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LE CORTÈGE SYMBOLIQUE DU CARNAVAL

VANT de mourir, Jules II eut la joie d’assister à sa propre apothéose; ce fut à

l’occasion du carnaval (1513) ! Selon sa volonté sans doute, on organisa

une manière de défilé triomphal rappelant les gloires de son pontificat.

On y vit un tableau représentant l'Italie libérée, Bologne avec un homme enchaîné

par derrière et l'inscription Causa Mali Tanti, les villes de Reggio, Parme, Plaisance

représentées par des figures symboliques, Gênes couronnée de chêne ; Aaron en sacrifi-

cateur, allusion aux cardinaux et prélats dissidents que le pape avait sacrifiés ; Jules IT,

sous les traits d’un empereur tenant en main le sceptre et le globe et entouré des Horace,

de Camille, de Scipion et d’autres héros de la Rome antique. Le char des charpentiers

portait un obélisque avec cette mention :« Jules II, libérateur de l'Italie, expulseur des

schismatiques », et un chêne en haut duquel figurait le pape ; dans les rameaux, on apercevait les rois et les princes ses alliés ?.

Le gouverneur de Rome s’avançait en tête du cortège, suivi du barigel avec ses hommes montés sur des chevau-légers, puis venait la garde italienne avec ses tambours et cent juifs en armes marchant militairement deux par deux et cinquante sans armes ; ils étaient commandés par deux d’entre eux quiétaient à cheval et portaient des costumes aux armes du pape ; toustenaient à la main des rameaux d’olivier ; derrière s’avançaient des

taient une douzaine de ducats (Registro dei mandati).

1. Le poète médecin Gian Giacomo Penni a laissé un poème 2. GuicctrARDINI, liv. XI, et RAYNALDUS, ad an. 1513, $ 11,

descriptif de ce carnaval. Voir ADEMOLLO, Alessandro VI, Giulio II

e Leone X nel Carnevale, Florence, 1886. — CLEMENTI, 11 Carnevale, Rome, 1899, p. 123. — Lettre de B. Stabellini à Isabella. —A. Luzro, Isabella, pp. 554, 577.

Durant tout son pontificat, Jules II s’intéressa aux fêtes du carnaval qu’il voulait brillantes et animées ; dans ses comptes figurent des achats de taureaux et de prix. Les taureaux coû-

qualifient Jules II de libérateur de l'Italie. Il est intéressant de rappeler qu’à la fin du x1v® siècle, Alberico da Barbiano, chef d’une bande d’aventuriers composée uniquement d’Italiens, inscrivit sur ses étendards autour d’une croix rouge sur fond blanc ces mots Lib.(erata) Ita.(lia) ab Ext.(eris). Les Barbiano, princes de Belgioioso de Milan, qui en descendent, prirent cette devise.

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coureurs, allant aussi deux par deux et vêtus de blanc précédant le sénateur en manteau de velours rouge et les conservateurs en manteaux de soie d’or doublés d’étoffe incarnate coiffés d’un bonnet noir et entourés de leurs fedeli; de nombreuses corporations suivaient; enfin, les trompettes et les fifres fermaient la marche avec le cheval portant les prix des courses. Le peuple poussait des acclamations en l'honneur du pape.

Le samedi 30 janvier 1513 eurent lieu des combats de taureaux sur la place du Capitole, sur la place Giudea, Via Florida 1; le 2 février fut le jour de la course des vieillards, le lendemain coururent les buffles. Fra Mariano « faisait ses caprices » de bouffon, qui allaient établir sa renommée sous le pontificat suivant.

Pendant que ces divertissements se célébraient dans les rues de la ville, Jules IT, qui sentait à des signes certains que ses derniers moments approchaïent, réglait minutieusement avec son maître des cérémonies le détail de ses funérailles (4 février 1513).

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