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P. DE Grassi, éd. Dôüllinger, p

magnifiquement décorée.

7. En 1509 un certain Lorenzo travaillait « dans une Chambre proche de la Bibliothèque »; il recevait, le 8mars 1510, 100 ducats. Munrz, Ms. p. 427. CROWE et CAVALCASELLE, Ra ffaello, trad. ital, Florence, 1890, vol. II, p. 11, citent d’après les archives vaticanes un Lorenzo Lotto comme ayant reçu à cette époque une somme de 100 ducats. Ce Lotto ne semble pas être le peintre connu, car il était Vénitien et celui-ci est qualifié de Trévisan,

8. Vasari cite comme travaillant dans les Chambres : Pietro della Francesca, Luca da Cortona, don Bartolomeo della Gatta, l’abbé S. Clemente d’Arezzo et Bramantino de Milan qui avait peint des figures d’après nature.

LA VIE TOURMENTÉE DE JULES II ENTRE r5r0 ET r5r2 tt

par son neveu, Francesco Maria della Rovere, et surtout par ses œuvres nombreuses; il lui confia donc l’ornementation de quatre des pièces de son nouveau logement ; elles sont inégales, irrégulières, mal éclairées ; les portes et les fenêtres devaient fatalement couper de façon fâcheuse les motifs qu’imaginerait Raphaël. Il se mit à l’ouvrage, et ses essais montrèrent dès l’abord une telle supériorité que le Pérugin, d’ailleurs vieilli, abandonna son travail et se retira à Pérouse sa patrie 1, le Pinturicchio gagna Sienne, le Sodoma cessa de travailler ?. Une partie des fresques déjà exécutées furent recouvertes. En remplacement des maîtres qui se virent ainsi écartés, Raphaël s’entoura d’un essaim de jeunes collaborateurs dont il pouvait disposer à son gré ; quelques-uns avaient des spécialités ; Giovanni da Udine était plus particulièrement chargé de peindre des instruments de musique et les masques #. Pour les fresques de la chambre d’Héliodore, Raphaël se fit aider par Jules Romain.

Raphaël avait une connaissance suffisamment approfondie dé la théologie et de l'antiquité pour interpréter de lui-même les sujets qu’ilse proposait d'exécuter ; néanmoins, il ne fut pas sans rechercher, en ce qui concernait les personnages et les traditions classiques, les conseils des humanistes, dont la plupart étaient ses amis, Sadoleto, Beroaldo, Inghirami..…. On a aussi avancé qu’il s'était inspiré des Triomphes de Pétrarque ; ce fut, en tout cas, de façon bien lointaine.

La plus fameuse des salles qu'il décora est celle dite dela Signature, parce qu’elle servait vraisemblablement à Jules II pour y donner les innombrables signatures que la nécessité et la routine exigent de tout chef d’État4 Le caractère de la pièce est marqué par les sujets que représenta Raphaël sur les indications du pape : Théologie, Philosophie, Poésie, Jurisprudence ; le Droit civil triomphe avec Justinien, le Droit canonique avec Grégoire IX5.

Raphaël se plaisait à faire figurer dans ses compositions, suivant la mode du jour, des personnes marquantes ; il s’est peint lui-même dans l’École d'Athènes à l'extrême droite, mais discrètement, à peine visible, avec le Pérugin à ses côtés; dans cette même fresque, ila figuré Bramante et peut-être bien quelques autres de ses contemporains: le jeune fils d’Isabella d’Este, l’otage Federico, les cardinaux Farnèse et Médicis, deux futurs papes, et le neveu de Jules IT, Francesco Maria. Mais le nombre et la diversité de ces identifications montrent ce qu’elles ont d’hypothétique. Pour le pape, Raphaël a sûrement donné ses traits à plus d’une de ses figures ; c’est lui qui, les traits fatigués, avec l’aspect d’un vieillard, est Grégoire IX rendant les Décrétales 6; c’est lui qu’on voit, rajeuni et enorgueilli par le succès, dans la fresque d’Héliodore chassé du Temple de Jérusalem, vêtu d’une aube blanche et d’un camail rouge doublé d’hermine, la tête coiffée d’un bonnet rouge, avec une opulente barbe blanche ; c’est lui qui, dans la Messe de Bolsène, couvert d’une longue robe de laine d’un blanc jaunâtre, une aumusse rouge

