‹ Histoire de RomeChapitre 44 sur 200 · Vasari dit « splendide · texte numérisé non relu

Vasari dit « splendide

2. L'épithète de Patiente figlio di Paupertate que lui donna Cesare Cesariano ne semble guère justifiée, du moins à cette époque.

3. Naguère, Raphaël et lui se plaisaient à commenter Dante- Le manuscrit de la Bibliothèque nationale, f. italien 1543, Stanze di Lorenzo de’ Medici, contient au fol. 70 et suivants une vingtaine

de sonnets de Bramante, dont 18 identiques à ceux de la Raccolta Milanese et des Poesie italiane inedite, Prato, 1847, vol. III, p. 84. Cf. Gazelte des Beaux-Arts, vol. XX, 1879, p. 514, art. E. MuNTz et L. BELTRAMI, Bramante poeta, Milan, 1884.

4. Lettre de Pietro Rosselli en date du 10 mai 1506. Voir Ricci, p. 54. — E. Muxrz, Une Rivalité d'artistes, Michel-Ange et Raphaël, dans Gazette des Beaux-Arts, t. XXV, 1882, pp. 281, 287, 385, 400.

LE MOÏSE DE MICHEL-ANGE. RACHEL ET LIA, à droite et à gauche. STATUE DU PAPE, Dans l’église S. Pietro in Vincoli. (Phot. Alinari.)

PONTIFICAT DE JULES Il.

PI. 10, page 52.

LA VIE À ROME DE r503 À 1507 se

gent; l’accès des appartements pontificaux lui fut interdit cependant ; la semaine sainte se passa en sollicitations inutiles ; le vendredi saint (10 avril), Michel-Ange se présenta de nouveau et essuya de la part de l’huissier un nouveau refus; un évêque intervint et fit observer à l’huissier qu’il ne savait pas sans doute à quel homme il parlait. « Je ne le connais que trop, répliqua l'huissier, mais je suis obligé d’obéir à ma consigne. » Sur quoi Michel- Ange dit que, puisqu'on le traitait ainsi, il s’en irait et que, si on le voulait, il faudrait aller le chercher. Même il n’hésita pas à mettre ses paroles par écritet chargea quelqu'un de l'entourage du pape de les lui porter 1, Puis il rentra chez lui, ordonna à ses serviteurs de vendre à des juifs tout son mobilier et partit en pleine nuit, bride abattue, pour se réfugier en Toscane. Son imagination exaltée lui faisait craindre les pires dangers. « Si j'étais resté à Rome, écrivait-il, ma tombe se serait trouvée nécessaire avant celle du pape. »

Jules IT envoya cinq cavaliers à sa poursuite, mais ils ne parvinrent à le rejoindre qu’à Poggibonsi, près de Sienne, hors du territoire de l’Église, et durent se contenter de lui lire une lettre du pape dans laquelle il le menaçait de sa colère s’il ne revenait pas ; ils joignirent, mais en vain, leurs instances aux menaces de leur maître. Michel-Ange répondit en se plaignant d’avoir été traité comme un homme de rien, et il ajouta que, le pape ayant montré qu’il ne tenait plus à son tombeau, il se considérait comme dégagé de son contrat et n’accepterait certes pas d'entreprendre d’autres travaux à la place, allusion à la décoration de la chapelle Sixtine.

Néanmoins, le 2 mai 1506, revenu de son emportement, il écrivait à Sangallo qu'il était au désespoir d’avoir irrité le souverain pontife et tout disposé à terminer son tombeau, «qui sera la plus belle chose du monde», écrivait-il, mais à Florence, où il ferait venir les marbres qu'il enverrait ensuite tout taillés et sculptés à Rome. Il demandait

toutefois auparavant à recevoir son dû ?.

1. Michel-Ange a raconté plusieurs fois cet incident : dans une lettre adressée à Francesco Fattucci de Florence en janvier 1524 ; dans une supplique adressée dix-huit ans plus tard au pape PaulIIl le 20 juillet 1542, et dans une lettre à un inconnu datée du mois d'octobre suivant. Voir MiLANESI, pp. 426, 485, 489.

2. Ce tombeau ne fut jamais achevé, malgré le grand désir de Michel-Ange, qui pensait que sa réputation y gagnerait beaucoup. Ce n’est pas toutefois que les exécuteurs testamentaires de Jules II, Lorenzo Pucci, depuis cardinal, et Leonardo Grosso della Rovere n'aient pris des dispositions aussitôt après sa mort ; le 6 mai 1513, ils signaient un contrat avec Michel-Ange aux termes duquel celui-ci s’engageait, moyennant 16 500 ducats d’or, à poursuivre l'achèvement du tombeau, dont une minutieuse description est donnée dans l’acte. Michel-Ange confia diverses parties du mausolée à des auxiliaires, Raffaello da Montelupo, Giovanni de’ Marchesi, Francesco da Urbino. Mais rien ne se fit. Ce tombeau fut le tourment de sa vie. Léon X refusa d'aider à son édification et le neveu de Jules II, le duc d’Urbino, dut prendre l'affaire en main ; toutefois, l’énormité de la dépense l’effraya ; il demanda donc à l’artiste de la réduire en diminuant le projet primitif. Mais alors les statues déjà achevées, le Moïse, les deux Esclaves, se trouvèrent trop grandes; tout était à refaire; d’autre part, Paul III imposa à Michel-Ange la peinture du Jugement dernier ; il dut en conséquence solliciter du pape d’être délié de son engagement envers le duc d’Urbino; en outre, il demanda une

indemnité pour ses débours, ce qui finalement lui fut accordé (20 juillet 1542). D'ailleurs, le duc d’Urbino était mort le 20 octobre 1538.

La dépouille de Jules II fut déposée provisoirement dans le tombeau qu’il avait fait élever à son oncle par Pollaiulo dans l’ancienne basilique, près du chœur ; elle se trouve à présent dans la chapelle du Saint-Sacrement ; aucune inscription, aucun indice n’en marque l’emplacement., GREGoroviIuS, Le Tombe dei Papi, p. 116. — CorRADO Ricci, Michelangelo, p. 173.

Jules IT avait, paraît-il, demandé, au moment de mourir, à être enterré dans l’église de S. Pietro in Vincoli, où a été édifié le monument que l’on y voit encore et dans lequel figurent le Moïse et les deux statues de Rachel et de Lia, lesquelles, on l’a dit, sont partiellement dues au ciseau de Michel-Ange. Ce monument ne fut achevé que vers 1545. Comme on l’a vu, les restes de Jules II ne s’y trouvent pas. Voir Moront, Diz., vol. XIII, p. 7.— E. Munrz, Histoire de l'Art pendant la Renaissance, vol. III, p. 388.

La sépulture de Jules II aurait été violée et son cadavre dépouillé d’une partie de ses ornements lors du sac de Rome de 1527. Voir TiBErit ALPHANARI, De Basilicæe Vaticanæ, Rome, 1914, p. 78, et 11 Messaggero, journal romain en date du 12 novembre 1926, article de G. Cascioli sur la découverte des tombes de Sixte IV et de Jules II ainsi que des cardinaux Santoro et Della

Rovere,

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