MoRoONE, Correspondance
7. Héritier dégénéré de sa race, Maximilien ne voulut connaître de la souveraineté dont il se trouva momentanément investi que les jouissances qu’elle pouvait lui donner. (MoRoNE, Lelt., CXV et suiv. — BALAN, vol. VI, p. 73 et suiv.)
8. Il entra à Milan le 29 décembre 1512. CIPOLLA, p. 820. -» PRATO, p. 304.
Le pape favorisait les Suisses, qu’il appelait « les alliés et les défenseurs de l’Église » ; il leur envoya un étendard, une épée et un casque bénits 1,
D'autre part, les difficultés croissaient entre l’empereur et les Vénitiens ; celui-ci consentait à laisser la République en possession de Padoue, Trévise, Crème et Bergame, mais réclamait Vicence et Vérone, ce qui aurait coupé en deux les États vénitiens ; de plus, il exigeait une indemnité de 200 000 florins et un tribut annuel de 30 000 florins pour la cession de Padoue et Trévise, qu’il considérait comme lui appartenant.
Une grande animosité se manifestait également entre Venise et le Saint-Siège ; la République reprochait au pape l'appui qu'il donnait à l’empereur, et le Saint-Siège trouvait que la Seigneurie montrait beaucoup de tiédeur dans la guerre contre Ferrare, qu’à la vérité elle ne tenait nullement à voir écrasée.
On disait à Venise dès le mois de juin 1512 que certes saint Pierre et saint Marc étaient de bons amis, mais que saint Marc (qui a pour emblème le lion) envoyait à saint Pierre des coups de griffe qui ne lui plaisaient guère ?, A la conférence de Mantoue, Jules IT avait insisté pour que Venise se pliât aux exigences de l’empereur, maissans succès ; le 7 novembre 1512, la Sérénissime répondit par un refus catégorique.
Entre tant d’alliés possibles, Jules IT choisit le moins apte à lui fournir un appui efficace. Le prestige de l’Empire l’éblouit à ce point qu’il ne comprit pas la fragilité et le peu d'efficacité d’une telle alliance. L'empereur, il est vrai, lui promettait de l’aider contre tous ses adversaires, de se déclarer l'ennemi des schismatiques, de reconnaître de façon explicite la légitimité du concile du Latran, de ne pas faire valoir ses droits sur Reggio et Modène et de ne pas soutenir le duc de Ferrare et les Bentivoglio, mais il se refusait à accepter Maximilien comme duc de Milan et à conclure la paix avec les Vénitiens. Néanmoins Jules II, faisant encore une fois volte-face, abandonna les Vénitiens et signa, le 25 novembre 1512, un accord formel avec l’empereur, par lequel il promettait d'employer en sa faveur les armes spirituelles aussi bien que les temporelles, soit contre la Sérénissime République, soit contre le duc de Gueldre.
Les ambassadeurs d'Angleterre et d'Aragon se refusèrent à contresigner cet accord 3.
Quand on apprit à Venise que Jules IT avait traité avec l’empereur, un mouvement se dessina aussitôt en faveur de la France, qui aboutit à la conclusion d’un traité sur le modèle de celui de 1499 engageant les deux parties à s’entr’aider en vue de regagner les territoires perdus 4 Le pape y répondit par un monitoire dans lequel il qualifiait les Vénitiens d’amis des schismatiques et de protecteurs des cardinaux rebelles, ce qui ne laissa pas de causer de l'inquiétude, car on craignait que le monitoire ne fût transformé en excommunication. Les envoyés de la République s’employèrent à écarter ce danger. En janvier 1513, il paraissait imminent.