‹ Histoire de RomeChapitre 82 sur 200 · COSTUME FÉMININ · texte numérisé non relu

COSTUME FÉMININ

UNE INCONNUE. Milan. Musée Brera. (Phot. Alinari.)

PI. 19, page 92.

Il est peu probable que les marchands intéressés aient été lésés par ces prescriptions, d’abord parce qu'elles ne s’appliquaient qu'aux femmes et que les hommes avaient toute liberté de s'habiller à leur guise ; ensuite, parce que les femmes elles-mêmes n’en tenaient aucunement compte, la preuve en est que huit ans plus tard, le 24 mars 1520, on dut renouveler le règlement.

Le développement de la culture des belles-lettres amena, d'autre part, un accroissement sensible de l’industrie des copistes ; loin que l’imprimerie leur ait fait du tort, il semble au contraire que l’on appréciât de plus en plus les manuscrits, qui, incontestablement, l’'emportaient au point de vue artistique. Les copistes étaient surtout nombreux dans le quartier du Parione, où se trouvait leur église corporative, S. Tommaso ; ils venaient de France et de Flandre. L’un d’eux, Giambattista Palatino, qui enseignait aussi aux enfants à écrire, reçut le titre de citoyen romain, honneur recherché 1.

L'accroissement des transactions détermina le Saint-Siège à poursuivre la réforme monétaire entreprise au commencement du pontificat. Afin d’activer la frappe des nouvelles pièces, l'atelier monétaire fut transporté dans une maison plus spacieuse, au quartier Ponte ; en même temps, un autre atelier était établi à Viterbe et la refonte des anciennes monnaies menée avec activité ; en une seule fois, 5 820 pièces d’or furent jetées au creuset, puis, un peu après, 2500, et le travail se continua ainsi?. Des monnaies des types les plus divers furent émises : ducats, carlins, demi-carlins, jules, baiocchi, quattrini ; Cinagli en énumère plus de quatre-vingt-dix sortes 3,

En 1504, la frappe des monnaies d’or et des grossi avait été concédée à Alessandro Segni et à ses associés pour cinq ans.

La réglementation des notaires fut réformée ; soit négligence, soit mauvaise foi, ils laissaient disparaître les pièces ; les actes se trouvaient contenir autre chose que les stipulations convenues, les testaments étaient falsifiés ; par décisions du 25 novembre et du 13 décembre 1507, les notaires furent réunis en un collège de cent membres chargés d’instrumenter personnellement, et non par substituts, sous leur propre responsabilité ; les minutes durent être déposées dans les archives pontificales 5,

Jules IT corrigea un autre abus; les clercs de la Chambre s’intéressaient dans des affaires qui relevaient de la compétence du tribunal dont ils faisaient partie ; Jules IT décida donc, par la bulle Percepimus a fide dignis de juillet 1506, que ceux qui administraient les intérêts matériels du Saint-Siège ne sauraient prêter leur concours à des entreprises financières et trafiquer de leur influence.

1. Les copistes s’étaient associés sous le pontificat de Nicolas V, Mirabilibus Urbis Romae. — GARAMP1, Saggi di Osservazionti sul

qui, sympathique aux lettres, les favorisait. Leurs statuts de 1562 écartent les Français des charges honorifiques. Cf. G. B. PALATINO, Libro nel quale si insegna a scrivere., Rome , 1556. Une édition, publiée en 1540, aurait précédé celle-ci.

2. ANGELO CiINAGLI, Le Monete de’ Papi, Fermo, 1848. — VET- ToRt, 1L1 Fiorino d’oro, Florence, 1738. — E. MunrTz, L'atelier monétaire de Rome, Paris, 1884. — ALBERTINI, Opusculum de

valore delle antiche Monete pontificie.…., Rome, 1766. — CAN- CELLIERI, Solenni Possessi.…., Rome, 1802. — MARTINORI, Le Monete, Rome, 1915.

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