‹ Histoire de RomeChapitre 6 sur 200 · PERS · texte numérisé non relu

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ARC DE CONSTANTIN ET META SUDANS. Au fond, ARC DE TITUS ET TOUR APPELÉE CARTULARIA.

Gravure de Du Pérac, 1575.

PonrTiFicaT DE JuLEs II,

Le pape revêtit, dans la chambre historique dite du Perroquet !, le pluvial blanc d’Innocent VIII, le trirègne pesant six livres que l’on voit figuré souvent dans les représentations du pape, et notamment dans la statue gisante qui est sur son tombeau, une étole blanche, l’aube et le manteau. Très imbu de la grandeur de son rôle, il avait désiré que la cérémonie fût fastueuse. Ils’entoura constamment de beaucoup de pompe ; elle convenait à son caractère et à ses aspirations. Cette prise de possession fut, en effet, parmi les plus splendides dont on eût gardé la mémoire ?. Les banquiers du quartier des comptoirs, à l'extrémité du pont Saint-Ange, les Ghinucci *, les Spannocchi, les Bertini, rivalisèrent de prodigalité; le cardinalS. Giorgio fit élever un arc de triomphe semblable à celui de Constantin; il y en avait sept dans cette région ; on construisit aussi un temple dans lequel on voyait la « Madone de la Paix », allégorie bien peu appropriée au début d’un règne qui allait être consacré à la guerre; mais chacun croyait que le nouveau pape établirait une ère de paix et lui-même s’en flattait. Des tapis pendaïent aux fenêtres, des tapisseries ornaient les murailles, portant des inscriptions qui vantaient en termes exagérément louangeurs les qualités du nouvel élu. Ce déploiement de magnificence n’attira pourtant pas la foule. Les chroniqueurs constatent que les spectateurs étaient moins nombreux qu'aux précédentes prises de possession. En revanche, elle se montra enthousiaste, d'autant plus que le pape répandit avec abondance sur le parcours des écus de France et des monnaies frappées à son effigie ; il en distribua, dit-on, pour 400 ducats f.

La présentation de la Bible par la communauté juive eut lieu, suivant la coutume nouvellement établie, à l’abri des insultes de la foule, au pied du château Saint-Ange, près de la tour ronde qui commandait le pont. Jules II dut l’accueillir d'autant mieux qu'elle lui fut présentée par l’un de ses médecins, celui auquel il accordait le plus de confiance et qu’il rabrouait le moins, le rabbi Samuel Sarfati, un favori des princes, car il avait soigné également Alexandre VI et le roi de France et devait soigner Clément VII. Il harangua longuement le pape et ennuya l'assistance *.

L'itinéraire avait été changé. Après avoir traversé le quartier des affaires, le cortège gagna le Campo di Fiore, passa à droite du Colisée et près de la vieille église S. Clemente et ne suivit pas, comme c'était la coutume, la Via Papale $.

Les caporioni précédaient le cortège vêtus de costumes de velours cramoisi et portant les étendards de leurs quartiers’; au moment de l’organisation du cortège, 1l y eut litige, car ils refusèrent d’aller à pied, comme il avait été décidé. Quatre citoyens romains présentaient au bout de bâtons quatre chapeaux de velours rouge appartenant

1. Voir volume précédent. Il n’est plus fait mention de cette pièce après cette époque,

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