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LA MORT DE JULES II

À partir de la Noël, Jules II avait été déclinant ? ; les accès de fièvre devenaient plus fréquents et plus violents ; il souffrait des reins et perdit le sommeil et l’appétit ; des six ou huit médecins qui le soignaient, les uns affirmaient que son mal venait de la fatigue de son estomac dont il avait abusé, les autres en voyaient la cause dans d’autres intempérances. D'ailleurs, il ne les écoutait guère, à l'exception du «rabbi» (Sarfati). Il recevait encore dans sa chambre les ministres étrangers qui lui trouvaient toujours «sa voix terrible et son visage de feu ». Mais ses forces allaient en diminuant ; il ne se levait plus ?. Il appela donc Grassi (4 février 1513), car il ne voulait pas qu’il en fût de lui comme de tant d’autres papes qui avaient été enterrés misérablement vêtus et souvent presque nus, abandonnés et dépouillés par leurs familiers. Après s'être félicité de mourir avec sa connaissance, et non pas brusquement et de pouvoir faire une fin chrétienne comme il convenait, il demanda à Grassi de veiller à revêtir son cadavre de vêtements neufs avec ses ornements pontificaux. Cependant, il n’entendaïit pas qu'on le considérât comme «Zn articulo mortis » ; lorsqu’ilavaïit appris, quelques jours auparavant, que plusieurs cardinaux venaient de se réunir en un fastueux banquet, il considéra qu'ils se réjouissaient un peu vite de voir ouvrir sa succession et s’écria : « Ils prennent plaisir à escompter ma mort, mais je ne suis pas mort et c’est moi qui les expédierai » (29 janvier 1513).

Vers la fin du carnaval (14 février), il y eut un peu de mieux dans son état «et les cardinaux se désolèrent ». Mais il se mit à boire du vin, dont il commanda qu'on lui apportât des échantillons, en sorte qu’il se sentit plus malade. Les conservateurs pré-

1. L'ancienne Via Magistralis près du fleuve, dans le quartier éd. Dollinger, p. 410. Ponte, devenue la Via Giulia. 3. Manuscrit Paris de Grassi, vol. II, fol. 665. — Lettres des

2. Déjà en mai précédent, il prévoyait sa fin prochaine: « Sentio ministres mantouans à Isabella dans Luzio, Isabella, p. 414. — Me viribus deficere in horas nec amplius vivere posse», P. De Grasst, SANUTO, vol. XV, col. 560. — GREGOROVIUS, vol. IV, p. 406.

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