ASCANIO
LE CARDINAL PADOCATHARO (1504). (Phot. Moscioni.)
SFORZA (1505). (Phot. Moscioni.)
LE CARDINAL GIOV. DE CASTRO (1506). (Phot. Moscioni.)
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LA VIE À ROME DE 1503 À r607 ai
que la piété des fidèles, la magnificence ou la vanité des grands avaient élevées depuis les premiers siècles, mais dont la plupart tombaient en ruines.
Après avoir franchi la porte Del Popolo, alors d’assez pauvre apparence et qui a été reconstruite depuis, il pénétrait sur la place du même nom, dont l'aspect misérable devait lui donner une triste opinion de la métropole du monde catholique.
À sa gauche il apercevait l’église S. Maria del Popolo que Sixte IV avait fait reconstruire sur les plans de Pintelli et que Jules II, qui se plaisait à suivre ses traces, ornait de fresques dues à Pinturicchio et d’une verrière due à Marallat ?. Il en restaurait aussi le chœur avec l’aide de Bramante. Cette église, où les papes faisaient une première halte en revenant à Rome de leurs expéditions ou de leurs excursions dans le Nord, allait devenir le Saint-Denis des cardinaux ; Lorenzo Cibo y fut enterré en 1503, Lodovico Podocataro en 1504, Giovanni di Castro en 1506 (par les soins du cardinal Carafa), Antonio Pallavicini en 1507, Antonio Trivulzio en 15083. Jules II y édifia, presque semblables, le tombeau d’Ascanio Sforza (1505) et celui de Geronimo Basso della Rovere (1507) ; l'architecte en fut Andrea Sansovino, de son vrai nom Cantuoni.
La colline du Pincio, à laquelle est adossée l’église, méritait encore son nom de Colis Hortorum ou Hortulorum, car elle était couverte de jardins.
Pour se rendre dans la partie habitée de la ville, il fallait suivre, à travers de vastes espaces déserts, la Via Lata, aujourd’hui le Corso,qui se terminait au pied du Capitole ; un arc de triomphe, celui de Domitien, que l’on nommaïit l’arc de Portugal à cause du voisinage de l'habitation du cardinal de Portugal (Costa) {, barrait cette voie 5, l’une des rares qui fussent rectilignes et qui servait, pour cette raison, aux courses de chevaux, d’ânes, de buffles et de bipèdes, comme on disait, qui se célébraient chaque année au carnaval f. À gauche, sur la hauteur, s'élevait l’église de la Trinità dei Monti que Charles VIII avait fondée en l’honneur de François de Paule ? et à laquelle Jules II consacra quelque argent ; elle était loin d’être achevée. Au-dessous, la place Di Spagna qui devint, aux siècles suivants, le centre de l’activité urbaine et de l'élégance, était occupée par des champs ; non loin se trouvait le cimetière des courtisanes qui allaient envahir ce quartier où saint Pie V les parqua à la fin du siècle $. A droite, le mausolée d’Auguste, l’Augusteum, achevait de s'effondrer.
On n'atteignait les premières habitations qu’en arrivant près du Panthéon ; là se trouvaient les auberges les plus achalandées, celles du Soleil, du Navire, de la Couronne, du Chameau, de l’Ange°?. Des débris importants des thermes d’Agrippa se voyaient
4. Commencé au xrr1° siècle, il avait été agrandi par le cardinal Jean le Jeune.
1. VINCENZO FoRCELLA, Iscrizioni.… di Roma, vol. III, Rome, 1899. — BARTOLOMEO SuaRrDI, préface de Mongori, Le Rovine di
Roma al principio del Sec. XVI. Milan, 1880.
2. HUELSEN, Le Chiese di Roma, p. 358. — RAFFAELE-COLAN- TUONt, La Chiesa di S. Maria del Popolo..…., Rome, 1899. Elle avait été élevée sur l'emplacement supposé de la tombe de Néron, pour écarter, disait la légende, les démons qui assaillaient les voyageurs à leur arrivée dans la ville.
3. MunTz, Ms. fr. Nouv. Acq. 21 487, note 162. — FORCELLA, Iscriz., vol. I et XIII. Voir pl. VII.