‹ Histoire de RomeChapitre 35 sur 200 · Qui vivait encore en France ; mort en · texte numérisé non relu

Qui vivait encore en France ; mort en

8. En 1566 Dell’ abitare de meretrici pubblice in Roma, Cod. Vat. 9720, fol. 104. — Archiv. Stor. Not. Capit. Cred., t. I, vol. 23 et 37. — BErTOLOTTI, Rivista di discipline..., an. 1866, p. 512.

9. ALESS. Furini, Notizie Stor. intorno……. osterie, alberghi, locande…., Rome, 1835. L'auberge de l’Ours, où Dante est supposé avoir habité, est surla rive du Tibre, non loin du château Saint-Ange.

42 LE LPONTIFICATNDE JULESUEM

encore aux alentours. Sur la place voisine, appelée Agona ou Navone, qui conserve encore aujourd’hui la forme du cirque dont elle occupe l'emplacement, se donnaient des spectacles, des combats de taureaux, des courses, des représentations et se tenait un marché, car, depuis que la ville s'étendait de ce côté, l’antique marché du Capitole se trouvait trop éloigné. Des palais l’entouraient, Mellini, Savelli, Fieschi. Un peu plus loin, sur ce qu’on appelait le Monte Giordano, bien qu’il n’y eût là nulle éminence, s'élevait le formidable palais Orsini ceint d’une muraille, d’où tant d’attaques contre les Colonna, les Savelli et la papauté étaient parties. Entre la place Navona et le Tibre, il y avait d’ailleurs quantité de demeures seigneuriales, ou bien appartenant aux grands prélats que tentait la proximité du Vatican ; là aussi les banquiers, les Spannocchi, les Calvi, les Spinelli, les Ricasoli, les Tornabuoni, les Médicis avaient leurs comptoirs ; la nouvelle Monnaie s'élevait dans le voisinage, près de l’église S. Celso. La rue Banco S. Spirito, où se trouvaient réunis les bureaux de change, se nommaït alors Canal di Ponte !; elle faisait face au château Saint-Ange et continuait le pont. Jules II la rendit plus large et plus droite en 1512.

Toute la région qui s’étendait de là jusqu'aux pentes du Capitole, de l’Aventin et du Quirinal était fortement peuplée, bien qu’elle fût malsaine et exposée aux inondations ; une portion, l’Arenula, reçut même cette dénomination à cause du sable que déposait le fleuve lors de ses débordements; mais une nécessité s’imposait, celle de pouvoir se procurer de l’eau. Or, excepté l’aqueduc de l’Acqua Vergine (Virgo) qui alimentait la fontaine Trevi, la plupart des aqueducs, rompus depuis la chute de l’Empire, ne fonctionnaient plus, et force était de puiser dans le Tibre; on appréciait d’ailleurs beaucoup son eau, et tel pape en emportait dans ses voyages ?.

L’ancienneté de ce quartier apparaît dans le nom de certaines de ses rues : Via delle Coppelle, Via di Panico, et dans l’antiquité de ses églises; S. Maria in Posterula, SS. Celso e Giuliano, S. Agnese, S. Caterina della Ruota; l’église S. Salvatore in Primicerio, qui fut consacrée par Pascal II en 1113, avait été désignée de la sorte pour rappeler la primauté attribuée à l’Église romaine de façon définitive à cette époque.

La circulation était particulièrement difficile dans le réseau des ruelles qui s’y étaient créées au hasard des temps; c’est pourquoi Jules IT entreprit de rectifier l’antique Via Florida ou Magistralis qui longeait le fleuve et était sinueuse et étranglée par endroits 4 ; il la transforma en une rue droite et large autant que le Corso ; elle porte son nom encore aujourd’hui, Via Giulia, et réunit le pont Saïint-Ange à la région où s'élève le palais Farnèse, traversant le quartier Arenula.

