Dans le goût de ceux-ci
Retourne, ô Saint-Père, à ton Saint-Pierre Et mets un frein à ton chaud désir Car partir et puis s’en revenir Cause plus de déshonneur que de rester en arrière.
1. Bernardo Bembo, le père du cardinal, accomplit en sens inverse Je même trajet que le pape quand il vint, en 1504, le saluer de la part de la Sérénissime République à l’occasion de son couronnement. Il en fait la description. Urbino l’enchante ; reprenant le mot de Salluste : Nam de Carthagine silere melius puto quam parum dicere, il explique qu’il n’en dira rien plutôt que d’en parler insuffisamment.
2. Litta lui attribue dix fils, légitimes ou illégitimes, dont plusieurs, à vrai dire, moururent en bas âge.
3. Ginevra était fille d’Alessandro di Pesaro. Née vers 1440, on l’avait mariée à douze ans à Sante Bentivoglio, auquel elle donna quatre enfants. Un an après sa mort, en 1464, elle épousa Giovanni,
La Rovere (chêne) bienveillant au consistoire Etend ses rameaux sur la Romagne
Terrain fertile favorable aux glands
Car il espère en faire des fruits d’or.
(SANUTO, vol. VI, col. 463.)
dont elle eut sept filles et quatre fils. On l’avait surnommée, avec la courtoisie particulière à cette époque: Decus matronarum. C'était, dans le sens admiratif qu’on donnait alors à ce mot, une virago. D’après Litta, elle aurait, par ses conseils, poussé constamment son mari aux violences et été la cause principale du massacre des Marescotti et des Malvezzi.
5. Les cubiculaires étaient des familiers du pape, souvent des prélats, affectés à son service particulier ; le souverain pontife leur confiait la garde de ses vêtements, de ses bijoux et des documents importants, il les chargeait des missions graves et secrètes. Quelques-uns d’entre eux couchaient dans sa chambre. I1 y avait des cubiculaires à la cour de Byzance.
tenait à ne pas se laisser devancer par les Français, afin de coopérer avec eux à l’expulsion de Bentivoglio.
Bien qu’on fût en septembre, la neige couvrait déjà les sommets de l’Apennin et, en plaine, les pluies avaient commencé. Craignant une crue des torrents, Jules IT fit hâter la marche, mais les chemins étaient devenus difficiles ; des 300 mules qui portaient les bagages du pape, deux seulement parvinrent sans encombre à l'étape; les conducteurs sacraient et blasphémaient tout autour de lui, et lui les absolvait au fur et à mesure.
Les huit envoyés de Bologne étaient arrivés à proximité du cortège pontifical 1, mais, pris de peur, ilsse sauvèrent, et le pape dut les faire poursuivre ; on les ramena au camp plus morts que vifs, non sans raison, car il fut fortement question de les exécuter sur-le-champ. Pourtant, les conseillers du pape estimèrent que ce serait un mauvais calcul; vivants, on pouvait se servir d’eux.
La ville de Cesena, entourée de campagnes luxuriantes et de collines riantes, dans un site admirable, retint Jules II du 2 au 8 octobre 1506, non qu'il fût du tout sensible aux beautés naturelles, on l'était si peu alors, mais parce que son armée avait besoin de se refaire. Il fallait, de plus, s'assurer des dispositions de la population de Forli, dont, on l’a vu, la fidélité était incertaine. L’évêque de Côme, De’ Passi, y fut envoyé.
La municipalité césénéenne offrit au pape comme résidence le palais des conservateurs, mais, y ayant déjà habité, il en avait constaté la décrépitude et préféra se loger dans un couvent où il tint consistoire, car, tout en remplissant avec diligence son rôle de chef militaire, le pape s’occupait assidûment de l'administration de l’Église. Il entreprit à Cesena, comme ailleurs, d'assurer entre les habitants « non la paix, mais la justice ».