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avec plus de raison, les provinces conquises ou à conquérir 1 par Jules II. Quatre grandes statues devaient orner les coins du mausolée, dont le Moïse, lequel serait placé entre deux figures représentant la Vie active et la Vie contemplative ?. Au sommet, deux anges soutiendraient la statue du pape, l’une souriante à la pensée que son âme avait pris rang parmi les bienheureux, l’autre pleurant parce que la terre était privée de lui. A l’intérieur du mausolée, un sarcophage de marbre ou de porphyre aurait reçu la dépouille du pape.

Le mausolée devait être orné en tout d’une quarantaine de statues et de nombreux bas-reliefs.

Michel-Ange partit pour Carrare dès qu'il eut la commande, pour surveiller lui-même l'extraction et la préparation des blocs, car on sait son scrupule sur le choixdes matières premières, pierres ou couleurs (avril 1505). Il y passa huit mois, coupés par de courts voyages à Florence ; le 12 novembre 1505, il signait un traité avec deux bateliers pour le transport de ses marbres jusqu’à Rome, puis, par Florence, il gagna Rome, où la plupart des blocs étaient déjà parvenus; il en surveilla le transfert du port jusqu’à l’atelier qu'il s'était choisi, à côté de l’église S. Caterina delle Cavallerotte, située sur la place Saint-Pierre. Jules II fut ravi lorsque le sculpteur lui montra les énormes blocs de marbre qu’il se disposait à travailler; il se complaisait à le voir à l’œuvre et fit même construire une passerelle entre le corridor qui relie le Vatican au château Saint-Ange et l'atelier de Michel-Ange, afin de pouvoir venir le trouver plus commodément.

Mais, dès janvier 1506, les ennuis commencèrent pour Michel-Ange; le 31, il informe son père que les vents contraires ont retardé l’arrivée des marbres sur lesquels il comptait, que ceux qu’une barque avait apportés précédemment se sont trouvés submergés pendant une inondation récente, que son travail est arrêté et qu'il doit obtenir du pape des délais, ce qui n’est guère facile. Puis se posa la question: où placer le monument ? Saint-Pierre était encombré, et la nef en était, au reste, trop exiguë pour qu’un mausolée aussi important et qui devait être isolé des murs pût y trouver place 4. Cette constatation confirma Jules II dans la pensée de reconstruire la basilique, ainsi qu'il en nourrissait au surplus le dessein depuis quelque temps déjà, à ce qu'il semble. Pour justifier une telle décision, Jules II laissait entendre qu’elle était croulante, vetustate collabentem ; les colonnes de la partie méridionale penchaient, disaient quelques-uns, et la toiture paraissait sur le point de s’effondrer. La cause en était, si cela est vrai, que le terrain sur lequel elleest construite est marécageux 5 et peu stable. Déjà au temps de Nicolas V, on s'était demandé s’il ne conviendrait pas d’entreprendre des travaux de réfection. Le pape et les écrivains à sa dévotion insistent sur ce point, soit

1. Nous ne sommes qu’au commencement du pontificat, alors que les ambitions de Jules II se trouvaientencore loin d'avoir

qui se trouve dans la « Nouvelle Sacristie » de Florence; l’Aurore et le Crépuscule se font opposition.

été réalisées. Voir pl. IX.

2. Rachel et Lia. Ce sont les deux statues qui se trouvent aux côtés du Moïse dans le monument de S. Pietro in Vincoli. V. pl. X. 3. Même pensée dans le sépulcre de Lorenzo II, duc d’Urbino

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