Jules IT voulait que cette rue devint le centre de la vie romaine ; il projetait d’y construire un immense édifice, de forme rectangulaire, flanqué de tours comme il y en avait à presque tous les palais, dans lequel auraient été concentrés tous les services du Saint-

1. Elle prit le nom de Banco S. Spirito, parce que Paul V y «l’excellence » de l’eau du Tibre. L’eau de la Seine a passé égaétablit le Mont-de-Piété. lement pendant longtemps pour fort salubre. 2. Dit Marini, Archiatri. — Cf. ANDREA BaAccr, medico et 3. ARMELLINI, Le Chiese di Roma, cap. VI, VII.

filosofo, Del Tevere, Venise, 1576. Il consacre tout un chapitre à 4. Près de la Via Lombarda, dans le quartier Ponte.

LA VIE À ROME DE 1503 À r507 43

Siège et de la ville, les tribunaux, les bureaux des consuls corporatifs, les administrations. Cet édifice, qui aurait dépassé en dimension le palais Farnèse 1, resta à l’état de projet; les murs sortaient à peine de terre quand le pape mourut ; on en voit des fragments encastrés dans des maisons ?.

Quelques églises s’élevèrent en bordure de la Via Giulia, $S. Biagio de Cantàù Secuta ?, actuellement Della Pagnotta; S. Giovanni de’ Fiorentini, construite au temps de Léon X ; S. Maria della Morte, sous le palais Farnèse 4.

Le plan du pape était de relier cette rue au quartier du Vatican par un pont construit sur les ruines de celui de Néron, afin de dégager le pont Saint-Ange et d'éviter des catastrophes analogues à celle du jubilé de 1450. Le peuple lui donnait déjà le nom de Ponte Giulio, dit Albertini, maïs il ne fut même pas commencé 5.

A l’autre extrémité de cette rue, près du Portique d’Octavie et du Théâtrede Marcellus, se trouvait un amas de masures hautes et délabrées dans lesquelles s’entassait une population abondante et miséreuse, composée déjà presque uniquement de juifs. Le pape Paul IV allait en faire leur ghetto (15 juillet 1555). Ceux qui l’ont vu, avant sa démolition, il y a une cinquantaine d’années, ont eu une vision exacte de ce qu'était la Rome de Jules II.

Le pape fit de grands travaux dans cette région ; la Via Rua, nom qui prouve son ancienneté $, fut élargie ; une inscription datant de 1508 rappelle que certains propriétaires dont les maisons rétrécissaient la rue furent contraints de les laisser abattre ?. Il en fut de même pour la rue Delle Botteghe oscure *, qui menait au Capitole.

Sur le mont Capitolin, le palais sénatorial, que Michel-Ange transforma vers le milieu du siècle, avait encore cet aspect moyenâgeux de château fort qu'on lui voit dans les gravures de Kock et de Heemskerck.

Au delà s’étendait le Forum, devenu un pâturage où paissaient les bœufs ? ; on y avait placé une vasque antique pour les abreuver, laquelle se voit dans les gravures du xviIIe siècle ; les débris et les colonnes qui le parsemaient lui donnaient cet air de grandeur déchue qu’on y admirait naguère. L’arc de Septime Sévère, à demi enseveli et crénelé, était surmonté d’un campanile, celui de l’église SS. Sergio e Bacco qui lui était adossée ; celui de Constantin était flanqué de masures et couvert de végétation, comme tous les monuments de Rome.

Plus encore que d’autres ruines, le Colisée servait de carrière ; les entrepreneurs de constructions y prenaient des pierres, et le marbre du revêtement était employé à faire

1. Le plan en est conservé aux Ufizi de Florence ; il en existe 5. Ce projet a été repris et réalisé de nos jours ; le pont actuel

une représentation sur une des médailles frappées par ordre de Jules II.

