Il y en eut moins à l’ouverture du concile de Trente, le
13 décembre 1545. À la deuxième session assistaient cent deux Pères mitrés.
Cette séance inaugurale terminée, il se rendit à l’église de S. Pietro in Vincoli ; son humeur était enjouée, 1l riait et plaisantait, il avait l'air, dit Grassi, d’un enfant revenant de l’école où 1l pensait être battu par le magister et dont les craintes se seraient dissipées. Au fond, bien qu'il eût convoqué le concile de sa propre initiative, il n’était pas sans en appréhender la réunion, car Jules II n'avait rien du parlementaire, et les discussions savantes et compliquées n'étaient pas son fait. Or, cette première séance lui avait montré qu'il tenait bien en maïn son concile et qu’il pourrait s’en servir à son gré.
On insinua au pape que, puisque Grassi avait si intelligemment organisé la cérémonie, il convenait delui donner une récompense, à quoi Jules IT répondit qu’il ne pouvait lui conférer un évêché, à cause de sa situation de fonctionnaire, mais qu’il saurait lui trouver une compensation, et, en disant cela, il leva la main en manière de serment. Mais Grassi, qui avait la pratique des cours, ne put s'empêcher de douter que la foi ainsi donnée fût gardée 1,
La Ire «session», qui eut lieu huit jours après, le 10 mai 1512, fut consacrée à des dispositions préliminaires touchant l'élection des officiers du concile, l’ordre et la tenue des séances, l’entente qui devait régner entre les Pères ainsi qu'il est prescrit par le onzième canon du concile de Tolède.
La II session, qui fut tenue le 17 mai, eut surtout pour objet l’annulation des décisions du concile de Pise ?. C'était là, au reste, le but principal du concile ; Tommaso de Vio de Gaète, général des dominicains (on tenait la balance égale entre les ordres), que Léon X créa cardinal, apporta les raisons pour lesquelles cette assemblée, qui prétendait se placer au-dessus du pape, assujettir « Pierre à l’Église», devait être déclarée nulle ; il établit la suprématie du souverain pontife « qui est la base du catholicisme # ». Lecture fut donnée d’une lettre du roi d'Angleterre, quiconfirmait son alliance avec le Saint-Siège, et d’une lettre du roi d’Espagne, qui accréditait auprès du pape son représentant Girolamo de Vich et assurait le Saint-Siège de son dévouement.
La IIIe session fut fixée au 3 décembre 1512, après les chaleurs de l'été et la fin de la saison des fièvres 4 Entre temps, la fortune avait accablé les Français.