu cent yeux et autant de bras ; le bruit , l'embarras , la poussière et la fumée lui augmentant plutôt le jugement et la connoissance , que de le troubler.

Ses prières Lcs armées étant en présence , prêtes de donner, il leva les yeux au ciel , et joignant les mains , appela Dieu à témoin de son intention , et invoqua son assistance , le priant de vouloir réduire les rebelles à reconnoître celui que l'ordre de la

à Dieu.

succession leur avoit donné pour légitime souve- ^^go. rain. Mais, Seigneur, disoit-il, s'il t'a plu en dispose?' autrement , ou que tu voies que je dusse être du nombre de ces rois que tu donnes en ta colère , ote-moi la vie avec la couronne; agrée que je sois aujourd'hui la victime de tes saintes volontés , fais que ma mort délivre la France des calamités de la guerre , et que mon sang soit le dernier qui soit répandu, en cette querelle.

Aussitôt il se fit donner son habillement de tête , sur la pointe duquel il y avoit un panache de trois plumes blanches ; et l'ayant pris , avant que de baisser la visière , il dit à son escadron : Mes son exhor-

j> 7 • talion à se»

compagnons , si vous couriez aujourd nui ma ^,^^3 fortune, je cours aussi la vôtre :je veux vaincre ou moufir avec vous. Gardez bien vos rangs , je vous prie : si la chaleur du combat vous les fait quitter , pensez aussitôt au ralliement, c'est le gain de la bataille. Vous le ferez entre ces trois arbres que vous voyez la haut a main droite (c'étoient trois poiriers); et si vous perdez vos enseignes, cornettes et guidons, ne perdez point de vue mon panache blanc , vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire.

La décision de la journée ayant été assez long- La bataille temps incertaine, lui fut enfin favorable. La prin- sap« parie

1590, cipale gloire lui en e'toit due , d'autant qu'il donna impe'tueusementdans ce formidable gros du comte d'Egmont, et que s'e'tant mélë dans cette forêt de lances, l'épée à la main , il les rendit inutiles, et les contraignit d'en venir à de courtes armes , à quoi les siens avoient beaucoup d'avantage , parce que les François sont plus agiles et plus adroits que les Flamands, Tellement qu'en moins d'un quart d'heure , il le perça , le dissipa et le mit en déroute ; ce qui causa le gain entier de la bataille.

Grande per- De scize mille hommcs qu'avoit le duc , à peine gueux. s'en sauva-t-il quatre mille. Il demeura plus de

mille chevaux sur la place , avec le comte d'Egmont, quatre cents prisonniers de marque et toute l'infanterie ; car les lansquenets furent tous taillés en pièces. On lui prit tout son bagage , canon , enseignes et cornettes: savoir, vingt cornettes de cavalerie , la cornette blanche du duc , la colonelle de ses Reistres , le grand e'tendard du comte d'Egmont, et soixante enseignes de gens de pied.

Le duc de Mayenne s'y porta aussi vaillamment qu'il le devoit , et tâcha plusieurs fois à faire quelque ralliement ; mais enfin de peur Le duc de d'être enveloppé, il se retira vers le pont d'Ivry; •aaleTMan^- ^t l'ayant passé , le fit rompre , pour arrêter ceux Paris! ^^ ^* * 4^ ^^ poursuivoient , et se sauva à Mantes , de là

à Saint-Denis, puis à Paris. Une partie des fuyards iSgo. prit ce chemin avec lui , et l'autre prit celui de la plaine , et gagna la ville de Chartres.

Le roi s'e'tant mêlé durant la déroute dans un Le roi expo escadron de Wallons , courut si grand risque de sa personne , que son armée le crut mort durant ^"^°° }^

r "T. remontre

trop sa

personne , et

lui

tre li-

quelque temps. Sur quoi, le maréchal de Biron, '^'■^^«"taccoutumé à parler librement , et qui n'avoit point combattu , mais s'étoit tenu à quartier avec un gros de réserve , pour empêcher le ralliement des ennemis , ne put s'empêcher de lui dire : j4k] Sire, cela n'est pas juste , vous avez fait aujourd'hui ce que Biron devoit faire , et il a fait ce que devoit faire le roi.

Cette remontrance fut approuvée de tous ceux qui l'entendirent, et les principaux chefs prirent la liberté de supplier le roi de ne plus exposer ainsi sa personne ; et de considérer que Dieu ne l'avoit pas destiné pour être carabin , mais pour être roi de France ; que tous les bras de ses sujets dévoient combattre pour lui , mais qu'ils demeureroient tous perclus , s'ils avoient perdu la tête qui les faisoit mouvoir.

