Elle avait été achetée de son vivant sur son ordre
3. Gilles de Viterbe, qui avait été son familier, le dépeint bien quand il écrit : « Jules II avait un caractère ferme et inébranlable, il était plus disposé à agir qu’à parler, il avait la passion de bâtir ; non seulement il rectifia et élargit bien des rues avec l’aide de Bramante, mais il édifia la basilique de Saint-Pierre et entreprit de grands travaux au Vatican. La mauvaise fortune ne pouvait l’abattre ; deux fois elle s’acharna contre lui, deux fois il se montra imperturbable. Il s’efforça de rendre à l’Église son autorité ; les choses du Saint-Siège ont été portées si haut par lui qu’elles ne pourront que déchoir ensuite » (Ægidii Viterbiensis Historia viginti S'æculorum, p. 386. Archiv. für Kunde osterreichischer Geschichte und Quellen, Vienne, 1854, vol. XII, publ. par Hæfer). Vettori, quiavait été ambassadeur de Florence à Rome, dit de Jules II : « Homme certainement plus heureux que prudent et plus hardi que courageux, ambitieux et avide de grandeur au delà de toute expression ; comme d’Alexandre VI, on pouvait dire de lui qu’il était plus empereur que pontife ». Et Guicciardini écrit (liv. XI, $ VIII): « Pape digne de la plus haute gloire s’il avait été un prince séculier et si le soin et l'application qu’il montra à exalter l’Église dans l’ordre temporel par l’art de la guerre, il les avait eus à l’exalter dans l’ordre spirituel, par l’art de la paix ; néanmoins, il fut plus qu'aucun de ses prédécesseurs digne d’une mémoire magnifique et de reconnaissance. » Guicciardini, il ne faut l’oublier, était Florentin. Le cardinal Roberto Bellarmino a pris éloquemment la défense de Jules II dans son ouvrage Tractatus de Potestate S, Pont.…., Rome, 1610.