LE PAPE A BOLOGNE
Rendez-vous fut donné à Viterbe aux prélats et à la domesticité qui devaient accompagner le pape dans sa nouvelle expédition. Toutefois, avant de s’y rendre, il voulut inspecter les préparatifs maritimes entrepris sur son ordre dans le port militaire de Civitavecchia. Emmenant seulement quatre cardinaux, Cornaro, Isvaglies, Vigerio et Gabrielli?, les plus entraînés aux fatigues des voyages et les plus expérimentés aux choses de la guerre, il quitta donc Rome le 17 août 1510, se dirigeant vers Ostie, où il s’'embarqua pour Civitavecchia le 21 août sur la galéasse amirale de Baldassare da Biassa qui l'avait sauvé jadis quand il fuyait devant les galères du pape Alexandre VI*.
L'importance de la marine de guerre échappait à Jules II, d'autant moins qu'il espérait porter un coup sensible aux Français en provoquant leur expulsion de Gênes, qu'il considérait, il ne faut pas l’oublier, comme sa patrie.
La flotte pontificale et la flotte vénitienne étaient prêtes à mettre à la voile.
Une première tentative avait échoué l’année précédente; les galères de Jules II et de la Sérénissime étaient rentrées «avec peu d’honneur ». Cette fois, le pape avait augmenté le nombre de ses unités, enrêlé plus d'hommes, accumulé les munitions et les provisions ; il tenait à contrôler sur place les préparatifs.
La nouvelle venait de parvenir à Civitavecchia que Modène avait ouvert ses portes au légat Alidosi ; aussi, la satisfaction était-elle grande dans la ville ; des feux de joie furent allumés, les navires de la flotte tirèrent des bordées, les habitants ne cessaient d’acclamer le pape. Jusqu'au soir, il goûta ce spectacle debout sur les assises de la forteresse qu’il faisait construire. Le lendemain (23 août 1510),les réjouissances continuèrent. Vers le soir, Jules II monta sur sa galéasse et se rendit au port de Corneto*,
La flotte alliée mit à la voile le 27 août 1510; le lendemain, le pape lui donna sa bénédiction de la plage de Corneto où il l’avait attendue. Le 15 septembre, elle était de retour sans avoir pu atteindre son objet, à cause de la fermeté des Français et de la
1. Hystoire du Bon Chevalier, p. 360. Le pape jurait volontiers Romane, t. IX, 21 avril-27 juillet 1889, p. 195. — Plus tard, sans tenir aucun compte des lois si sévères que le Saint-Siège avait il devait dire : « Je veux Ferrare ou je mourrai comme un chien ». édictées contre ceux qui se permettaient cette licence. Priuzr Lettre de Camposampiero du 4 février 1511. le dit à propos de la capture du marquis de Mantoue. Cf. Broscx, 2. SANUTO, vol. XI, col. 198.
Papst Julius II., p. 343. — Archiv. della R. Soc. Rom. di Stor. 3. CARLO CALISSE, Civitavecchia, p. 360. Pat., vol. IX, art. Cugnoni, p. 526. — 11 Cracas, Notizie di Curiosità 4. ALB. GUGLIELMOTTI, La Guerra dei Pirati, vol. I, p. 92.
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