MICHEL-ANGE
Rome. Musée du Capitole. (Phot. Anderson.)
LA VIE À ROME DE :r503 À 1507 45
c'est bien grand dommage. Quant à l’église, elle fut restaurée grâce à Isabelle la Catholique.
Afin de relier le Transtévère au Vatican et au quartier du Borgo, Jules IT fit élargir, régulariser et en partie paver une voie qui, partant de la porte Settimiano au Transtévère, aboutissait à la porte S. Spirito dans le Borgo ; longeant les bords du Tibre, elle traversait des vergers et des jardins ; les Riarï y avaient des enclos et le banquier Agostino Chigi y fit édifier soit par Peruzzi, soit par Raphaël !, cette demeure «digne du Paradis » qui devint la Farnésine. La construction en fut commencée en 1509 ; en 1511, elle était déjà fort avancée, et les poètes familiers de Chigi en vantaient la magnificence?. Jules II vint visiter les travaux et, pour piquer Chigi d’émulation, il lui demanda si sa maison serait aussi somptueuse que celle de Riario, qu’on achevait alors. À quoi Chigi répondit que ses écuries seraient plus belles que la salle à manger de Riario ; elles furent dessinées par Raphaël, à ce qu’on assure, et coûtèrent 2 000 ducats ÿ.
L'accès de Saint-Pierre avait été rendu plus facile par Sixte IV, qui perça, entre le pont Saint-Ange et la Basilique, la Via Sistina, et par Alexandre VI qui créa la Via Alessandrina, aujourd’hui Borgo Nuovo. Avec le Borgo Vecchio et le Borgos. Spirito, cela faisait quatre voies d’accès pour atteindre la place Saint-Pierre, «la Cortina di S. Pietro », bien plus petite alors que de nos jours et rectangulaire. Du côté de la porte Angelica, sur l'emplacement de la colonnade de Bernini, s’élevaient deux petits portiques et quelques taudis; au fond, des gradins de pierre surmontés des statues des apôtres dues à Nino da Fiesole 4 conduisaient à l’antique basilique, percée de trois portes monumentales et de doubles fenêtres, en partie cachée par la loge de Bénédiction. Les mosaïques à fond d’or qui en décoraient la façade ne s’apercevaient plus guère. Du côté du Vatican s'élevait un édifice construit sous le pontificat de Paul II par Giuliano da Maïano, architecte du palais S. Marco et en rappelant l’ornementation ; en face, à peu près à l’endroit où la colonnade méridionale rejoint l’église, était une maison à deux étages, de style florentin construite sous le pontificat de Pie II 5.
Plusieurs fontaines furent restaurées par lessoins de Jules IT, entre autres celle qui était située au Belvédère et qu’alimentait un aqueduc construit ou réparé par ses soins et une autre près de S. Maria in Trastevere, à laquelle on avait déjà travaillé au temps d'Alexandre VI. Toutefois, ce fut le cardinal Marco Vigerio qui paya la dépense. La fontaine Trevi, que Nicolas V avait établie, fut remise en état par Jules IT6.
Il fut fait des travaux de réfection aux murs de la ville. Ils se trouvaient en si mauvais état qu'il était plus facile, dit un contemporain, de sortir par les brèches que