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PARIS DE Grass, Le Due Spedizioni., Bologne

3. Par Orvieto, Assise, Tolentino, Recanati, Lorette. Dans Ancône, mourut, le 17septembre 1510, le cardinal Louis d’Amboise, évêque d’Autun, puis archevêque d'Albi. Eubel donne la date de 1517. Son épitaphe à Lorette fournit celle du 17 septembre 1510 qu’il convient d’adopter. Le cardinal Georges d’Amboise, son oncle, était mort à Lyon, le 25 mai 1510. RAyNaLDus, vol. XI, col, 526.

4. Les papes précédents avaient toujours été peu prodigues de faveurs de ce genre ; quand ils accordaient une indulgence, elle

était de cent cinquante jours au plus, rarement de deux cents, jamais de sept à dix ans comme depuis .

5. L'Habitant français de Rome (MADELIN, p. 204) note dans sa chronique que, depuis le commencement d'octobre 1510 jusqu’au commencement de février suivant, il «ne cessa de pleuvoir grande pluie qui ne fut quatre jours sans pluie ». En août, il grêla si fort que toutes les vignes de Rome furent détruites.

6. Cette même année 1510, l’envoyé vénitien Trevisano le décrit ainsi : « C’est un profond politique expérimenté ; il a la goutte et souffre d’un autre mal, mais il est robuste et dur à la fatigue. »

7. Lettre de Sabbadino degli Arienti en date du 23 octobre 1510 à Isabella, dont il était le représentant.

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Ï14 LE PONTIFICAT DE JULÉS Ii

Huit jours après arriva le marquis de Mantoue. Le pape n’avait pas trop lieu d’être satisfait de lui. Une semaine auparavant, il avait permis aux renforts que Chaumont envoyait au duc en toute diligence de traverser son territoire (29 septembre 1510). Au vrai, c'était la marquise qui avait pris sur elle de ne pas s’opposer à leur passage, alléguant qu’elle ne disposait pas de forces suffisantes; Francesco, qui était aussi faible et indécis 1 que sa femme était énergique ?, avait laissé faire.

A cette nouvelle, Jules IT était entré dans une belle fureur, mais Isabella, qui l'avait prévu, avait pris ses précautions ; elle s'était acquis d’excellentes amitiés parmi les entours du pape. L’archidiacre Alessandro di Gabbionetta, qui était très épris d’elle et en qui Jules II mettait une confiance sans bornes; Girolamo Arsago, évêque d’Ivrée, puis de Nice (1511), un Milanais dont les bouffonneries le divertissaient * ; Gian Cristoforo de Ganti, dit Romano, fameux sculpteur et graveur de médailles, l’un des interlocuteurs du Cortigiano, à qui Jules IT avait, ce semble, confié le soin de faire une médaille à son effigiet, et le cardinal Alidosi, qui se déclarait hautement «le compère de la marquise » et qui exerçait sur Jules IT un incroyable empire, travaillaient pour elle. Ils firent tant et si bien que la colère du pape s’apaisa, ce qui enhardit la marquise à fournir aussitôt d'argent son frère qui en manquait 5. Elle lui procurait aussi des renseignements par des lettres chiffrées.

La nomination comme gonfalonier du marquis de Mantoue avait indigné son beaufrère Alfonso (5 octobre 1510). Il avait tort de s'inquiéter ; sur les conseils d’Isabella, il se déclara malade, incapable de monter à cheval ; la maladie dont il souffrait comme tant d’autres de ses compatriotes a de ces retours imprévus. Le pape devint de plus en plus soupçonneux et lui aurait envoyé son médecin si l’on n'avait su que, pour 10 écus, 1l fournirait tous les certificats qu’on voudrait. Pour donner le change à Jules II, on fit intercepter de fausses lettres chiffrées avec des noms de convention, dans lesquelles il était parlé de la grave maladie du marquis; la comtesse Francesca Trivulzi de la Mirandole, qui devait avant peu donner tant de tablature à Jules IT, fut partie dans le stratagème.

Pendant ce temps, par amour pour la marquise, Gabbionetta s’efforçait de déterminer les cardinaux à préconiser un accommodement, mais le duc lui-même ne voulait pas entrer dans cette voie sans un Placet du roi Louis, d’autant plus que Fabrizio Colonna, devenu l’un des principaux généraux de l’armée pontificale $, lui avait fait savoir qu’il

1. C’est ce qu’on pensait de lui en France, et aussi l’opinion qu’en avait l’ambassadeur florentin Nasi (14 novembre 1509). Négociations de la France avec la Toscane, p. 441.

2. En outre, médiocre général, malgré l’opinion qu’on avait de lui.

3. Arsago était représentant du marquis auprès du pape. A. Luzio, Isabella.

4. Né vers 1465, il fut au service d’Isabelle d’Este de 1497 à 1505 ; il mourut à Loreto le 31 mai 1512. JEAN BABELON, La Médaille et les Médailleurs, Paris, 1927. Il est l’auteur de médailles d’Isabella d’Este, de Jules II, d’Isabella d'Aragon, femme de Gian Galeazzo Maria Sforza, de Lucrèce Borgia.. Cf. G. F. Hi, dans Aréthuse, octobre 1923, et GEorG HaABpicx, Die Me-

daillen der ITialienischen Renaissance, Stuttgart et Berlin, 1924.

5. Vers ce temps (27 janvier 1511), le roi Louis XII écrivait à Isabella la curieuse lettre que voici : «Ma cousine, Pour ce que je sais bien que mon cousin votre mari est un très mauvais ribaud etqu’ilprendet vous ôte tout ce qu’il vous peut ôter, je vous envoie un haubin (cheval), lequel je vous prie que vous gardez pour l'amour de moi et vous donnez bien garde qu’il ne le vous ôte, car je le connais bien et si vous le connaïissiez aussi bien que moi vous ne l’aimeriez pas tant que vous l’aimez. En vous disant adieu, ma cousine, — Lovys. » Lettres du roi Louis XII et du cardinal Georges d'Amboise, Bruxelles, 1912.

6. Fils d’Odoardo, seigneur de Genazzano, de la branche des ducs de Paliano. Fabrizio était le père de l’illustre poétesse Vittoria.

n'avait rien à craindre. Les ennuis avaient assailli le pape dès son arrivée à Bologne.

Le 7 octobre 1510, son favori, le cardinal Alidosi, lui fut amené garrotté ; le duc d’Urbino l'avait fait arrêter sous prétexte qu'on l'avait trouvé en possession de lettres compromettantes. Mais le cardinal n'avait rien perdu de son assurance ; avant de traverser le pont du Reno, il congédia sa garde comme si c'était une escorte et remit 3 écus à chacun des 150 cavaliers qui la composaient ; ils ne protestèrent pas, se retirèrent, et douze archers seulement l’entouraient quand il entra à Bologne. La joie y fut extrême de le voir arriver dans cet équipage, car 1l s'était fait détester par ses exactions et ses rigueurs ; quatre sénateurs et nombre d'habitants venaient d’être décapités par son ordre. Mais le pape, loin de lui retirer sa confiance, le confirma dans toutes ses charges.

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