1. Où il mourut en 1524. 4. Voir à la fin de la Bibliographie l’addition relative à l’ou- 2. En 1508, il reçoit encore 50 ducats. Munrz, Raphaël. vrage de M. Coppier. 3. Il était venu à Rome attiré par la renommée de Raphaël. s. Voir pl XXV.

CAVALCASELLE et CROWE, Raffaello, Florence, 1884-1891. 6. Voir pl. XXVI.

doublée d’hermine jetée sur les épaules par-dessus le rochet, domine la scène, car l'officiant tient les yeux baissés et, lui, lève hardiment la tête 1.

On ne sait ce que fut payé à Raphaël son travail ; ce n’est que par induction que le chiffre de 1 200 ducats a été proposé. À la mort de Jules II, il n'avait pas achevé son œuvre ?.

Le portrait du pape, dont l'original, donné par lui à l’église S. Maria del Popolo, devint ensuite la propriété des Médicis on ne sait dans quelles conditions et se trouve au palais Pitti, fut peint par Raphaël pendant qu'il était en plein labeur des fresques ÿ; des copies, dont une ou deux faites sans doute sous ses yeux et retouchées par lui, font l'ornement et l’orgueil de plusieurs musées et collections particulières #; Jules II n’y apparaît pas « formidable » comme à Vasari qui subissait l'influence de ceux qui avaient connu le pape, mais recueilli, méditatif et résolu à la fois, comme il sied à un souverain à la fois temporel et spirituel, qui sent le poids des intérêts considérables dont il a la charge, ayant beaucoup souffert et peut-être médité, sachant que le monde après lui, et par lui, ne sera plus tout à fait le même.

Sans doute Raphaël a-t-il cru devoir représenter le pasteur d'hommes plutôt que le conducteur d’armées.

1. Il est un écrivain (Goncourt) qui a dit que nul objet au monde n’est l’occasion d'autant de sottises et de sornettes qu’un tableau; on en demeure convaincu en parcourant le fatras de jugements, hypothèses, interprétations et censures qui ont été imaginés au sujet de ces fresques. Elles sont très belles, peut-être le.chefd'œuvre, qui n’aura point de second, de la peinture ; en les contemplant, on se sent en face de la beauté absolue. Ne convient-il pas d’en goûter la splendeur en toute sincérité et, si j’ose dire, en toute innocence, sans s’embarrasser de cet appareil critique qui ne saurait qu’atténuer l’effet presque poignant qu’elles produisent non pas à la première fois qu’on se trouve en leur présence, mais lorsque les années ont familiarisé les yeux à leurs beautés et l'esprit à leur intelligence?

2. Parmi les bombardiers du château Saint-Ange qui recevaient 8 ducats par mois, l’un était le père de Raphaël, Santi, l’autre Caravaggio. Mand. Camer 1500, 1503, fol. 35.

3. Le pape a toute sa barbe dans ce portrait ; il est donc postérieur à son retour à Rome, c’est-à-dire à la fin de juin 151retàla maladie qu’il eut tout de suite après, au mois d'août et antérieur à l’année 1512 où il se fit raser.

4. BurcHARD, nouv. édit., vol. II, p. 411, n. Raphaël, vol. I, p. 257.

La bulle investissant de nouveau Gaetani de sa seigneurie de Sermoneta est ornée d’une miniature représentant le pape. Voir GREGoROvIUS, vol. IV, p. 413, n. 57. Le pape y est glabre.

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