Goritz eut également beaucoup à souffrir des Impériaux
5. SANUTO, vol; XXVII, col, 407, dit quinze mille. Un collectionneur de livres en connaît-il jamais le nombre?
6. Go. FRANCESCO Pico, De Providentia, Novi, 1508. — INGRANO BrATTI, Cronaca, p. 117. — Memorie Mirandolesi, vol. I, p, 154, n. 02.
7. Il ne fut achevé que dix ans plus tard et acheté par Grimani, qui le paya 500 ducats. On hésite sur l'identification des enlumineurs de ce volume; les uns pensent qu’ils sont tous flamands, et il y a lieu de le croire; les autres estiment que l’un d’eux fut Antonio da Messina, mais il paraît être mort avant 1489. GIuLIo CoGctoLa, Il Breviario Grimani, Milan-Leyde, 1908.
8. Le Parfait Courtisan, trad. Gabriel Chapuis, Lyon, 1580, P. 10.
ce temps attachaient à ces mots le même sens que nous. On les appliquait aussi à Lucrèce Borgia. Son palais était d’une somptuosité rare, tapissé de riches tentures, garni de beaux tapis, meublé avec un luxeinouï. Elle mourut le 15 avril 1512, à trenteet un ans, laissant une fille qui se maria honorablement à un marchand de Sienne 1
On conçoit que la vie devait être douce à Rome et que ceux qui étaient contraints de s’en éloigner en éprouvaient du regret.
De Londres, où il s'était rendu en quittant Rome, Erasme écrivait à son hôte, le cardinal Robert de Guibé (Challand), ambassadeur de France auprès de Jules II : «Si je ne m'étais arraché brusquement de Rome, je n’aurais jamais pu me résoudre à m’en éloigner. On y jouit d’une douce liberté, de bibliothèques très riches, du commerce charmant d'hommes instruits, de littérateurs nombreux, de la vue des monuments anciens. J'ai été honoré de l’amitié de prélats éminents, en sorte que je ne conçois pas de bonheur plus grand que de retourner à Rome » (avril 1515). Dans une lettre adressée au cardinal Riario, il disait presque dans les mêmes termes : « Je ne puis, toutes les fois que j’y pense, ne pas soupirer après Rome où l’on jouit de tant de liberté, où l’on fait de si charmantes promenades, où l’on s’entretient si agréablement en compagnie de personnes remplies de science et d'esprit » ?. Sadoleto, exilé à Carpentras, écrivait douze ans plus tard à Colocci * : « Quels entretiens charmants nous avions avec des savants doués de toutes les perfections de l'esprit, soit dans vos jardins suburbains, soit dans les miens au Quirinal#, soit au Cirque Maxime, soit sur les berges du Tibre ou en d’autres lieux encore ; alors qu'après un frugal repas assaisonné moins de friandises que de bons mots, on déclamait des harangues, on récitait des poèmes que nous écoutions tous avec ravissement, car ils étaient excellents et cependant pleins de bonhomie et de grâce aimable. Nous avions l’âge de la joie et de la vivacité 5 ! » Et Sadoleto cite Casanova, Cappella, Beroaldo, Grana, Palladio et, leur maître à tous, Giovio, qui, « de l’aveu unanime, l’emportait hautement par son style grave et élégant quand il écrivait l’histoire et sa perfection dans tous les genres de littérature $ ». La « divine» Isabella d’Este écrivait à son grand ami, le cardinal Bibiena, vers le même temps : « Le corps est ici, mais l'esprit reste à Rome. »