2. Il était bien rare qu’un pape poursuivît l’œuvre de son prédécesseur, soit que son caractère et ses ambitions fussent différents, ce qui fut le cas pour Léon X, soit qu’une question de rivalité, de jalousie intervînt,

3. Ou de Captu Secuta. Elle porta encore plusieurs autres noms.

4. Autour du palais Farnèse, plusieurs palais : Branca, Capodiferro, Andreozzi, Cenci, Santacroce.

s’appelle Vittorio Emanuele,

6. Elle se trouva comprise dans l’enceinte du ghetto. Son nom vient peut-être des juifs portugais qui y habitaient.

7. ALess. Rurini, Dizionario delle Strade, Rome, 1847, p. 205.

8. Elle existe encore, et son étroitesse montre que son nom était mérité.

9. Il s'appelait en conséquence le Campo Vaccino ; le mont Tarpéien s’appelait Monte Caprino, à cause des chèvres qui y broutaient.

de la chaux 1. On y donnait des représentations sacrées, maïs la croyance populaire y plaçait des démons. Un prêtre en montra un peu plus tard une multitude à Cellini, quine cache pas, dans ses Mémoires, la frayeur intense qu’il en éprouva.

Puis c'était le désert, au milieu duquel s’élevaient des couvents et des églises, S. Marie Majeure, dont Jules IT fit orner le campanile de lames dorées et couvrir le toit de plomb ?, le Latran avec le cheval dit de Constantin (Marc-Aurèle) que Michel-Ange amena plus tard au Capitole, S. Croce in Gerusalemme, et quantité d’autres églises; de longues files d’arcades, restes des aqueducs romains, traversaient ces solitudes ; elles servaient fréquemment d’abris à des solitaires, femmes le plus souvent, qui, murés là pour le reste de leurs jours, vivaient de la charité publique et parfois vendaient des drogues et des onguents *.

Près de la porte Latina, Jules IT fit édifier en 1500, peut-être par Bramante, une petite chapelle octogonale appelée $S. Giovanni in Oleo, à l'emplacement où l’on supposait que saint Jean avait été plongé dans un chaudron plein d’huile bouillante.

LE TRANSTÉVÈRE ET LE BORGoO.

Au Transtévère, sur la rive droite du Tibre, Jules IT accomplit peu de travaux ; c'était un quartier à part, pauvre, turbulent, où les femmes avaient une renommée de beauté, les hommes de violence. De nombreuses églises s’y élevaient, la plupart fort anciennes. Francesco Armellini *, secrétaire du pape, suivant l'exemple de son maître comme plusieurs autres cardinaux, fournit les fonds pour d’importantes réparations dans l’église S. Maria in Trastevere , dont on attribuait l’origine à une générosité de l’empereur Septime Sévère. D’autres églises : S. Crisogono, $. Cecilia, S. Agata, remontaient aux premiers temps de la chrétienté $.

Sur la déclivité du Janicule se trouvaient l’église et le couvent de S. Pietro in Montorio ?, à l'emplacement où l’on croyait, au temps de Jules II, qu'avait été crucifé saint Pierre © ; Bramante y éleva dans la cour du couvent ce petit temple circulaire, le Tempretto, qui fut sa première œuvre à Rome et peut-être la plus parfaite (1505) ?. La cour est manifestement trop petite; Bramante avait l'intention de l’agrandir en la rendant circulaire et d’y créer un portique à colonnes. Le temps et l'argent lui manquèrent, et

1. Malgré les interdictions contenues dans les statuts et les protestations des représentants du peuple romain.

2. H. Srevenson, Notes sur les tuiles de plomb de la basilique de Sainte-Marie Majeure, dans Mélanges d'archéologie et d’histoire, 1888, D. 439.

3. L'un de ces solitaires, Fra Bernardino Garibaldi, envoya, en 1504, à Caterina Sforza, de l’eau contre les maux de tête. Voir Pasozini, Caterina Sforza, Rome, 1893.

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