Par-dessus tous les chefs , il emporta le prix de sa clémence la vaillance ; mais , outre cela , sa clémence , sa sUé aprè^hï

''•.'. . • • • .\ . victoire.

générosité et sa courtoisie ajoutèrent un merveilleux éclat à ses belles actions ; .et la manière dont il usa de la victoire fut une preuve certaine

iSgo. qu'il la tenoit de sa conduite , plutôt que de la fortune.

Il aima mieux recevoir les bataillons suisses à composition , que de les tailler en pièces , comme il le pouvoit : il leur rendit leurs enseignes , et les fit reconduire dans leur pays par des commissaires. Par-là , il gagna l'affection des cinq petits cantons catholiques.

Il n'eut rien plus à cœur que de faire connoître à ses sujets qu'il desiroit épargner leur sang, et qu'ils avoient affaire à un roi clément et miséricordieux , non pas à un cruel et impitoyable ennemi. Il fit crier dans la déroute : Sauvez les François , et main basse sur l'étranger. Il prit à merci tous ceux qui demandoient quartier, et en arracha tant qu'il put des mains des Sa recon- soldats achamés à la tuerie. Il traita les prison-

noissance et . . ,.^ , -i i

justice. mers , particulièrement les gentilshommes , nonseulement avec humanité, mais encore avec courtoisie ; et il combla d'honneurs , de louanges et de remercîments toute la noblesse qui avoit combattu pour lui , partageant avec eux la gloire de la journée , et leur donnant des caresses pour arrhes des récompenses qu'ils dévoient espérer de lui , lorsqu'il en auroit le pouvoir. Belle .iction Je uc puis oublicr une action qu'il fit de mer- ^^ ' * veilleuse bonté , et qui fut aussi de grande efficace pour lui concilier les cœurs des officiers et des

DE HENRI-LE-GRAND. tl']

gentilshommes. Le colonel Tliische, ou Théodoric de Schomherg , commandant quelques compagnies de Reistres, avolt été forcé , la veille de la bataille , par les ci ieries de ces mercenaires , de lui demander les montres qui leur étoient dues , et de lui représenter qu'à moins de cela, ils ne vouloient point combattre. Les Suisses et les Allemands de ce temps-là en usoient ainsi ; l'histoire nous en fournit cent exemples. Le roi, tout en colère d'une telle demande , lui répondit : Comment, colonel Thische , est-ce le /ait d'un homme d honneur de demander de l'argent ^ quand ilfaut prendre les ordres pour combattre? Le colonel se retira tout confus , sans rien repartir. Le lendemain, comme le roi eut arrangé ses troupes, il se souvint qu'il Tavoit maltraité, et sur cela, poussé d'un remords, qui ne peut tomber que dans une âme généreuse , il alla le trouver, et lui dit : Colonel , nous voici dans l'occasion ; il se peut faire que fy demeurerai ; il n'est pas juste que J'emporte l'honneur d'un brave gentilhomme comme vous :je déclare donc que je vous reconnais pour homme de bien y et incapable défaire une lâcheté.

Cela dit, il l'embrassa cordialement, et alors le colonel ayant de tendresse la larme à l'œil, lui répondit : Ah ! Sire, me rendant l'honneur que vous m'asùez oté , vous motez la vie ; car

iSgo. j'en serais indigne , si je ne la mettais aujaurd'hui pour votre service. Si j'en avais mille., je les voudrais toutes répandre à vos pieds. De fait, il fut tué en cette occasion, comme plusieurs autres braves gentilshommes.

Autre belle Je rapporterai encore une autre fort belle action , qui fait voir admirablement comme ce prince n'épargnoit ni les civilités , ni les caresses envers les gentilshommes qui le servoient bien. Le soir, comme il soupoit au château de Rosny, ayant été averti que le maréchal d'Aumont venoit lui rendre compte de ce qu'il avoit fait , il se leva pour aller au-devant de lui ; et l'ayant étroitement embrassé , il le convia à souper, et le fît asseoir à sa table , avec ces obligeantes paroles : Qu'il était bien raisonnable qu'il fut du festin , puisquil V avoit si bien servi ci ses noces. QuVst - ce La terreur fut si grande dans Paris , après la îîl'ro^a'aiier pertc dc cette bataille, que si le roi y fût allé tout droit a Pans. Jj.qJ(. ^ q^ j^g fg]|- point de doutc qu'il n'y eût été

reçu sans beaucoup de difficulté. Quelques-uns disoient que c'étoit le maréchal de Biron qui l'en détournoit , pour ce qu'il craignoit qu'après cela , n'ayant plus tant de besoin de lui , il ne le considérât moins. D'autres pensoient que c'étoient ses ministres et capitaines huguenots qui l'en dissuadoient , parce qu'ils avoient peur qu'il ne s'accommodât avec les Parisiens pour la religion , et

ainsi ils lui conseilloient d'avoir plutôt cette iSgo.

, .,, r ■ I • l'/~v Conseil dia-

grande ville par lamine : ce que le marquis cl U , t^iitjue. pour lors surintendant , appuyoit aussi fortement, afin que le roi la prenant par ce moyen , pût la traiter comme une ville de conquête , en tirer de grands trésors, et supprimer les rentes de l'Hôtelde- Ville , faisant banqueroute aux bourgeois de toutes les dettes du roi , qui e'toient fort grandes.

La veuve de Montpensier, l'un des principaux la veuve d«

, , ,. . • / T Moutpensicr

organes de la ligue , qui avoit accoutume a amu- amuse le peuser le peuple de Paris de fausses nouvelles , ne ^^' put plâtrer le mal de la perte de cette bataille, qu'en disant que véritablement le duc l'avoit perdue , mais que le Béarnois étoit mort. Le bourgeois le crut cinq ou six jours durant; et ce fut assez pour retenir sa première frayeur , et pour avoir le temps de donner les ordres cependant, et d'envoyer ramasser du secours de tous côtes.

Après la bataille , le roi ayant séjourné quelques Le roi part jours à Mantes , à cause des grandes pluies , se re- prend queimit aux champs , prit Lagny , Provins , Montereau vi"^ bloquer et Melun , sans se laisser plus amuser aux proposi- ^'"^'^' tions de trêve que Villeroi lui faisait. Puis , après avoir, en passant, tenté aveci^eu de succès la ville de Sens , que de Hai lay C'^anvallon défendit fort vaillamment , il vint Noquer Paris , et prit tous les postes et châteaux des environs , où il logea des garnisons de cavalerie pour battre la campagne.

j3ô histoire

iSgo. Le duc de Mayenne n'e'toit pas dedans , il y

Mayenne étoil avoit laissé le duc de Nemours pour gouverneur,

f d ^j^y^"^ avec quelques huit mille hommes de garnison , et

me , et avoit ^[oit allé trouver le duc de Parme à Condé sur

laissé le duc

de Nemours l'Escaut , pour lui demander quelque assistance

à Paris. 1 • 1 • 1 A

en son besom. Il se trouvoit dans un extrême embarras , et dans une juste crainte de perdre Paris , soit qu'il le pût secourir , soit qu'il le laissât prendre ; d'autant qu'il voyoit bien que s'il y introduisoit le secours espagnol , les Seize se serviroient de cet avantage pour se relever, et peutêtre pour engager Paris , par de'pit de lui , sous le joug des Espagnols: car ces Seize ne l'aimoient point du tout , parce qu'il avoit cassé leur conseil de quarante, qui bridoit son autorité ; et que, pour s'éloigner tout-à-falt du gouvernement républicain qu'ils vouloient introduire , il avoit créé un autre conseil , un garde des sceaux , et quatre secrétaires d'État, avec lesquels il gouvernoit les affaires sans les y appeler , sinon quand il vouloit avoir de l'argent. La mort du Outrc ctf embarras , il lui survint un autre

cardinal de . ,,. • '^ -i ^ /« i r -i •

lionrboQ le sujet d mquietude. Ce tut le trépas du vieux cartroubie. dinal de Bourbon , qui mourut à Fontenay en Poitou , où il étoit garr^é par le seigneur de La Boulaye. Il avoit à crainùr*^ que cette mort ne donnât ouverture aux Espagnols et au-si Seize , de demander la création d'un roi , et qu'ils ne le

teuant-pene-

DE HENRI-LE-GRAND. l3l

pressassent si fort , que dans le besoin qu'il ayoit 1590.

d'eux, il fut contraint de le souffrir. En effet, ce Les Espagnols et les fut la première condition que les agents d'Es- Seize le près-

pagne mirent dans le traite qu ils tirent avec lui ,,.1 roi , ii as-

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